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Parler vrai

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Quelques semaines après avoir commencé la vie active, lorsque j'avais vingt-quatre ou vingt-cinq ans, une grande campagne de communication a été lancée dans la banque où je travaillais comme Social Media manager. 
Des affiches, des spots TV, des publicités online, des dispositifs innovants… l'artillerie lourde avait été sortie pour mettre en avant une formule qui devait marquer les esprits et convaincre, dans un contexte de défiance vis-à-vis des institutions financières.  Cela se résumait à deux mots : Parlons Vrai.


Cette formule m'est revenue à l'esprit récemment.  Bien sûr, beaucoup de choses ont changé depuis. La crise de 2008 est loin derrière nous, la communication n'est plus le cœur de mon activité professionnelle, j'ai quitté la banque en question et, plus généralement, de l'eau a coulé sous les ponts. J'ai pourtant repensé à ces deux mots, mis l'un à côté de l'autre : "Parler vrai".
Il arrive, si souvent, de ne pas dire les ch…

Quand finit l'indifférence

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Je n'ai aucune idée de ce qui va être écrit dans ce billet à l'instant où je commence cette phrase. Je n'ai pas envie cette fois de me poser trop de questions. On peut tout à fait écrire ce qui vient, tel quel, sans travail, sans fioritures, sans dentelles. L'inconscient décide pour nous ce qui viendra se figer sur la feuille blanche. L'idée jaillit sans qu'on sache très bien pourquoi.
Spotify m'a envoyé une notification cette semaine, pour me pousser un nouveau podcast. Un podcast sur Gainsbourg, en plusieurs épisodes. J'aime bien Gainsbourg. Et j'aime bien les podcasts. Je l'ai donc écouté sans plus attendre, sur mon trajet entre mon bureau et mon domicile. Il faisait particulièrement beau, je rentrais à pied. Cheveux ébouriffés, les poings dans les poches, les écouteurs dans les oreilles.
C'était intéressant. J'ai découvert ce que j'ignorais : Gainsbourg a peiné pour percer. Genre vraiment. Il a enchaîné les bides. Année après ann…

Je Me Force Un Peu Parfois

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Je me force un peu, parfois.  Je me dis que ça fait longtemps, que j'ai reçu de nombreux encouragements depuis que j'ai commencé à écrire, ici, et que cela devrait suffire à m'inciter à poursuivre, régulièrement. Je suis heureux d'avoir plusieurs fois trouvé les mots pour parler de certains sentiments, de certaines impressions, qui avaient de la valeur à mes yeux. Heureux d'avoir réussi à transmettre - des idées, des envies, des émotions peut-être ? - ce qui autrement serait resté au fin fond de ma conscience. 
Se forcer à écrire, pour soi, d'abord, et pour les éventuels lecteurs nocturnes qui souhaitent lire autre chose que des analyses politiques post-conférence de presse / post-grand débat national / post-gilets jaunes. Ou bien des dissertations sur la reconstruction de Notre-Dame, à l'identique ou surtout pas. Cet éternel retour, des pour, des contre, et de tous les autres, qui argumentent ou qui s'indignent.
Je me force un peu, parfois. Parce que ç…

Il Est Toujours Temps D'Apprendre

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Il y a quelques semaines, j'ai vu une conférence dans laquelle l'intervenant, Oussama Ammar, demandait s'il y avait dans l'assistance des personnes qui faisaient du sport régulièrement. De nombreuses mains se sont levées. De fait, de plus en plus de monde pratique une activité sportive, il suffit de croiser tous les runners dans les parcs ou le long des avenues pour s'en rendre compte. L'intervenant soulignait que ce phénomène était finalement assez récent. Pendant longtemps, faire du sport régulièrement était une pratique qui se limitait à deux catégories de la population : les enfants, et les professionnels. Désormais, le sport se généralise.
Il poursuivait en annonçant que le même phénomène allait se produire pour la Formation. Aujourd'hui encore, se former, apprendre, étudier, se limite généralement aux deux mêmes catégories de population : les enfants, à l'école, et les professionnels.
Pourtant, rien n'est plus simple. Pour la première fois de …

Entre-Deux Âges

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Plus les années passent, plus j'ai le sentiment d'entrer dans l'entre-deux-âges. Entre les années d'incertitude, d'inquiétude, de quête de sens. La vingtaine, pour faire court. Cette époque où l'on se cherche, où l'on s'interroge, sur ce que l'on va faire plus tard. Cette époque où l'on est sensible à des phrases comme : "deviens ce que tu es, fais ce que toi seul sais faire", sans savoir très bien, pour autant, quel sens profond elle revêt, ni même si elle revêt un sens véritablement profond. Période où l'on fume, à la fenêtre de sa chambre d'étudiant, en hésitant entre tous les chemins du possible qui s'offrent à nous. De l'autre côté, sur l'autre rive, il y a les années de stabilisation, les années des réponses apportées, de la prudence retrouvée, d'une certaine sérénité. C'est du moins ainsi que je me les figure aujourd'hui. Un âge plus serein, où l'on est devenu quelque chose, sinon quelqu'u…

Tenir bon

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On mesure assez mal ce par quoi passent les gens qui nous entourent. Dans les transports en commun, comme sur les médias sociaux, la plupart des gens ont la pudeur de ne pas transmettre leurs inquiétudes. La mélancolie est souvent silencieuse, discrète, voire secrète. Pourtant, en permanence, on croise des personnes qui ne vont pas bien, des gens qui traversent ou qui ont traversé récemment des périodes sombres.

La p'tite Bill, elle est malade.
Elle a besoin d'une promenade
Avec un qui s'rait son amoureux,
Une heure ou deux.
La P'tite Bill, y a le temps qui presse.
Elle a besoin d'une caresse,
Des doigts gentils, des doigts doux,
Dessus dessous.

On ignore le mal-être de ces gens à qui l'on parle, parfois. Qui, peut-être, font un effort pour ne rien laisser paraître. Pour que le masque tienne. En apparence, il faut que tout aille bien, en dépit des angoisses, en dépit de l'air qui vient à manquer.

La vie m'a appris que beaucoup de personnes qui me semblaient for…

Putain, dix ans

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© illustrationHeart Machine
Cela fera dix ans cette année. Dix ans que j'ai créé ce blog. Le premier post de L'avenir est à réinventer a été publié en octobre 2009. Des centaines ont suivi. J'ai parlé de philosophie, de littérature, de poésie. J'ai parlé de l'évolution des technologies, des médias sociaux, et de politique. J'ai parlé de ma vie, plus ou moins explicitement, de mes amours, de mes amis, de mes emmerdes. De mon spleen, parfois ; de mes espoirs, souvent. 
De nombreuses personnes ont laissé des commentaires, ont réagi, ont répondu, m'en ont parlé quand je les rencontrais. Certains de mes billets trouvaient un écho particulier. J'ai reçu des messages auxquels je ne m'attendais pas. Ça m'a encouragé à poursuivre. J'ai fait des rencontres, grâce à ces mots que je postais en ligne. Des gens qui me connaissaient peu ont pu découvrir des points communs, des intérêts partagés. 
Je vais continuer. Continuer d'écrire, ici, parce que c&…