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Internet, ce grand donneur de Leçons


Je suis revenu de Russie avec des souvenirs, des photos de Saint-Pétersbourg par centaines, un teint légèrement hâlé (oui, c'est injuste, je sais, mais au Nord-Est de l'Europe, il fait très beau en ce moment), ainsi qu'avec une phrase qui me revient sans cesse à l'esprit depuis :

Ne crois pas, ne crains pas, ne demande pas”. Cette triple injonction m'a été confiée par un homme rencontré là-bas, avec lequel nous avons beaucoup échangé, Julie et moi. C'est une phrase qui est bien connue des Russes, apparemment : “Не Верь, Не Бойся, и Не Проси”.

Fais pas ci, fais pas ça

Sur Internet, on trouve des injonctions à foison. Il suffit d'errer quelques minutes sur Pinterest, par exemple, pour lire plusieurs citations philosophiques invitant à faire ceci, ou à faire cela. Les internautes raffolent de ces commandements. Le paradoxe est qu'il est souvent question de liberté, d'indépendance, d'autonomie… le tout à la forme impérative : 

Soyez libres, n'écoutez pas tout ce que les gens vous disent, refusez d'obéir, vivez votre propre vie, ne passez pas à côté !”, etc. Les gens aiment lire ces propos péremptoires. J'en ai même fait un board : les citations existentielles creuses. Sur Internet, on aime donner et recevoir des leçons de vie. C'est comme ça.
La première injonction devrait être la suivante : NE LISEZ PLUS LES AUTRES INJONCTIONS !


Cela étant, je me dis qu'il peut être rassurant d'avoir quelques principes fondateurs, quelques citations fortes, pour vivre sa vie. C'est important d'avoir un idéal. Cela permet notamment de se motiver [lire : “il ne tient qu'à moi].

Et je suis le premier à passer du temps sur TumblR, pour trouver l'inspiration.

À la recherche de la sagesse

J'en reviens à cette formule saint-pétersbourgeoise : “ne pas croire, ne pas craindre, ne pas mendier”.
Pour ce qui concerne le premier point, je pense que mon athéisme et le sens critique forgé au fil du temps - au cours de mes études notamment - me protège plutôt [Même si ne jamais faire confiance à personne et douter de tout est une absurdité encore plus grande].


Pour le deuxième point - “ne pas craindre” - j'ai peut-être encore quelques efforts à faire. Je suis loin de Tom Sawyer (“il n'a peur de rien, c'est un Américain”), et il m'arrive trop souvent d'être sur mes gardes. Je pourrais me contenter de parler de ma peur en avion, par exemple, même si je fais des progrès, année après année (mon vol pour Saint-Pétersbourg s'est passé sans trop de problèmes). 

Enfin, pour le troisième point, je suis plutôt en désaccord. Je préfère écouter Brassens : “ce n'était rien qu'un peu de pain, mais il m'avait chauffé le corps, et dans mon âme il brûle encore, à la manière d'un grand festin”. Pouvoir compter sur les autres, se faire confiance, ne pas vivre en loup solitaire. Être reconnaissant.

What about you?

Je ne sais pas si vous avez, vous, des phrases qui vous reviennent, souvent. Des citations, des aphorismes, des principes, des proverbes fondateurs. 

L'essentiel, sans doute, est de parvenir, au fil du temps, à inventer les siens. Devenir l'auteur de ses propres maximes.



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