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Putain, dix ans

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© illustrationHeart Machine
Cela fera dix ans cette année. Dix ans que j'ai créé ce blog. Le premier post de L'avenir est à réinventer a été publié en octobre 2009. Des centaines ont suivi. J'ai parlé de philosophie, de littérature, de poésie. J'ai parlé de l'évolution des technologies, des médias sociaux, et de politique. J'ai parlé de ma vie, plus ou moins explicitement, de mes amours, de mes amis, de mes emmerdes. De mon spleen, parfois ; de mes espoirs, souvent. 
De nombreuses personnes ont laissé des commentaires, ont réagi, ont répondu, m'en ont parlé quand je les rencontrais. Certains de mes billets trouvaient un écho particulier. J'ai reçu des messages auxquels je ne m'attendais pas. Ça m'a encouragé à poursuivre. J'ai fait des rencontres, grâce à ces mots que je postais en ligne. Des gens qui me connaissaient peu ont pu découvrir des points communs, des intérêts partagés. 
Je vais continuer. Continuer d'écrire, ici, parce que c&…

Fin d'année ?

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Nous y voilà. Dans les guirlandes lumineuses des rues, dans le froid qui s'intensifie, dans les écharpes qui s'accumulent, dans la nuit qui s'étale, on le sent bien. Nous y sommes. D'ici quelques jours, ce sera la fin de l'année
Je ne sais pas très bien si je ressens, moi-même, la fin d'une période. Une fin. Quelle qu'elle soit. Ce n'est jamais anodin. Les jours qui mènent à cette fin d'année devraient être plus lourds, plus emprunts de dramaturgie. On devrait véritablement voir approcher la fin.
Fin de non-recevoir
Si je ne ressens pas vraiment le passage d'une année à l'autre, c'est peut-être parce que cette fin d'année est aussi peu "finale" que les précédentes. L'année ne s'est pas toujours achevée le 31 décembre. C'est même assez récent, à l'échelle de notre Histoire, quand on y pense. Ce n'est qu'en 1564 que l'on a décidé de fixer arbitrairement la fin de l'année, à cette date. Dans la…

Nous attendons de l'autre qu'il nous sauve

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Une discussion, un soir, à la terrasse d'un café parisien. Elle me parle de son histoire, d'un homme qui est sorti de sa vie, avec qui elle avait eu une passion mouvementée. Elle pense à lui souvent, et je cherche à comprendre pourquoi ils se sont perdus de vue, s'ils s'aimaient tant. Elle s'interrompt un moment, tire sur sa cigarette, et précise sa réponse : "Le problème que nous avions, c'est que nous cherchions à nous sauver l'un l'autre. Ou plutôt, nous attendions de l'autre qu'il nous sauve".

Sauve qui peut

C'est un thème qui ne m'est pas étranger. Moi aussi, j'ai souvent cherché à sauver, à secourir, à seconder. Être là, être présent, accompagner celles et ceux qui comptent pour moi. Jusqu'à accourir s'il le fallait, à grandes enjambées, à grandes traversées dans le métro, d'Est en Ouest, le plus vite possible. Puisqu'on m'appelait au secours, je devais être là. J'étais convaincu que je pouvais …

En raccourci

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Le doux mois de septembre. Je me demande si ce n'est pas l'un des mois que je préfère. Quand l'automne s'approche tout doucement. J'avance, les mains dans les poches, sur les boulevards - la musique dans les oreilles. Le plaisir de ne porter encore qu'un sweat-shirt, avant l'arrivée des bourrasques et de la pluie battante. Les cheveux légèrement en bataille, la sacoche en bandoulière. Je traverse Paris.
Une voix familière chante dans mon casque. Une voix que j'écoute de nouveau, souvent, ces derniers jours. Une voix profonde et chaleureuse, celle de Georges. Sur un air de guitare que je connais bien, je retrouve ces mots si souvent entendus.


"Y a dans la chambre une odeur d'amour tendre et de goudron. Ça vous met la joie au cœur… la peine aussi et c'est bon !" Je ne pourrais pas mieux dire. Ce soir, j'ai la joie et la peine au cœur, en même temps. Ce n'est pas grave, c'est même plutôt agréable. C'est la vie-même. Le sen…

Pour peu qu'on s'en souvienne

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Face au temps qui passe, qui emporte avec lui les rires des enfants et les Mistral gagnants, on est tenté de s'interdire tout sentiment nostalgique. Tenté de ne pas se torturer avec ces souvenirs d'un temps révolu, d'une enfance heureuse, d'une histoire d'amour achevée, d'un ami qu'on a perdu de vue, ou perdu tout court, d'ailleurs. Nombreuses sont les personnes qui s'épargnent toute mélancolie, en refusant de plonger leur regard dans cet abîme.

Je suis le premier à m'être encouragé, certains soirs, à me tourner résolument vers l'avenir, vers ce qui n'est pas encore advenu. Ne penser qu'au présent et à ce qui arrive bientôt, pour se libérer des chaînes de ce passé qui ne passe pas. Être créatif, pour être créateur, pour écrire un autre chapitre existentiel, pour faire naître du nouveau. Faire table rase, recommencer encore et encore. De l'avant.
Le hasard m'a amené ce soir à tomber sur ce vers d'Aragon : "Tout ce qui…

Des paroles, pour traverser l'Histoire

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Je sortais le 33 tours de sa pochette, et le posais sur le tourne-disque. Dans cette maison de campagne où je passais quasiment chaque week-end, durant toute mon enfance, tout un monde musical s'offrait à moi par l'intermédiaire de cet objet. Il y avait de tout. Des artistes variés, pour des musiques originales, qui devenaient pour moi instantanément cultes, puisqu'elles avaient atterri ici, dans ma famille, acquises par mes parents, ou mes frères, ou ma sœur. Le filtre était préparatoire. Rien n'était à jeter, puisque ça se trouvait là. 
Ainsi, je découvrais Bashung, Dylan, Brassens, Barbara, les Rolling Stones, etc.
Pourtant, parfois, de ces enceintes, je pouvais entendre des musiques, disons, particulières. Personne ne m'a dit, par exemple, d'où venait ce disque de Marc Ogeret, Autour de la Commune. Qui donc avait acheté ça ? Et pour quelle raison ? Bien sûr, ça correspondait à un certain goût pour l'Histoire, et à une certaine conscience de gauche, que …

Le balayage des jours

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Le balayage des jours. Un événement en chasse un autre. Dimanche dernier, mes voisins étaient souriants, dans la rue, klaxonnant, riant, s'applaudissant. Nous étions champions du monde et les scooters filaient sans casque sur les boulevards heureux. Plus d'embrassades aujourd'hui. Les inconnus le sont redevenus. On se croise, on s'adresse un salut simple, courtois, dans l'ascenseur. On s'ignore sur les boulevards communs.
C'est la loi naturelle. L'ordre des choses.
L'actualité en est l'incarnation-même. Chaque nouvelle vient effacer celle de la veille. Rien n'est plus vieux que le journal déjà lu, qui git dans le sac poubelle de la station de métro traversée par les bourrasques du matin. Quel que soit l'événement, il ne dure jamais très longtemps. Aucun drame ne s'éternise jamais, à cette échelle-là.
So what?
Dans nos vies personnelles, c'est un peu différent. Il y a des souvenirs qui restent, des jours qui changent tout, soudaine…