Articles

Comme une évidence

Image
Il y a quelques semaines, j'ai vu un reportage sur Emmanuel Macron. Comme toujours - en particulier lors d'une campagne électorale -, je suis de près l'actualité politique, j'étudie la façon dont chacun des candidat exprime ses idées, je pèse le pour et le contre, ce qui me plaît et ce qui me déplaît. Mes historiques Youtube et Google sont pleins de mots tirés du champ lexical politique. Je regarde plusieurs fois chaque échange tendu entre untel et untel, etc. Dans ce reportage sur Macron, donc, j'ai été frappé par une formule qui revenait plusieurs fois. C'est une formule qu'il utilisait lui-même, pour décrire plusieurs moments clés de sa vie : "comme une évidence". 
Comme une évidence, sa rencontre avec sa professeure devenue son épouse. Comme une évidence, le fait de venir étudier les Lettres et la Philosophie à Paris. Comme une évidence, son besoin de s'engager politiquement. Comme une évidence, sa candidature actuelle à la plus haute fonc…

Retrouvez-moi sur Medium !

Image
Cliquez sur l'image pour lire les posts mes plus récents.

La foule familière de passants inconnus

Image
Je ne sais pas combien je croise de gens, tous les jours. Je vis dans le 11ème arrondissement de Paris, je travaille la plupart du temps dans le 13ème ou le 19ème. Mais je passe mes journées à bouger, à marcher d'une station de métro à l'autre, à monter des escalators, à en descendre. Cette foule d'étrangers qui passe sous mes yeux, quotidiennement, m'est familière. Pris individuellement, j'ai l'impression de n'avoir jamais croisé auparavant ces personnes qui passent par là, ce jour-là, comme moi. Statistiquement, j'imagine pourtant qu'il y en a un certain nombre qui ont déjà croisé ma route, par le passé, sans que je n'en sache rien. Mais pris globalement, je les connais, tous ces gens.
Combien de fois, déjà, les ai-je observés, dans le bus ? Combien de fois ai-je joué à imaginer leur vie, leurs préoccupations immédiates, leurs angoisses respectives, leurs rêves ? Combien de fois ai-je cherché à savoir ce qui se passait, à cet instant précis, d…

Écrire mes envies

Image
J'ai envie de marcher pieds nus, dans l'herbe du matin.  J'ai envie de sourire. J'ai envie d'avoir des heures libres devant moi, et à portée de main une pile de livres, de ces livres qui ont une odeur quand on les ouvre.
J'ai envie de soleil, avec une chaise-longue qui m'attend.
J'ai envie de chaleur, de framboises à cueillir.
Envie de nature, de montagnes, de pierres qui roulent sous les pieds.
Envie que la nuit vienne avant la fatigue, l'aube avant le réveil. Envie d'une soirée d'été, quand l'air est bon, et que l'on peut déambuler dans les rues illuminées de Paris, légèrement enivré, en chemise.
J'ai envie d'entendre le bourdon qui virevolte dans les fleurs du jardin. De voir la libellule sur l'étang.
Envie de suivre du regard le chat qui s'égare dans l'herbe, qui disparaît un moment, que je devine aux aguets, qui bondit puis se tourne, et s'en va chasser plus loin.
J'ai envie de jouer aux échecs avec m…

Le bonheur est insuffisant

Image
On connaît la formule. Il en faut peu pour être heureux. Je crois que c'est assez vrai. En omettant les accidents les plus tragiques que l'on rencontre au cours d'une existence - les drames humains auxquels nous sommes tous, à différents degrés, confrontés -, il suffit de peu de choses pour ressentir une certaine joie, un certain bien être. 
En cherchant "happiness" sur Google Images (ce qui m'a notamment permis de trouver l'illustration de cet article), on mesure bien qu'en matière de bonheur, il suffit souvent de presque rien. Les trois quarts des photos représentaient un homme ou une femme en train de lever les bras en l'air dans un rayon de soleil.
En suivant quelques règles, on peut vite se sentir en pleine forme. On peut vite atteindre un minimum ; en mangeant sainement, en dormant correctement, en respirant profondément.


Pourquoi donc sommes-nous si frustrés, si impatients, si désireux d'autre chose alors ? Tout simplement parce qu'…

D'un seul coup

Image
Oui, l'eau paraît froide quand on y plonge le pied, tout d'abord. De loin, sur la plage, la mer nous semblait pourtant séduisante. On s'en rapprochait le cœur léger, en foulant le sable, certain d'y trouver une fraîcheur revigorante. Mais c'est moins facile, à présent que l'on sent la froideur de l'eau ; à présent que l'on voit les vagues de près qui montent jusqu'aux genoux. 
Dans la vie, il arrive souvent qu'on soit d'abord attiré par une situation, un changement, du renouveau.  En s'en rapprochant, cela devient de plus en plus excitant, tentant. Puis, quand on initie ce changement bel et bien, on en perçoit soudain les limites, et il peut arriver qu'on hésite, ou qu'on regrette. 
Je n'étais pas si mal, finalement, sur ma serviette, au soleil, sur le sable chaud. J'avais mon bouquin, mes lunettes noires, mes amis. J'avais la paresse, l'allégresse, le plaisir de savourer les vacances. À présent je suis dans une p…

Un soir comme un autre

Image
Je suis assis sur une chaise, en bois. J'ai un verre de vin, sur ma droite. Et une barre de chocolat, sur ma gauche. Du chocolat aux noisettes entières, dont le packaging surfait me promet un délice sans précédent. J'ai gardé mes écouteurs en rentrant chez moi, et j'écoute donc toujours la même playlist que lorsque j'étais dans la rue, tout à l'heure, après avoir fait un saut vers les grands boulevards, pour souhaiter un bel anniversaire à mon neveu.  Six ans. Déjà.
C'est une vieille playlist de Spotify, qui me propose aléatoirement des musiques que j'écoutais il y a trois ou quatre ans. Des musiques, pour certaines, que je n'avais pas écoutées depuis trois ou quatre ans. C'est un jour comme un autre, et pourtant tu t'en vas. Elle était sortie de ma mémoire, cette vieille rengaine, écrite par Gainsbourg, chantée par Bardot. 
Je marchais, en rentrant chez moi, dans ces rues parisiennes plongées dans la nuit hivernale. Il y avait des gens qui riai…