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Affichage des articles du août, 2013

Remplacer “Week-End” par un mot français

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Tous les lundis, on trouve des gens pour se plaindre. Et tous les vendredis, des gens pour se réjouir. C'est devenu habituel, commun, systématique. Des sites ont même été créés dans cet esprit. http://estcequecestbientotleweekend.fr par exemple.
Bien entendu, il y a des exceptions. Il y a des gens qui ne travaillent pas, ou des gens qui travaillent à temps partiel, voire des gens qui travaillent uniquement le week-end. Cela étant, on retrouve quand même ce rythme, éternel. 

Ce qui est assez fou, quand on y pense, c'est que depuis le temps, personne n'a été capable en France de trouver un nom pour désigner le week-end. On utilise ce terme 150 fois par an, dans nos conversations, sans chercher à le remplacer par une expression made in France
Bientôt le SamDim
“Fin de semaine”, la traduction littérale de “week-end” désigne finalement le jeudi et le vendredi, dans le langage courant. Il faut donc trouver autre chose : 
Je propose Samdim. Contraction de [Samedi - Dimanche], pl…

Message reçu, message lu : le cauchemar moderne

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Désormais, sur la quasi-totalité des réseaux sociaux et des moyens de communication modernes, vous avez la possibilité de savoir quand votre interlocuteur a reçu (et lu) votre message. Dans un temps fort lointain, les lettres prenaient plusieurs mois avant d'être découvertes, et parcourues. Certaines tombaient de la diligence, en chemin. Il était impossible de savoir si votre interlocuteur l'avait bien réceptionnée, jusqu'au jour où sa réponse apparaissait enfin dans votre boite aux lettres. Et le bonheur était alors considérable.
L'autre a lu mon message
Aujourd'hui, non seulement un message peut être lu immédiatement, mais vous êtes informé de cette lecture tout aussi immédiatement. Sur Facebook, sur WhatsApp, sur iMessages, des indications grisées viennent vous apporter ces éléments d'information.  Vous savez aussi si la personne est - ou non - derrière son mobile, à l'instant T. Ou depuis combien de temps elle n'est plus connectée, ou plus “active” (…

Soleil et Eau

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Mon eau n'écoute pas mon eau chante comme un secret Mon eau ne chante pas mon eau exulte comme un secret Mon eau travaille et à travers tout roseau exulte jusqu'au lait du rire Mon eau est un petit enfant mon eau est un sourd mon eau est un géant qui se tient sur la poitrine un lion ô vin vaste immense par le basilic de ton regard complice et somptueux
Aimé Césaire

Nouvelles dimensions

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Je découvre ces jours-ci que la vie prend parfois de nouvelles dimensions. Un peu comme si je-ne-sais quelle puissance divine venait ajouter de nouveaux éléments quotidiennement, pour voir ce que ça donne. J'ai l'impression de subir un stress test, comme si l'existence cherchait à tester mes capacités à intégrer de nouveaux paramètres en permanence, sans (trop) varier de ma route.

De toutes les dimensions, le temps est la plus fondamentale. La plus fluctuante, aussi. La perception du temps donne le sentiment qu'il s'arrête quelques jours, ou à l'inverse qu'il s'accélère de façon vertigineuse. Quand ces pauses et ces accélérations se succèdent à vitesse grand V, c'est là que ça vous perturbe un peu.

Besoin de feu

Alors que j'écris ces lignes, je me souviens d'une phrase de mon arrière-grand-père : “j'étouffe dans cet espace à si peu de dimensions… J'ai besoin non pas d'air, mais de feu”. J'ai l'impression qu'en l'occu…

Hey, That's No Way To Say Goodbye

La substantifique moelle

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Plus de 630 billets sur ce blog. Plus de 11 300 tweets à mon actif. À mesure que le temps passe, je commence à accumuler pas mal d'écrits, mine de rien. Des miettes de vie, éparpillées sur la table, que n'importe quel internaute peut venir picorer librement.
Un jour, peut-être, ce seront mes enfants qui liront ces lignes. Des yeux qui n'existent pas encore viendront se poser sur ces mots que j'exprime aujourd'hui. Bien sûr, ma vie en elle-même ne sera jamais en ligne. Mais certaines impressions, certains états d'esprit, certaines idées, seront immédiatement accessibles.
J'aime ma vie, comme j'aime la vie en général. C'est ce que j'aimerais qu'il reste de ce blog, si l'on en tirait la substantifique moelle. Si tous les mots s'évaporaient et qu'il ne restait que l'essentiel. 
Ce que j'aime dans la vie se résume à peu de choses ; ou plutôt se révèle dans certains détails. Un sourire, sur le quai d'une gare. Une gorgée fr…

