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De nous, que restera-t-il ?

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Dans les moments difficiles que l'on traverse parfois, à l'échelle individuelle, ou à l'échelle d'une famille, d'une société, d'un pays, voire d'un continent, ce n'est pas toujours évident de prendre du recul. Sur le moment, on a le sentiment que la situation est inextricable, et que les conséquences sont lourdes, inévitables.
Une façon de souffler quelques secondes peut être de se rappeler un fait incontestable : tout finira par s'évanouir. Les problèmes, les malentendus, les colères, les injustices, les erreurs, les blessures. Tout passe. Tout fuit. Tout s'efface. Avec le temps. 
Tout doit disparaître
Les plus grandes défaites finissent par être bien peu de choses, au regard de l'Histoire. Les pires humiliations sont un jour oubliées. La vendetta la plus ancienne finit par s'éteindre, et l'on finit par cesser de vouloir venger ceux qui ne sont plus.
De même, les plus grandes gloires finissent par être insignifiantes. Aux Grands homm…

Suivez votre intuition

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Les affiches ont été placardées pendant plusieurs semaines, dans les rues, sur les façades des immeubles, sur les piliers des ponts enjambant les autoroutes. Je ne pouvais m'empêcher de me demander qui pouvait bien trouver la motivation nécessaire pour coller de telles affiches pour un tel candidat, présentant si peu de chances de réussite, dans des endroits parfois aussi difficiles d'accès. Une telle abnégation pour Asselineau était pour le moins fascinante.
Toujours est-il que le message était bien lisible, en lettres blanches et majuscules : suivez votre intuition. L'injonction ne semblait pas correspondre une seconde à la bouille du bonhomme, en costume, qui la surplombait. 
Si je cherche à me représenter ce que m'inspirent les mots "suivez votre intuition", les images qui me viennent à l'esprit sont assez différentes : je pense au courage d'un baiser héroïque et soudain un soir de printemps, sous une pluie chaude, lors d'une soirée inattendue…

Comme une évidence

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Il y a quelques semaines, j'ai vu un reportage sur Emmanuel Macron. Comme toujours - en particulier lors d'une campagne électorale -, je suis de près l'actualité politique, j'étudie la façon dont chacun des candidat exprime ses idées, je pèse le pour et le contre, ce qui me plaît et ce qui me déplaît. Mes historiques Youtube et Google sont pleins de mots tirés du champ lexical politique. Je regarde plusieurs fois chaque échange tendu entre untel et untel, etc. Dans ce reportage sur Macron, donc, j'ai été frappé par une formule qui revenait plusieurs fois. C'est une formule qu'il utilisait lui-même, pour décrire plusieurs moments clés de sa vie : "comme une évidence". 
Comme une évidence, sa rencontre avec sa professeure devenue son épouse. Comme une évidence, le fait de venir étudier les Lettres et la Philosophie à Paris. Comme une évidence, son besoin de s'engager politiquement. Comme une évidence, sa candidature actuelle à la plus haute fonc…

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La foule familière de passants inconnus

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Je ne sais pas combien je croise de gens, tous les jours. Je vis dans le 11ème arrondissement de Paris, je travaille la plupart du temps dans le 13ème ou le 19ème. Mais je passe mes journées à bouger, à marcher d'une station de métro à l'autre, à monter des escalators, à en descendre. Cette foule d'étrangers qui passe sous mes yeux, quotidiennement, m'est familière. Pris individuellement, j'ai l'impression de n'avoir jamais croisé auparavant ces personnes qui passent par là, ce jour-là, comme moi. Statistiquement, j'imagine pourtant qu'il y en a un certain nombre qui ont déjà croisé ma route, par le passé, sans que je n'en sache rien. Mais pris globalement, je les connais, tous ces gens.
Combien de fois, déjà, les ai-je observés, dans le bus ? Combien de fois ai-je joué à imaginer leur vie, leurs préoccupations immédiates, leurs angoisses respectives, leurs rêves ? Combien de fois ai-je cherché à savoir ce qui se passait, à cet instant précis, d…

Écrire mes envies

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J'ai envie de marcher pieds nus, dans l'herbe du matin.  J'ai envie de sourire. J'ai envie d'avoir des heures libres devant moi, et à portée de main une pile de livres, de ces livres qui ont une odeur quand on les ouvre.
J'ai envie de soleil, avec une chaise-longue qui m'attend.
J'ai envie de chaleur, de framboises à cueillir.
Envie de nature, de montagnes, de pierres qui roulent sous les pieds.
Envie que la nuit vienne avant la fatigue, l'aube avant le réveil. Envie d'une soirée d'été, quand l'air est bon, et que l'on peut déambuler dans les rues illuminées de Paris, légèrement enivré, en chemise.
J'ai envie d'entendre le bourdon qui virevolte dans les fleurs du jardin. De voir la libellule sur l'étang.
Envie de suivre du regard le chat qui s'égare dans l'herbe, qui disparaît un moment, que je devine aux aguets, qui bondit puis se tourne, et s'en va chasser plus loin.
J'ai envie de jouer aux échecs avec m…

Le bonheur est insuffisant

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On connaît la formule. Il en faut peu pour être heureux. Je crois que c'est assez vrai. En omettant les accidents les plus tragiques que l'on rencontre au cours d'une existence - les drames humains auxquels nous sommes tous, à différents degrés, confrontés -, il suffit de peu de choses pour ressentir une certaine joie, un certain bien être. 
En cherchant "happiness" sur Google Images (ce qui m'a notamment permis de trouver l'illustration de cet article), on mesure bien qu'en matière de bonheur, il suffit souvent de presque rien. Les trois quarts des photos représentaient un homme ou une femme en train de lever les bras en l'air dans un rayon de soleil.
En suivant quelques règles, on peut vite se sentir en pleine forme. On peut vite atteindre un minimum ; en mangeant sainement, en dormant correctement, en respirant profondément.


Pourquoi donc sommes-nous si frustrés, si impatients, si désireux d'autre chose alors ? Tout simplement parce qu'…