Choisir la route inexplorée

Les habitudes ont la vie dure, on peut aisément s'en rendre compte. Chacun, sans aller jusqu'à souffrir de troubles obsessionnels du comportement, a sa propre routine, et ne s'en éloigne que contraint et forcé. Il suffit de regarder les gens pour identifier leurs petites habitudes quotidiennes.
En règle générale, quand il s'agit de choisir, nous avons tendance à ne pas nous compliquer la tâche : la démonstration en est faite, scientifiquement.

Choisir tue

La technologie renforce aujourd'hui cette propension. Les exemples sont légion. Vous faites vos courses en ligne : la fois prochaine, certains produits vous seront recommandés d'entrée, parce qu'ils faisaient partie de vos précédents choix. C'est bien souvent pratique, mais c'est aussi fondamentalement problématique.
Autre exemple : vous aimez telle ou telle musique : des moteurs vous proposent aujourd'hui automatiquement des morceaux qui devraient vous plaire.


Ces services se justifient, la plupart du temps. Mais il faut rappeler aussi souvent que possible les limites de la recommandation publicitaire.
Nous avons besoin d'ouverture : sans alternative, nous nous abrutissons.

Les chemins les plus courts ne sont pas toujours les meilleurs

Je veux vous parler aujourd'hui d'une application mobile intéressante à ce titre. Elle s'appelle Blank Ways. Le principe est simple : plutôt que de vous proposer le chemin le plus court d'un point A à un point B, comme le font tant d'applications GPS, cet outil vous propose les chemins que vous n'avez justement pas l'habitude de prendre.


Il y a eu une brève dans le magazine Next (Libération) à ce sujet :

Ce serait une version fantasque du GPS, qui pointerait à dessein le chemin le plus long ou le moins usité. Une mise en œuvre geek de l'injonction du poète Robert Frost à "prendre la route non prise". (…) S'appuyant sur des technologies de navigation classique, elle garde en mémoire les trajets habituels de son utilisateur et, une fois la destination cible entrée, suggère de nouveaux chemins, jusqu'alors inexplorés, pour y parvenir.


Pour en savoir plus, c'est ici. 

Et si vous voulez lire en entier le poème de Robert Frost, le voici : 
Two roads diverged in a yellow wood,
And sorry I could not travel both
And be one traveler, long I stood
And looked down one as far as I could
To where it bent in the undergrowth;
Then took the other, as just as fair,
And having perhaps the better claim,
Because it was grassy and wanted wear;
Though as for that the passing there
Had worn them really about the same,
And both that morning equally lay
In leaves no step had trodden black.
Oh, I kept the first for another day!
Yet knowing how way leads on to way,
I doubted if I should ever come back.
I shall be telling this with a sigh
Somewhere ages and ages hence:
Two roads diverged in a wood, and I -
I took the one less traveled by,
And that has made all the difference.

J'aime en tout cas cette idée de découverte, de route inexplorée. Il faut savoir prendre ces chemins qui ne mènent nulle part, sortir des sentiers battus, s'aventurer dans la forêt, se perdre, revenir, errer, voyager. Le droit à l'exploration devrait être universel.

C'est ce qui faisait et fait encore - je l'espère - toute la force d'Internet. C'est là que se situe le progrès. Ne l'oublions jamais.



Commentaires

  1. En voilà un qui a choisi une "route inexplorée"
    http://www.lemonde.fr/sport/video/2012/10/10/en-1960-deja-un-homme-sautait-a-plus-de-30-kilometres-d-altitude_1773058_3242.html

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  2. Il est bon de chercher...et quand on a trouvé le bon chemin, celui qui nous correspond, alors tout va bien !
    je t'embrasse, B.

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