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Notre mobile monopolise notre attention

Partout, tout le temps, du premier au dernier moment de la journée, le mobile est là. On se réveille, on l'attrape sur la table de chevet pour checker les premiers mails de la journée, répondre aux sollicitations éventuelles, jeter un œil à son Facebook. On le range dans sa poche ou dans son sac à main, quand on part de chez soi. Il nous accompagne dans les transports en commun. Puis se retrouve  sur le bureau, sur la table de réunion, ou sur celle du bistrot/café ; en mode “silencieux”, bien entendu. 

150 fois par jour : mobilisation générale

Silencieusement, insidieusement, il est là. Omniprésent. Ses vibrations savent attirer notre attention, en un quart de seconde. Le mobile est omnipotent. Le mobile mobilise. Les études s'accordent à dire que nous regardons en moyenne notre téléphone 150 fois par jour. Chacun peut s'en rendre compte, à sa façon : chaque SMS, chaque mention, chaque alerte, chaque notification vous invitent à revenir à lui. Le mobile ne supporte pas d'être délaissé, il a besoin d'attention, continuellement.

On le sait, c'est devenu une maladie, pour certains : la nomophobie (contraction de “no mobile” et “phobie”, ou la peur de n'avoir pas son mobile avec soi). Il est difficile d'imaginer une journée sans cet objet du quotidien qui sert à la fois de réveil, de radio, de boite mails, de GPS personnalisé, de moteur de recherche, de lecteur de musique, et j'en passe.

Ma vie entière s'effondre. - Ne t'inquiète pas, on va retrouver ton iPhone.

150 fois par jour, donc. Pour le moins. Le mobile monopolise, immobilise. Il fige le moment pour que nous nous concentrions pleinement à lui. Et cela peut faire du grabuge. Les notifications continuelles finissent par poser de vrais problèmes : dans le domaine professionnel, par exemple.

Un salarié distrait toutes les 11 minutes

Une étude a montré qu'un salarié était interrompu dans une tâche (par un mail, un coup de fil, ou une notification, justement) toutes les 11 minutes, en moyenne. Pour les plus connectés d'entre nous, cette moyenne passe à 3 minutes (lire : Au bureau, les travailleurs hyper-connectés distraits toutes les trois minutes).

Trois minutes pures, sans interruption ; trois minutes seulement pour se concentrer pleinement à sa tâche. Ça fait peu. Surtout quand on sait qu'il faut 23 minutes à un employé pour s'y remettre totalement, après une distraction - comme le souligne Gloria Mark, de l'université de Californie, spécialiste des “digital distractions” (lire cet article du Wall Street Journal : Workplace Distractions: Here's Why You Won't Finish This Article).


Donc apprenons, autant que possible, à nous passer de ces appareils certains jours, ou certaines matinées, au moins. Posons ce mobile. Coupons les ponts, le temps d'une respiration, d'un livre, ou d'une discussion. Le temps d'un moment de vie simple, sans interruption, sans notification, sans mobilisation de notre attention. Juste un moment.


Commentaires

  1. Et oui, nous sommes tous des mobiles addicts à 80%. Mais jusqu'à quand avec cette rapidité de l'évolution technologique?

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