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Affichage des articles du juillet, 2014

Ruines du cœur

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Mon cœur était jadis comme un palais romain, Tout construit de granits choisis, de marbres rares. Bientôt les passions, comme un flot de barbares, L'envahirent, la hache ou la torche à la main.
Ce fut une ruine alors. Nul bruit humain. Vipères et hiboux. Terrains de fleurs avares. Partout gisaient, brisés, porphyres et carrares ; Et les ronces avaient effacé le chemin.
Je suis resté longtemps, seul, devant mon désastre. Des midis sans soleil, des minuits sans un astre, Passèrent, et j'ai, là, vécu d'horribles jours ;
Mais tu parus enfin, blanche dans la lumière, Et, bravement, afin de loger nos amours, Des débris du palais j'ai bâti ma chaumière.
François Coppée

Aller de l'avant pour être heureux

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"On ne va pas nier qu'on vit une période difficile, et que l'environnement maussade joue un rôle important dans notre ressenti individuel et collectif". Jean-Pierre Ternaux, neurobiologiste au CNRS et coordonnateur de l'Observatoire du bonheur. "C'est le manque de perspective qui mine l'homme. Il a besoin de se projeter pour avancer, et d'aller de l'avant pour être heureux". 
Aller de l'avant. Voilà donc le maître-mot, si l'on souhaite trouver le bonheur. Tendre vers l'avenir, vers ce qui s'annonce, vers ce qui arrivera bientôt. Se créer un horizon, et le fixer résolument. Avoir des objectifs, ou, mieux encore, un idéal. Depuis que ce blog existe, je suis plusieurs fois revenu sur ce sujet. J'avais la phrase de Rimbaud en tête : "il faut être absolument moderne. (…) Tenir le pas gagné". Je considérais qu'en effet, avancer était toujours "la bonne solution". 
"À l'attaque ! Même en vril…

L'ivresse de l'été

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"Je veux encore rouler des hanches, je veux me saouler de printemps". Ainsi chante Barbara (dans l'une de ses plus tristes chansons). Comme elle a raison, malgré tout… J'ai moi aussi, ces derniers jours, envie de m'enivrer de l'été qui s'installe, envie de boire à pleine bouche cette saison, ces parfums, ces atmosphères. Envie de perdre le nord, de foncer dans la nuit, de vivre pleinement ma jeunesse. "Je veux m'en payer des nuits blanches, à cœur qui bat, à cœur battant. Avant que sonne l'heure blême et jusqu'à mon souffle dernier ; je veux encore dire je t'aime. Et vouloir mourir d'aimer". 
Dans une semaine, ce sera possible, ce sera là, offert, enfin : la liberté, l'insouciance renouvelée, la tendresse, l'amitié, les vacances, le mois d'août, les heures heureuses. Je veux du sable fin, de l'air marin, du vent dans les cheveux, de la chaleur sur la peau ! Je veux de la paresse, de l'oisiveté, de la quié…

L'herbe est molle et profonde

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L'herbe est molle et profonde Sous les branches qui pendent, Lourdes de fruits et de fleurs blanches ; Lourde est la senteur enivrante, Et douce est l'ombre. On s'y étend ;  Un sourd sommeil coule dans le sang.
Et les branches s'abaissent et se penchent, Et vous caressent de longs frôlements, Vous caressent et vous soulèvent De la terre doucement ;  Et l'arbre vous prend dans ses bras puissants, L'arbre joyeux et frémissant Qui resplendit dans la lumière.
Il vous enlace et vous berce dans l'air, Et l'on est lui, l'on est sa sève, Sa force féconde, et l'on frémit En ses naissantes fleurs, et ses fruits, En ses milliers de feuilles légères ; On respire en son souffle, on embaume la terre.
Et l'on s'éveille comme un fruit qui tombe, Un fruit lourd et vermeil, Dans l'herbe profonde, À travers le soleil.
Charles Van Lerberghe

Ce qu'il y a derrière ces mots…

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Ce sont des mots qu'on aime entendre pour la toute première fois, murmurés à l'oreille, ou confiés sur l'oreiller. Des mots qu'on aime lire également, sur un morceau de papier, ou avant la signature de la lettre manuscrite. Des mots qui peuvent brusquement créer une bouffée de chaleur dans votre corps, à la limite du vertige, surtout quand on ne s'y attend pas : "Je t'aime".

À lire rapidement, ça paraît un peu court, comme formule. Et c'est encore pire dans d'autres langues : en italien, par exemple : "ti amo". Quelques lettres, tout au plus. Si l'on n'y prête garde, on peut même se méprendre. Ne pas être sûr(e) d'avoir bien entendu. Mais ce ne sont pas des mots dont on peut exiger qu'ils soient répétés immédiatement. Il faut savoir prêter l'oreille.
J'aime penser à tout ce qu'un "je t'aime" révèle. À tout ce qui se cache derrière ces simples mots. 

En écoutant récemment l'excellente émiss…

Unité

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Par-dessus l'horizon aux collines brunies, Le soleil, cette fleur des splendeurs infinies, Se penchait sur la terre à l'heure du couchant ; Une humble marguerite, éclose au bord d'un champ, Sur un mur gris, croulant parmi l'avoine folle, Blanche, épanouissait sa candide auréole ; Et la petite fleur, par-dessus le vieux mur, Regardait fixement, dans l'éternel azur, Le grand astre épanchant sa lumière immortelle. "Et moi, j'ai des rayons aussi !" lui disait-elle.
Victor Hugo

Nous sommes tous des enfants

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Ce soir, dans les rues, les gens seront tristes ou joyeux, parce qu'onze joueurs, à quelques 9000 kilomètres de là, auront réussi, ou non, à pousser un ballon dans des filets. Des millions de personnes vont avoir les yeux rivés sur un simple match de football, et cela aura une répercussion directe sur leur environnement, sur leur humeur, sur leur motivation.
Sur leur propension à consommer, aussi. Sur l'économie toute entière, du coup.
Nous sommes tous de grands enfants. Tous ces gens que je croise en permanence, qui travaillent près de moi, qui ont la mine fermée en hiver et le sourire aux lèvres en été, qui semblent si contrariés parfois par les responsabilités de la vie quotidienne, si occupés par les impératifs de la vie adulte, sont encore, à bien des égards, des enfants.
"Créer, c'est toujours parler de l'enfance". Jean Genet
J'aime penser à cela, de temps en temps, au détour d'un couloir.  Ou quand je traverse l'open space.

Il y a les caprice…

Les Marques Ont Besoin de Toute Votre Attention

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Ce devrait être le défi premier, aujourd'hui, quand on travaille dans la communication : comment attirer l'attention à soi ? Comment intéresser des publics sollicités de toutes parts, en permanence ? Pourtant, bien souvent, encore, on ne se focalise pas sur l'attention des internautes, mais simplement sur leur clic. 
Tony Haile, PDG de Chartbeat, une entreprise new-yorkaise qui mesure l'audience en temps réel, a récemment répondu à des questions du Monde à ce sujet ("il faut passer du web du clic au web de l'attention"). Il y explique qu'un simple clic sur un lien publicitaire n'équivaut pas à l'intérêt réel d'un lecteur ou d'un spectateur. Cliquer n'engage pas. On peut tout à fait délaisser immédiatement un contenu qui nous a semblé de prime abord intéressant.
C'est d'ailleurs ce que l'on fait - nous tous, internautes - quotidiennement. Près d'un tiers d'entre nous (30 % des internautes, pour être précis) quitt…