Mon bras pressait ta taille frêle

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Mon bras pressait ta taille frêle Et souple comme le roseau ; Ton sein palpitait comme l'aile D'un jeune oiseau.
Longtemps muets, nous contemplâmes Le ciel où s'éteignait le jour. Que se passait-il dans nos âmes ? Amour ! Amour !
Comme un ange qui se dévoile, Tu me regardais, dans ma nuit, Avec ton beau regard d'étoile, Qui m'éblouit.
Victor Hugo

Les Dernières Fois

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Le premier baiser, le premier instant volé, le premier amour, la première aventure, le premier voyage, la première cigarette… On s'en souvient, des Premières Fois. Mais se souvient-on des Dernières Fois ? J'ai pensé à ça, tout à l'heure, alors que je flânais au soleil. 
Pour la dernière fois
Je ne me souviens pas de la dernière fois où mon père m'a porté dans ses bras - endormi - de la voiture à mon lit. Je ne me souviens pas de la dernière fois où j'ai eu la chance d'être dans une poussette. Ni de la dernière fois où j'étais sur les épaules de mon frère. Ni de mon dernier jour d'école, ni de la dernière fois où j'ai parlé à mon meilleur ami d'enfance, perdu de vue depuis. 
Je me souviens, bien sûr, de ma dernière cuite(difficile à oublier), de ma dernière cigarette, de la dernière fois où j'ai fait l'amour, de mon dernier rêve, mais j'ignore tout de mon dernier contrôle de mathématiques, de ma dernière dictée, de ma dernière cabane, …

L'oisiveté : se laisser vivre, simplement

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Ça y est, je crois que l'on arrive au moment de l'année où les gens travaillent le moins. Les open space sont vides. Les stagiaires se retrouvent seuls à tenir la boutique, dans les agences de communication parisiennes, comme ailleurs. La France entière se prélasse au soleil, sur une plage, à la terrasse d'un café, dans les jardins, au bord de la piscine…

Savoir ne rien faire
Tout le monde n'attendait que ça, et nous y sommes. Plus besoin de se plaindre, sur les réseaux sociaux, ou de râler à la cantine. Le moment tant attendu est arrivé, on peut enfin se consacrer à l'oisiveté
Pourtant, ce n'est pas si simple. Il ne suffit pas de ne rien faire, encore faut-il savoir le faire bien. Occuper ce moment de vide, éphémère, de la meilleure des façons.
L'oisivetéest comme la rouille ; elle use plus que le travail”.Benjamin Franklin J'avais écrit, déjà, sur l'art difficile de ne presque rien faire. C'est d'ailleurs le titre d'un livre que je vou…

Éloge à la Jeune Fille

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(…) 
Ceci est réservé à la seule Jeune Fille. 
À celle à qui tous les maris du monde sont promis,  — mais qui n'en tient pas encore.
À celle dont les cheveux libres tombent en arrière, sans emplois, sans fidélité,  et les sourcils ont l'odeur de la mousse.
À celle qui a des seins et qui n'allaite pas ; un cœur et n'aime pas ; un ventre pour les fécondités, mais décemment demeure stérile.
À celle riche de tout ce qui viendra ;  qui va tout choisir, tout recevoir, tout enfanter peut-être.
À celle qui, prête à donner ses lèvres à la tasse des épousailles, tremble un peu, ne sait que dire, consent à boire, — et n'a pas encore bu.
Victor Segalen. (Stèles)

Génération perdue ou génération bénie ?

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Vivre pleinement sa jeunesse, ne pas se poser trop de questions, dévorer des livres, aller au cinéma,  discuter avec des inconnu(e)s sur Internet, faire une sieste au cœur d'un jardin parisien, sortir, avoir confiance en l'avenir, ne pas se laisser gagner par un sentiment qui fait recette : le désenchantement d'une génération. Du “suicide social” d'Orelsan à “Saint-Anne” de Fauve, les chanteurs d'aujourd'hui se plaisent à dépeindre le malaise d'une jeunesse prétendument perdue. 
Jusqu'au ridicule : 
(…) des gars qui parlent, des filles qui baisent, des filles qui baisent pour dire qu'elles baisent. La baise, on n'en garde souvent que des regrets. Parfois des maladies. Au fond on fait ça sans plaisir, sans réelle envie. C'est surtout pour ne plus penser, ça cache des plaies à vif. Mais ça, c'est un secret, en vérité on est perdu, désabusé, désœuvré, seuls comme des animaux blessés, on est triste et nos cœurs saignent”.
Je me demande à qu…

Tout bonheur se paye-t-il ?

