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Des paroles, pour traverser l'Histoire

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Je sortais le 33 tours de sa pochette, et le posais sur le tourne-disque. Dans cette maison de campagne où je passais quasiment chaque week-end, durant toute mon enfance, tout un monde musical s'offrait à moi par l'intermédiaire de cet objet. Il y avait de tout. Des artistes variés, pour des musiques originales, qui devenaient pour moi instantanément cultes, puisqu'elles avaient atterri ici, dans ma famille, acquises par mes parents, ou mes frères, ou ma sœur. Le filtre était préparatoire. Rien n'était à jeter, puisque ça se trouvait là. 
Ainsi, je découvrais Bashung, Dylan, Brassens, Barbara, les Rolling Stones, etc.
Pourtant, parfois, de ces enceintes, je pouvais entendre des musiques, disons, particulières. Personne ne m'a dit, par exemple, d'où venait ce disque de Marc Ogeret, Autour de la Commune. Qui donc avait acheté ça ? Et pour quelle raison ? Bien sûr, ça correspondait à un certain goût pour l'Histoire, et à une certaine conscience de gauche, que …

Le balayage des jours

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Le balayage des jours. Un événement en chasse un autre. Dimanche dernier, mes voisins étaient souriants, dans la rue, klaxonnant, riant, s'applaudissant. Nous étions champions du monde et les scooters filaient sans casque sur les boulevards heureux. Plus d'embrassades aujourd'hui. Les inconnus le sont redevenus. On se croise, on s'adresse un salut simple, courtois, dans l'ascenseur. On s'ignore sur les boulevards communs.
C'est la loi naturelle. L'ordre des choses.
L'actualité en est l'incarnation-même. Chaque nouvelle vient effacer celle de la veille. Rien n'est plus vieux que le journal déjà lu, qui git dans le sac poubelle de la station de métro traversée par les bourrasques du matin. Quel que soit l'événement, il ne dure jamais très longtemps. Aucun drame ne s'éternise jamais, à cette échelle-là.
So what?
Dans nos vies personnelles, c'est un peu différent. Il y a des souvenirs qui restent, des jours qui changent tout, soudaine…

Une impression de déjà-vécu

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C'est comme s'il y avait plus de sève dans les branches, plus de sang dans les veines, plus de soif, plus d'envie, plus d'intensité dans les regards, plus de.

L'été est là, qui bat, qui pulse, qui presse. "Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir". Merci Baudelaire. Il fait beau. Il fait chaud. Et c'est tant mieux. J'augmente le volume, dans mon casque. J'ai envie de danser, en descendant les marches du métro parisien. Envie de sourire derrière la vitre du bus, devant cette ville qui fourmille sous mes yeux. Envie de terrasses, envie de flâneries, envie de verres qui se remplissent puis se vident, envie de nouveau, envie.

Et il y a ce sentiment de déjà-vu, de déjà-vécu, de déjà-ressenti. Je suis né en Juillet. Des étés, j'en ai vu passer plein. Ce sentiment de vie qui s'intensifie, qui pousse, qui pulse, qui presse, je le connais par cœur. Il m'est familier. Comme le sera l'automne qui suivra, avec son cortège de…

Oui, je suis curieux

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Oui, je suis curieux. Car le temps presse et que le monde est immense. Tant de livres à lire, tant de cultures à explorer. Tant d'histoires à connaître. Tant de codes à déchiffrer. Tant de pays à parcourir. Tant de mystères à percer. Tant de vies à découvrir.

Un charmant défaut

Depuis l'enfance, j'ai compris que certains secrets le demeureraient. J'ai compris que certaines énigmes n'offriront aucune réponse. J'ai compris aussi que ce n'était pas grave, pour autant. Que l'on pouvait observer les étoiles - depuis sa chaise longue, sous sa couverture, dans le jardin -, sans attendre qu'un miracle vienne soudain révéler le pourquoi du monde.

On pouvait se contenter d'espérer attraper au regard l'éphémère étoile filante.
"Le courage, c’est d’agir et de se donner aux grandes causes sans savoir quelle récompense réserve à notre effort l’univers profond, ni s’il lui réserve une récompense". Jean Jaurès Il ne faut pas toujours chercher à comp…

Le Top Of Mind De La Vie

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Je garde un très bon souvenir de mon Master de Communication à Sciences-Po Lille, dirigé par Véronique Drecq à l'époque. C'était l'une des premières fois, dans mon parcours d'étudiant, que la discipline que l'on m'enseignait trouvait une application quasi-immédiate vers de nombreux métiers bien réels. Ce n'était plus la Littérature, l'Histoire, la Philosophie, et toutes ces matières que j'aimais également. C'était la vie bien réelle, l'évolution du monde d'aujourd'hui. C'était la porte enfin dessinée devant moi que j'allais pouvoir franchir pour m'épanouir plusieurs années durant. 
Des professionnels, d'ailleurs, de la Communication, venaient nous présenter leurs métiers, leur parcours, leur approche. Il était possible de se projeter, d'imaginer la suite. Et tout, dans cette discipline, me parlait. Des stratégies de conviction, de persuasion publicitaire, à l'élaboration d'une campagne, en passant par les …

Faire l'expérience

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Je suis dans le Sahel. Mes pieds glissent dans le sable chaud des dunes. Ces dernières dessinent des vagues lumineuses à perte de vue, offrant un panorama inédit à mon regard. Le désert est un horizon. Je marche seul dans le soir, découvrant ce nouvel univers, avant de revenir à la tente que nous avons plantée au cœur de cet espace infini de sable et de vent.

Les sensations sont nouvelles. Jamais aucun spectacle de cette nature ne s'est offert à ma vue. Jamais l'air que je respire n'a été aussi doux. J'appréhende les risques éventuels, en escaladant les dunes, en avançant prudemment sur leur cime. Je me demande si d'aventure je ne vais pas me laisser entraîner par le sable, dans une avalanche d'un genre nouveau. Mon imagination se réveille, comme celle d'un enfant : le désert m'évoque des scorpions, des fourmis rouges et des sables mouvants. Quel danger inconnu peut bien me guetter ici ?
Rien n'arrive pourtant. La nature ne me veut aucun mal. Mes pi…

Le plaisir de voir, sans être vu

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Jamais, depuis bientôt dix ans, je n'avais délaissé aussi longtemps ce blog. C'est qu'il n'est pas toujours facile de trouver le temps ; et puis on se trouve facilement des excuses, pour le coup. Pourtant, j'aime l'idée qu'il existe un endroit pour moi, sur Internet. Un lieu qui m'appartient, que je peux modeler à ma guise. 

On parle souvent de la Toile - et, bien sûr, on se réfère alors à la Toile géante d'une araignée. Un réseau de fils qui nous relient les uns aux autres, ici et là. Un filet où l'on vient se perdre, sans doute, un dimanche soir. À la recherche de nouvelles, d'alter-egos, d'informations ou de consolation. J'aime la polysémie du mot Toile en Français. Plutôt qu'un réseau arachnéen, la Toile est pour moi une Toile de peintre, une toile blanche sur un chevalet, où chacun vient apporter sa touche colorée, s'il le souhaite. Un espace de cette Toile m'est donc réservé ici. Je peux gribouiller ce que je veux. …