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Et Si J'écrivais Sur La Solitude ?

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Elle est là. Dans mon dos, quand j'écris ces quelques lignes. Sur mon canapé blanc, silencieuse mais présente. Elle m'accompagne si je vais dans la cuisine, pour allumer le feu sous la casserole. La seule façon de la faire disparaître est de rejoindre des amis dans le soir automnal, à la terrasse d'un restaurant. Je la connais bien, elle m'a accompagné de nombreuses fois, lors de certaines soirées, à Lille, à Paris, ou ailleurs. La solitude.

On devrait pouvoir parler des sujets profonds, des sujets graves, sans gravité justement. J'ai en mémoire un billet de blog que j'avais écrit il y a quelques années, et qui avait inquiété ma mère. Elle me l'avait dit. Il n'y avait pourtant pas de quoi se faire du mouron, mais je comprends qu'on puisse, avec une lecture non innocente, se poser parfois des questions sur la façon dont les choses sont dites, dont elles sont ressenties.

Solicitude

En l'occurrence, cette solitude-là est très éloignée d'un déses…

Les Questions De Mes 20 Ans

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Je m'en souviens très bien, de mes vingt ans. Je m'interrogeais un soir sur trois sur la suite, sur mon avenir, sur mes aspirations profondes. Je ressentais pleinement cette incertitude quant à mon devenir. Ce n'était pas de l'inquiétude, à proprement parler, mais simplement quelque chose qui revenait, encore et encore, sans que je trouve véritablement de réponses. 
Fallait-il poursuivre les études supérieures ? Tenter de nouveaux concours ? Assurer - non pas mes arrières - mais ce qui allait advenir ensuite ? Ou suivre simplement mes envies, mes passions, mes rêves immédiats ? Partir, voyager, inventer, dessiner, rencontrer de nouvelles personnes, en faisant confiance à mon destin. Aimer.
Combien de soir, dans la nuit de ma fenêtre, me suis-je posé ces questions ? Sans doute pour retarder le moment où j'allais m'y mettre (ou m'y remettre) pour de bon, à cette préparation de concours, puis à ce mémoire, puis à ce Grand Oral. Facebook existait à peine et j&#…

Sauf Raison Impérative

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J'ai enlevé mes chaussures. Mes pieds glissent dans le sable chaud. Le vent soulève des nuages de poussière fine et dorée qui retombent sur les dunes. À l'horizon, nulle vie humaine. Du sable, du soleil, et ce scarabée qui poursuit son chemin.
Quand la nuit sera tombée, le ciel sera - comme hier - plus étoilé que jamais. 
Je suis dans le désert mauritanien. Si je regarde le site France Diplomatie, je me trouve dans une zone "déconseillée sauf raison impérative". Il y aurait AQMI plus loin, dans ce même désert. Ici, pourtant, le danger ne se fait aucunement ressentir. Les personnes que l'on croise sont accueillantes, et n'ont pas l'air d'être inquiètes une seconde pour nous.
"Sauf raison impérative". Cette formule résonne dans mon esprit. Ai-je une raison impérative de me trouver ici, dans l'Adrar, les cheveux ébouriffés par le sable et le vent, la peau chauffée par le soleil ? Quel devoir impérieux m'amène donc à cette oasis, immense…

Le Flou de Google Street View

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Depuis 2007 (depuis 2008 en France), Google parcourt le monde pour en photographier chaque avenue, chaque boulevard, chaque rue, chaque piste sableuse, chaque recoin. Le fameux Google Street View que nous connaissons tous. J'y repensais récemment devant la campagne d'Uber et ses voitures qui ont déjà emprunté toutes ces routes ("des bonnes, des mauvaises, des risquées", etc.). 
Le flou pour condition
Le monde entier n'a pas encore été intégré au module, mais une bonne partie quand même, si l'on regarde l'espace photographié en 2017. Il reste les régions les plus froides et les plus chaudes, ainsi que la Chine, accessoirement. Et puis les océans.

Dès 2008, Google a commencé à répondre aux inquiétudes soulevées par ces captations impromptues, en développant un système de floutage automatique des visages. L'enjeu était loin d'être futile. C'était la condition sine qua non pour continuer de cartographier ainsi la planète entière et obtenir le conse…

Pleine conscience

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On ne sait jamais très bien quels mots vont venir s'imposer à l'esprit, puis aux doigts qui pianotent sur le clavier. Je crois que mes meilleurs billets de blog sont ceux qui sont nés progressivement, par plusieurs pensées successives, autour d'un thème qui me tenait à cœur. J'aime malgré tout, de temps en temps, me confronter sans réfléchir à la page blanche et laisser venir les premières phrases qui surgissent dans ma conscience. Librement.
Bonne conscience
La conscience. La mienne, et celle des autres. J'y pensais ces derniers jours, dans le métro, dans le bus, dans la rue. Derrière ces regards, ces visages inconnus, il y avait une multitude de consciences, de pensées diverses, de préoccupations variées. C'est le sujet de l'âme, qui me fascinait tant quand j'étais tout juste adolescent.  "On peut tout fuir, sauf sa conscience", Stefan Zweig Ce mystère intemporel : ce qui fait que je pense, moi, de telle façon et non d'une autre. Cette imp…

Un sourire aperçu

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Tout à l'heure je vais sortir, m'allonger dans l'herbe et lire au soleil. Pour le moment je suis chez moi, dans mon appartement de la rue Oberkampf. Les fenêtres sont ouvertes, certains stores abaissés. J'entends le réveil d'un voisin qui sonne depuis deux ou trois heures. Il devait être réglé sur ses horaires de travail, et il a oublié de le déprogrammer en partant en week-end, probablement. C'est un son strident (bien que lointain) dont je me passerais bien, mais je reconnais que j'aime cette image : un réveil qui sonne dans le vide, qui s'acharne à sortir du sommeil une personne qui n'est pas là. Un réveil qui sonne pour un lit défait. Dans quelques années peut-être, l'intelligence artificielle aura fait des progrès, et aucun réveil ne s'égosillera plus en vain.
Hier, toute la journée, j'ai vu des amis. D'abord sur les Rives de Seine, du Pont des Arts au Port de l'Arsenal, nous avons marché, croisant touristes et Parisiens aux…

De nous, que restera-t-il ?

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Dans les moments difficiles que l'on traverse parfois, à l'échelle individuelle, ou à l'échelle d'une famille, d'une société, d'un pays, voire d'un continent, ce n'est pas toujours évident de prendre du recul. Sur le moment, on a le sentiment que la situation est inextricable, et que les conséquences sont lourdes, inévitables.
Une façon de souffler quelques secondes peut être de se rappeler un fait incontestable : tout finira par s'évanouir. Les problèmes, les malentendus, les colères, les injustices, les erreurs, les blessures. Tout passe. Tout fuit. Tout s'efface. Avec le temps. 
Tout doit disparaître
Les plus grandes défaites finissent par être bien peu de choses, au regard de l'Histoire. Les pires humiliations sont un jour oubliées. La vendetta la plus ancienne finit par s'éteindre, et l'on finit par cesser de vouloir venger ceux qui ne sont plus.
De même, les plus grandes gloires finissent par être insignifiantes. Aux Grands homm…