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Sortir du troupeau ?


Ce besoin que l'on a de se différencier en permanence, de se distinguer, de se construire une identité propre. Personne ne souhaite a priori ardemment ressembler à ses prochains. Personne ne veut se conformer à ce que pensent ou disent les autres.

Le paradoxe de notre époque

Être juste "normal" surprend, désormais. Que l'adjectif soit utilisé (stratégiquement) par un candidat à la présidentielle ou qu'il soit récupéré par les post-hipsters qui en font un concept absurde (le "normcore"), il devient un sujet d'étonnement. Les magazines en font leur couverture.


J'écoute Miossec. Sa voix grave résonne dans mes écouteurs.
Je ne retournerai pas au bureau. Je dois rassembler toutes les miettes, enlever les poignards dans le dos. Faudrait un peu qu'on arrête, je ne suis pas qu'un drôle d'oiseau. (…) Je veux juste sortir du troupeau”. 

L'envie est partagée par beaucoup de monde. Je suis le premier, sur ce blog, à inviter chacun à sortir des sentiers battus. Prendre des chemins qui ne mènent nulle part. Trouver sa propre voie, et aussi sa propre voix (avec un x), son propre timbre, sa propre mélodie. C'est d'ailleurs aussi ce que je défendais dans cette tribune, chez Naro.


Quiconque traverse un jour une période difficile, pourtant, rêve de la normalité. Quand on est malade, avec quarante de fièvre, dans son lit, on ne désire rien d'autre que ce morne quotidien contre lequel on pestait la veille. 

Le plaisir d'être comme les autres

Il y a aussi un plaisir infini à se mêler à ses semblables, à ne pas avoir de tares, ni d'accrocs trop visibles. Être différent, bien sûr, mais comme tout le monde l'est. Avoir des signes distinctifs, oui, mais qui ne viennent pas pour autant nous soustraire de la masse confortable de tous ces êtres qui vivent près de nous.

C'est douloureux d'être trop à part, trop différent, trop singulier. Quand on s'y efforce, jour après jour, ça peut même devenir présomptueux. J'aspire, moi, à une certaine normalité. Je ne veux pas me retrancher du genre humain, ni des internautes, ni de mes concitoyens. Même si, respectivement, ils me déçoivent parfois.

Voici ce que j'écrivais sur ce blog en 2011 ("Pourquoi écrire ?") : "il faut nager non pas à contre-courant, car cela ne mène à rien, mais dans une certaine direction". Je me dis que je suis plutôt constant dans mes convictions, en fin de compte.

Et que je ne suis pas si mal, dans ce troupeau.

Commentaires

Anonyme a dit…
Bande à part, mais sans sortir du troupeau, c'est ça qui est difficile… à moins d'être le mouton noir ?

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