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Est-ce qu'il y aurait une équation existentielle, une logique inhérente au monde, qui voudrait que chaque bonheur se paye, et qu'inversement chaque malheur se compense un jour ? Comment expliquer, sinon, toutes ces chansons, tous ces romans, tous ces poèmes ? Existe-t-il des hommes pleinement heureux jusqu'à la fin, ou, à l'inverse, misérables éternellement ? 
Je n'ai pas la réponse à ces questions ; j'imagine qu'il y a un équilibre, quelque part. Si tel est le cas, il y a des raisons de s'inquiéter quand tout va bien, et autant de raisons d'espérer quand tout va mal. Après, tout dépend du tempérament de chacun. “Rien n'est jamais acquis à l'homme, ni sa force, ni sa faiblesse, ni son cœur, et quand il croit ouvrir ses bras, son ombre est celle d'une croix”. Aragon J'aime la vie, pour ce qui me concerne, et je souhaite de tout cœur ne jamais baisser les bras. Même si je ne sais pas ce que l'avenir me réserve. Même si je vais m'…

Allégeance

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Dans les rues de la ville il y a mon amour Peu importe où il va dans le temps divisé. Il n'est plus mon amour, chacun peut lui parler Il ne se souvient plus ; qui au juste l'aima ?
Il cherche son pareil dans le vœu des regards. L'espace qu'il parcourt est ma fidélité. Il dessine l'espoir et léger l'éconduit. Il est prépondérant sans qu'il y prenne part.
Je vis au fond de lui comme une épave heureuse. À son insu, ma solitude est son trésor. Dans le grand méridien où s'inscrit son essor,  Ma liberté le creuse.
Dans les rues de la ville il y a mon amour. Peu importe où il va dans le temps divisé. Il n'est plus mon amour, chacun peut lui parler. Il ne se souvient plus ; qui au juste l'aima et l'éclaire de loin pour qu'il ne tombe pas ?
René Char

Bonne nuit

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Je me retrouve torse nu, en jean, fenêtre grande ouverte. Comme hier, comme avant hier. Comme demain probablement. Pieds nus, dans cet appartement où j'oublie ce qu'était l'hiver.

La chaleur écrase la ville, et je constate étrangement que je parle en octosyllabes ; ça ne rime pas à grand chose, mais je voulais le signaler.

Le Cercle des internautes disparus

Ça pourrait être intéressant comme limite créative. Les cent-quarante caractères, on commence à s'y habituer, mais un nouveau réseau social qui imposerait à ses membres de s'exprimer toujours en vers,  ça, ce serait intéressant. Il y aurait probablement moins de monde que sur Twitter, mais ça amènerait les hommes à se mettre à la poésie. Et nous en avons bien besoin. Cela étant, c'est peu probable, je vous l'accorde volontiers. C'est un vieux rêve de khâgneux qui ne verra jamais le jour : on manque d'ingénieurs poètes.

J'aime avoir la fenêtre ouverte sur la nuit. Je pense aux autres hommes, qu…

J'ai envie de croire à la fin de la Crise

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Plusieurs médias s'accordent à penser que l'on se dirige doucement vers une sortie de crise (lire Les Echos ou Challenges, par exemple). C'est suffisamment rare pour qu'on le souligne. Après tout, c'est peut-être vrai ; il n'est pas impossible que les choses aillent en s'améliorant.

Une dépêche AFP est tombée : la production française repart. Il y a un article du Monde sur le sujet aujourd'hui (à lire ici).

La question n'est pas de savoir si cela se fera avant la fin de l'année ou non, ni si le mérite en revient ou non au gouvernement actuel, à la politique menée ; je ne suis pas d'humeur à me lancer dans des échanges politiques, même si j'adore ça, en temps normal. Il y aurait des arguments d'un côté comme de l'autre, tout à fait recevables, sans doute.

Mais en soi, déjà, qu'est-ce que ça peut faire du bien, un peu de bonnes nouvelles ! Je ne sais pas si les autres générations en ont conscience, mais pour moi qui suis né en …