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Je Me Force Un Peu Parfois

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Je me force un peu, parfois.  Je me dis que ça fait longtemps, que j'ai reçu de nombreux encouragements depuis que j'ai commencé à écrire, ici, et que cela devrait suffire à m'inciter à poursuivre, régulièrement. Je suis heureux d'avoir plusieurs fois trouvé les mots pour parler de certains sentiments, de certaines impressions, qui avaient de la valeur à mes yeux. Heureux d'avoir réussi à transmettre - des idées, des envies, des émotions peut-être ? - ce qui autrement serait resté au fin fond de ma conscience. 
Se forcer à écrire, pour soi, d'abord, et pour les éventuels lecteurs nocturnes qui souhaitent lire autre chose que des analyses politiques post-conférence de presse / post-grand débat national / post-gilets jaunes. Ou bien des dissertations sur la reconstruction de Notre-Dame, à l'identique ou surtout pas. Cet éternel retour, des pour, des contre, et de tous les autres, qui argumentent ou qui s'indignent.
Je me force un peu, parfois. Parce que ç…

Il Est Toujours Temps D'Apprendre

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Il y a quelques semaines, j'ai vu une conférence dans laquelle l'intervenant, Oussama Ammar, demandait s'il y avait dans l'assistance des personnes qui faisaient du sport régulièrement. De nombreuses mains se sont levées. De fait, de plus en plus de monde pratique une activité sportive, il suffit de croiser tous les runners dans les parcs ou le long des avenues pour s'en rendre compte. L'intervenant soulignait que ce phénomène était finalement assez récent. Pendant longtemps, faire du sport régulièrement était une pratique qui se limitait à deux catégories de la population : les enfants, et les professionnels. Désormais, le sport se généralise.
Il poursuivait en annonçant que le même phénomène allait se produire pour la Formation. Aujourd'hui encore, se former, apprendre, étudier, se limite généralement aux deux mêmes catégories de population : les enfants, à l'école, et les professionnels.
Pourtant, rien n'est plus simple. Pour la première fois de …

Entre-Deux Âges

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Plus les années passent, plus j'ai le sentiment d'entrer dans l'entre-deux-âges. Entre les années d'incertitude, d'inquiétude, de quête de sens. La vingtaine, pour faire court. Cette époque où l'on se cherche, où l'on s'interroge, sur ce que l'on va faire plus tard. Cette époque où l'on est sensible à des phrases comme : "deviens ce que tu es, fais ce que toi seul sais faire", sans savoir très bien, pour autant, quel sens profond elle revêt, ni même si elle revêt un sens véritablement profond. Période où l'on fume, à la fenêtre de sa chambre d'étudiant, en hésitant entre tous les chemins du possible qui s'offrent à nous. De l'autre côté, sur l'autre rive, il y a les années de stabilisation, les années des réponses apportées, de la prudence retrouvée, d'une certaine sérénité. C'est du moins ainsi que je me les figure aujourd'hui. Un âge plus serein, où l'on est devenu quelque chose, sinon quelqu'u…

Tenir bon

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On mesure assez mal ce par quoi passent les gens qui nous entourent. Dans les transports en commun, comme sur les médias sociaux, la plupart des gens ont la pudeur de ne pas transmettre leurs inquiétudes. La mélancolie est souvent silencieuse, discrète, voire secrète. Pourtant, en permanence, on croise des personnes qui ne vont pas bien, des gens qui traversent ou qui ont traversé récemment des périodes sombres.

La p'tite Bill, elle est malade.
Elle a besoin d'une promenade
Avec un qui s'rait son amoureux,
Une heure ou deux.
La P'tite Bill, y a le temps qui presse.
Elle a besoin d'une caresse,
Des doigts gentils, des doigts doux,
Dessus dessous.

On ignore le mal-être de ces gens à qui l'on parle, parfois. Qui, peut-être, font un effort pour ne rien laisser paraître. Pour que le masque tienne. En apparence, il faut que tout aille bien, en dépit des angoisses, en dépit de l'air qui vient à manquer.

La vie m'a appris que beaucoup de personnes qui me semblaient for…

Putain, dix ans

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© illustrationHeart Machine
Cela fera dix ans cette année. Dix ans que j'ai créé ce blog. Le premier post de L'avenir est à réinventer a été publié en octobre 2009. Des centaines ont suivi. J'ai parlé de philosophie, de littérature, de poésie. J'ai parlé de l'évolution des technologies, des médias sociaux, et de politique. J'ai parlé de ma vie, plus ou moins explicitement, de mes amours, de mes amis, de mes emmerdes. De mon spleen, parfois ; de mes espoirs, souvent. 
De nombreuses personnes ont laissé des commentaires, ont réagi, ont répondu, m'en ont parlé quand je les rencontrais. Certains de mes billets trouvaient un écho particulier. J'ai reçu des messages auxquels je ne m'attendais pas. Ça m'a encouragé à poursuivre. J'ai fait des rencontres, grâce à ces mots que je postais en ligne. Des gens qui me connaissaient peu ont pu découvrir des points communs, des intérêts partagés. 
Je vais continuer. Continuer d'écrire, ici, parce que c&…

Fin d'année ?

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Nous y voilà. Dans les guirlandes lumineuses des rues, dans le froid qui s'intensifie, dans les écharpes qui s'accumulent, dans la nuit qui s'étale, on le sent bien. Nous y sommes. D'ici quelques jours, ce sera la fin de l'année
Je ne sais pas très bien si je ressens, moi-même, la fin d'une période. Une fin. Quelle qu'elle soit. Ce n'est jamais anodin. Les jours qui mènent à cette fin d'année devraient être plus lourds, plus emprunts de dramaturgie. On devrait véritablement voir approcher la fin.
Fin de non-recevoir
Si je ne ressens pas vraiment le passage d'une année à l'autre, c'est peut-être parce que cette fin d'année est aussi peu "finale" que les précédentes. L'année ne s'est pas toujours achevée le 31 décembre. C'est même assez récent, à l'échelle de notre Histoire, quand on y pense. Ce n'est qu'en 1564 que l'on a décidé de fixer arbitrairement la fin de l'année, à cette date. Dans la…

Nous attendons de l'autre qu'il nous sauve

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Une discussion, un soir, à la terrasse d'un café parisien. Elle me parle de son histoire, d'un homme qui est sorti de sa vie, avec qui elle avait eu une passion mouvementée. Elle pense à lui souvent, et je cherche à comprendre pourquoi ils se sont perdus de vue, s'ils s'aimaient tant. Elle s'interrompt un moment, tire sur sa cigarette, et précise sa réponse : "Le problème que nous avions, c'est que nous cherchions à nous sauver l'un l'autre. Ou plutôt, nous attendions de l'autre qu'il nous sauve".

Sauve qui peut

C'est un thème qui ne m'est pas étranger. Moi aussi, j'ai souvent cherché à sauver, à secourir, à seconder. Être là, être présent, accompagner celles et ceux qui comptent pour moi. Jusqu'à accourir s'il le fallait, à grandes enjambées, à grandes traversées dans le métro, d'Est en Ouest, le plus vite possible. Puisqu'on m'appelait au secours, je devais être là. J'étais convaincu que je pouvais …