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Reprendre l'écriture

Il y a donc encore des gens pour me lire. Il fut un temps où c'était à la mode, d'écrire sur son blog. La plupart de ceux que je suivais régulièrement sont aujourd'hui en jachère, comme si les auteurs que je lisais s'étaient donné le mot. Certains ont condensé leurs écrits dans des tweets, ou des posts Linkedin. D'autres ont tout simplement abandonné leur blog.

Je me sens un peu rouillé. Ça fait un moment que je n'ai rien publié ici. Pourtant je trouve ça important, de renouveler l'exercice. À l'heure de l'immédiateté, des propos succincts, des vidéos hachées, je crois qu'il est bon de prendre le temps ; le temps d'écrire des phrases. 

Quand on se remet à l'écriture, on ne sait pas par quel bout la prendre. Je crois qu'il faut simplement que je renoue avec l'essence de ce qui faisait ce blog-ci. Raconter des histoires, partager des idées, conserver l'optimisme qui m'habite. Transmettre ce que je peux, à mon niveau, à ma façon. 

Écrire, d'abord et avant tout

Je pense que nous sommes nombreux à vouloir accomplir, à vouloir créer, à vouloir partager. Mais nous hésitons, nous tâtonnons, nous tergiversons. Les esquisses s'accumulent, pour constituer les livres qui ne seront jamais lus. Les brouillons sauvegardés.

J'aime cette idée. Penser à toutes les perles qui n'ont jamais été partagées, mais qui existent pourtant. Ces créations artistiques, musicales, littéraires, que leurs auteurs n'ont pas jugées à la hauteur. Et qui jamais n'ont été transmises à quiconque.

"Moi j’ai tout donné mes illusions
Et ma vie et mes hontes
Pour vous épargner la dérision
De n’être au bout du compte
Que ce qu’à la fin nous aurons été
À chérir notre mal
Le papier jauni des lettres jetées
Au grenier dans la malle

Aragon

Ce qui me lie à ceux qui me lisent

Je vais reprendre l'écriture de ce blog, sur une base régulière, comme autrefois. Pour le plaisir. Pour retrouver vos yeux anonymes. Pour vous partager mes découvertes, mes espoirs, mes envies. Mes doutes aussi, parfois.

Il y a celles et ceux qui me connaissent depuis longtemps, et qui prendront ainsi des nouvelles. Et puis il y a tous les autres, ceux qui tomberont sur un post par hasard. Nous partageons des vies similaires, sur bien des aspects. J'écrirai quelque chose de la mienne. Peut-être vous y retrouverez-vous.

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Puisqu'il faut vivre avec

J e ne sais même pas par où il faudrait commencer. Ce n'est finalement pas simple d'écrire face à une situation inédite, imprévisible, surprenante, historique. J'ai plutôt l'habitude de décrire ici de petits aspects du quotidien, de partager des réflexions personnelles, sans grande prétention. Soudain, le monde s'écroule. Tenir un blog en pleine crise sanitaire mondiale apparaît quelque peu illusoire.  J'écrivais pourtant, sur ce même blog, il y a plusieurs années maintenant, ce sentiment de vivre depuis ma naissance le temps des crises perpétuelles . J'entendais parler depuis toujours - du moins était-ce mon sentiment - de crise. Crise de l'éducation nationale, crise du travail, crise identitaire, crise de l'hôpital, crise écologique bien sûr, crise migratoire, crise économique, j'en passe et des meilleurs. La crise était devenue la norme. Et c'est de nouveau le cas, il me semble. Nous vivons l'époque d'une crise continue.

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Q uelques semaines après avoir commencé la vie active, lorsque j'avais vingt-quatre ou vingt-cinq ans, une grande campagne de communication a été lancée dans la banque où je travaillais comme Social Media manager.  Des affiches, des spots TV, des publicités online, des dispositifs innovants… l'artillerie lourde avait été sortie pour mettre en avant une formule qui devait marquer les esprits et convaincre, dans un contexte de défiance vis-à-vis des institutions financières.  Cela se résumait à deux mots : Parlons Vrai . Cette formule m'est revenue à l'esprit récemment.  Bien sûr, beaucoup de choses ont changé depuis. La crise de 2008 est loin derrière nous, la communication n'est plus le cœur de mon activité professionnelle, j'ai quitté la banque en question et, plus généralement, de l'eau a coulé sous les ponts. J'ai pourtant repensé à ces deux mots, mis l'un à côté de l'autre : "Parler vrai". Il arrive, si souvent