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Pourquoi j'aime la Poésie

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Je ne saurais expliquer comment m'est venue l'envie d'apprendre par cœur des poèmes, quand j'avais une dizaine d'années. Bien sûr, il y avait des livres chez moi. Des bibliothèques qui accordaient une place non négligeable à la poésie. Bien sûr, j'aimais ces recueils, qui s'ouvraient d'eux-mêmes aux pages les plus précieuses, offrant ces mots qui disaient tout en disant peu. "Il faut peu de mots pour dire l'essentiel". Bien sûr, j'avais la chance d'avoir, à portée de la main, Aragon, Baudelaire, Éluard, Reverdy ou Rimbaud.
Et puis, il y avait mon arrière-grand-père, cet héritage culturel transmis dès le plus jeune âge. Ce Victor Segalen dont je pouvais parcourir les ouvrages originaux. Pour sentir ce papier proche d'un papyrus, soigneusement plié entre deux plaques de bois fines que tenait jointes un ruban. Ça aide, d'avoir ainsi dès l'enfance une admiration pour l'écriture. Et une raison supplémentaire de lire des …

Un soupir d'automne

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Passent les jours, et passent les semaines. Cette étrange sensation d'avoir déjà vécu une centaine de fois ce retour de l'automne. J'ai déjà envie de sortir le radiateur du placard. De ranger mes vêtements d'été sous le lit et de m'emmitoufler dans des pulls chauds et des écharpes soyeuses. 
Ça vient super vite, cette envie d'infusion, de plaid, de série à deux sous la couette. En même temps, viennent ces impressions familières, ces parfums, cette atmosphère automnale. Ces lumières, quand le soir tombe plus tôt et que les phares des voitures et des feus tricolores dansent autour des passants. Si seulement Rimbaud ou Verlaine étaient encore là pour mettre les mots sur ces sensations-là. 
Suis-je bête ? Ils sont encore là :
"Et l'air a l'air d'être un soupir d'automne, Tant il fait doux par ce soir monotone". Paul Verlaine
Je mesure aujourd'hui à quel point cette saison m'a souvent inspiré des billets. Un automne jonché de tâches…

Parler vrai

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Quelques semaines après avoir commencé la vie active, lorsque j'avais vingt-quatre ou vingt-cinq ans, une grande campagne de communication a été lancée dans la banque où je travaillais comme Social Media manager. 
Des affiches, des spots TV, des publicités online, des dispositifs innovants… l'artillerie lourde avait été sortie pour mettre en avant une formule qui devait marquer les esprits et convaincre, dans un contexte de défiance vis-à-vis des institutions financières.  Cela se résumait à deux mots : Parlons Vrai.


Cette formule m'est revenue à l'esprit récemment.  Bien sûr, beaucoup de choses ont changé depuis. La crise de 2008 est loin derrière nous, la communication n'est plus le cœur de mon activité professionnelle, j'ai quitté la banque en question et, plus généralement, de l'eau a coulé sous les ponts. J'ai pourtant repensé à ces deux mots, mis l'un à côté de l'autre : "Parler vrai".
Il arrive, si souvent, de ne pas dire les ch…

Quand finit l'indifférence

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Je n'ai aucune idée de ce qui va être écrit dans ce billet à l'instant où je commence cette phrase. Je n'ai pas envie cette fois de me poser trop de questions. On peut tout à fait écrire ce qui vient, tel quel, sans travail, sans fioritures, sans dentelles. L'inconscient décide pour nous ce qui viendra se figer sur la feuille blanche. L'idée jaillit sans qu'on sache très bien pourquoi.
Spotify m'a envoyé une notification cette semaine, pour me pousser un nouveau podcast. Un podcast sur Gainsbourg, en plusieurs épisodes. J'aime bien Gainsbourg. Et j'aime bien les podcasts. Je l'ai donc écouté sans plus attendre, sur mon trajet entre mon bureau et mon domicile. Il faisait particulièrement beau, je rentrais à pied. Cheveux ébouriffés, les poings dans les poches, les écouteurs dans les oreilles.
C'était intéressant. J'ai découvert ce que j'ignorais : Gainsbourg a peiné pour percer. Genre vraiment. Il a enchaîné les bides. Année après ann…

Je Me Force Un Peu Parfois

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Je me force un peu, parfois.  Je me dis que ça fait longtemps, que j'ai reçu de nombreux encouragements depuis que j'ai commencé à écrire, ici, et que cela devrait suffire à m'inciter à poursuivre, régulièrement. Je suis heureux d'avoir plusieurs fois trouvé les mots pour parler de certains sentiments, de certaines impressions, qui avaient de la valeur à mes yeux. Heureux d'avoir réussi à transmettre - des idées, des envies, des émotions peut-être ? - ce qui autrement serait resté au fin fond de ma conscience. 
Se forcer à écrire, pour soi, d'abord, et pour les éventuels lecteurs nocturnes qui souhaitent lire autre chose que des analyses politiques post-conférence de presse / post-grand débat national / post-gilets jaunes. Ou bien des dissertations sur la reconstruction de Notre-Dame, à l'identique ou surtout pas. Cet éternel retour, des pour, des contre, et de tous les autres, qui argumentent ou qui s'indignent.
Je me force un peu, parfois. Parce que ç…

Il Est Toujours Temps D'Apprendre

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Il y a quelques semaines, j'ai vu une conférence dans laquelle l'intervenant, Oussama Ammar, demandait s'il y avait dans l'assistance des personnes qui faisaient du sport régulièrement. De nombreuses mains se sont levées. De fait, de plus en plus de monde pratique une activité sportive, il suffit de croiser tous les runners dans les parcs ou le long des avenues pour s'en rendre compte. L'intervenant soulignait que ce phénomène était finalement assez récent. Pendant longtemps, faire du sport régulièrement était une pratique qui se limitait à deux catégories de la population : les enfants, et les professionnels. Désormais, le sport se généralise.
Il poursuivait en annonçant que le même phénomène allait se produire pour la Formation. Aujourd'hui encore, se former, apprendre, étudier, se limite généralement aux deux mêmes catégories de population : les enfants, à l'école, et les professionnels.
Pourtant, rien n'est plus simple. Pour la première fois de …

Entre-Deux Âges

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Plus les années passent, plus j'ai le sentiment d'entrer dans l'entre-deux-âges. Entre les années d'incertitude, d'inquiétude, de quête de sens. La vingtaine, pour faire court. Cette époque où l'on se cherche, où l'on s'interroge, sur ce que l'on va faire plus tard. Cette époque où l'on est sensible à des phrases comme : "deviens ce que tu es, fais ce que toi seul sais faire", sans savoir très bien, pour autant, quel sens profond elle revêt, ni même si elle revêt un sens véritablement profond. Période où l'on fume, à la fenêtre de sa chambre d'étudiant, en hésitant entre tous les chemins du possible qui s'offrent à nous. De l'autre côté, sur l'autre rive, il y a les années de stabilisation, les années des réponses apportées, de la prudence retrouvée, d'une certaine sérénité. C'est du moins ainsi que je me les figure aujourd'hui. Un âge plus serein, où l'on est devenu quelque chose, sinon quelqu'u…