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Que vais-je devenir ?

L orsque j'avais un peu moins de vingt ans, dans ma chambre de bonne, je me demandais ce que j'allais devenir. J'étais en hypokhâgne, je lisais - par centaines - les œuvres de ces écrivains, philosophes, géographes, entrés dans l'Histoire. Eux avaient réussi à marquer leur époque. Je n'étais qu'un étudiant,  au cœur de la nuit, s'efforçant de réussir - non pas sa vie - mais la dissertation à remettre le lendemain matin.  Toujours en devenir Près de quinze ans plus tard, je me demande si j'ai une réponse à cette fameuse question : que vais-je devenir ? La pression n'est plus la même, bien sûr. J'ai fait du chemin, j'ai fait des choix, j'ai suivi une certaine orientation . J'ai accompli un certain nombre d'actions. J'ai parfois su saisir ma chance. Malgré tout, si je me replace dans mes considérations de l'époque, je ne crois pas être déjà devenu celui que je souhaitais devenir. Je ne suis pas sûr de vouloir devenir, au sens
Articles récents

Ni pour, ni contre, bien au contraire

C ela fait un moment qu'aucun mot n'a été écrit sur ce blog. Les années passent. Je perds cette - bonne - habitude. Plus globalement, je partage moins mes pensées, mes envies, mes doutes sur les médias sociaux. J'ai un peu du mal à me positionner dans les débats quotidiens, un peu du mal à entrer dans l'arène des polémiques diverses, des controverses incessantes. Je n'ai plus envie ni d'être pour, ni d'être contre. Je ne réclame ni la démission d'untel, ni ne m'emballe pour le respect de la présomption d'innocence.  Je rêve de nuance, de précision, d'intelligence, de juste mesure. Je rêve de discussions, de conversations, où l'on prend autant de l'autre qu'on ne contribue soi-même à faire avancer une juste cause. Les duels exacerbés, systématiques, m'usent peu à peu. J'imagine que je ne suis pas le seul dans cette situation, à contempler sans mot dire les violentes échauffourées des plateformes sociales. Le temps de la jou

La semaine de mes souvenirs

J 'aime de temps en temps penser aux souvenirs qui restent. On vit plusieurs centaines de milliers d'heures dans une vie. Pourtant, seuls quelques moments déterminés demeurent. Du haut de mes 33 ans, mises bout à bout, les heures de mes souvenirs ne forment pas une semaine. J'ai vécu tant d'histoires, tant d'événements, et si peu viennent s'ancrer dans ma mémoire malgré tout.  Il y a les souvenirs qu'on ne choisit pas. Les moments d'émotions fortes provoqués par des accidents, des imprévus, des malheurs soudains. Ces souvenirs auxquels, pour le coup, on n'aime pas trop songer ; mais qui sont bien là, et qui nous accompagneront désormais jusqu'au bout sans doute. Lorsque la vie nous échappe, qu'on ne peut que subir ce qui advient.  Il y a de l'autre côté les souvenirs dont on est la cause première. Ce qu'on a accompli nous-mêmes. Ce qu'on a imaginé puis réalisé. [Lire : accomplir pour s'accomplir ]. Ce qui reste, par la force d

Puisqu'il faut vivre avec

J e ne sais même pas par où il faudrait commencer. Ce n'est finalement pas simple d'écrire face à une situation inédite, imprévisible, surprenante, historique. J'ai plutôt l'habitude de décrire ici de petits aspects du quotidien, de partager des réflexions personnelles, sans grande prétention. Soudain, le monde s'écroule. Tenir un blog en pleine crise sanitaire mondiale apparaît quelque peu illusoire.  J'écrivais pourtant, sur ce même blog, il y a plusieurs années maintenant, ce sentiment de vivre depuis ma naissance le temps des crises perpétuelles . J'entendais parler depuis toujours - du moins était-ce mon sentiment - de crise. Crise de l'éducation nationale, crise du travail, crise identitaire, crise de l'hôpital, crise écologique bien sûr, crise migratoire, crise économique, j'en passe et des meilleurs. La crise était devenue la norme. Et c'est de nouveau le cas, il me semble. Nous vivons l'époque d'une crise continue.

Ensemble, face à la nuit

D ans la nuit profonde de ce mois de décembre, intense, encore légèrement pluvieuse, je m'enfonce. Mon pull en laine, mon manteau et mon écharpe me permettent de résister aux bourrasques des boulevards. Une nouvelle fois, je rentre à pieds du travail. Comme tous ces autres qui - depuis quelques jours - partagent avec moi ces trottoirs détrempés, eux-mêmes emmitouflés pour échapper aux froides gifles de vent. La nuit, du matin au soir J'avais mis mon réveil tôt ce matin, pour aller au sport, et commencer ainsi la semaine dans une forme olympique. En ouvrant les yeux dans l'obscurité dense de ma chambre, j'ai d'abord hésité. Le bruit de la pluie sur les toits a alors redoublé. Les dieux de l'Olympe semblaient avoir un autre programme pour moi ce matin. J'ai donc bu mon café tranquillement. C'est dans cette nuit d'hiver que l'on passe le plus clair de notre temps, en ce moment. Cela crée de nouvelles impressions et de nouvelles envies.

Il suffit pour ça d'un peu d'imagination

J ' étais suspendu à ce secret, à cette formule magique qui promettait de libérer tous les possibles. J'ai rarement ressenti depuis cette même impatience. Je crois me souvenir assez bien de cette impression, même si je n'étais encore qu'un jeune garçon ; et l'on sait à quel point l'esprit d'un enfant peut-être éloigné de celui d'un adulte cartésien qui a appris à raisonner. Une formule magique Il faut dire que mon grand frère semblait connaître le secret du monde. Ce n'était pas rien. Forcément, je brûlais de connaître cette mystérieuse vérité. Il avait commencé par une question, qui disait en substance : " n'as-tu jamais rêvé de pouvoir réaliser tous tes désirs, de pouvoir voyager dans les étoiles, de pouvoir accéder à ce qui te semble inaccessible ? ". Son regard pénétrant me donnait réellement le sentiment qu'il était sérieux. Ce n'était pas pour se moquer, cette fois, ni pour s'amuser de ma naïveté. “Sans im

Pourquoi j'aime la Poésie

J e ne saurais expliquer comment m'est venue l'envie d'apprendre par cœur des poèmes, quand j'avais une dizaine d'années. Bien sûr, il y avait des livres chez moi. Des bibliothèques qui accordaient une place non négligeable à la poésie. Bien sûr, j'aimais ces recueils, qui s'ouvraient d'eux-mêmes aux pages les plus précieuses, offrant ces mots qui disaient tout  en disant  peu . " Il faut peu de mots pour dire l'essentiel ". Bien sûr, j'avais la chance d'avoir, à portée de la main, Aragon, Baudelaire, Éluard, Reverdy ou Rimbaud. Et puis, il y avait mon arrière-grand-père, cet héritage culturel transmis dès le plus jeune âge. Ce Victor Segalen dont je pouvais parcourir les ouvrages originaux. Pour sentir ce papier proche d'un papyrus, soigneusement plié entre deux plaques de bois fines que tenait jointes un ruban. Ça aide, d'avoir ainsi dès l'enfance une admiration pour l'écriture. Et une raison supplémentaire