Accéder au contenu principal

Un soupir d'automne

Passent les jours, et passent les semaines. Cette étrange sensation d'avoir déjà vécu une centaine de fois ce retour de l'automne. J'ai déjà envie de sortir le radiateur du placard. De ranger mes vêtements d'été sous le lit et de m'emmitoufler dans des pulls chauds et des écharpes soyeuses. 

Ça vient super vite, cette envie d'infusion, de plaid, de série à deux sous la couette. En même temps, viennent ces impressions familières, ces parfums, cette atmosphère automnale. Ces lumières, quand le soir tombe plus tôt et que les phares des voitures et des feus tricolores dansent autour des passants. Si seulement Rimbaud ou Verlaine étaient encore là pour mettre les mots sur ces sensations-là. 

Suis-je bête ? Ils sont encore là :

"Et l'air a l'air d'être un soupir d'automne,
Tant il fait doux par ce soir monotone".
Paul Verlaine

Je mesure aujourd'hui à quel point cette saison m'a souvent inspiré des billets. Un automne jonché de tâches de rousseur. Un automne dont on sent les prémices. Un automne où tout semble en suspension


Sans parler bien sûr de ce billet où je cite Rostand : un triste beau jour de septembre

Je sais, d'avance, qu'en marchant ce soir, je vais revivre ce concert d'émotions diverses, que mes sens vont de nouveau se trouver dans l'ébullition des feuilles mortes, de la brise, de la pluie fine, des flaques et de la douce mélancolie. 

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Ni pour, ni contre, bien au contraire

C ela fait un moment qu'aucun mot n'a été écrit sur ce blog. Les années passent. Je perds cette - bonne - habitude. Plus globalement, je partage moins mes pensées, mes envies, mes doutes sur les médias sociaux. J'ai un peu du mal à me positionner dans les débats quotidiens, un peu du mal à entrer dans l'arène des polémiques diverses, des controverses incessantes. Je n'ai plus envie ni d'être pour, ni d'être contre. Je ne réclame ni la démission d'untel, ni ne m'emballe pour le respect de la présomption d'innocence.  Je rêve de nuance, de précision, d'intelligence, de juste mesure. Je rêve de discussions, de conversations, où l'on prend autant de l'autre qu'on ne contribue soi-même à faire avancer une juste cause. Les duels exacerbés, systématiques, m'usent peu à peu. J'imagine que je ne suis pas le seul dans cette situation, à contempler sans mot dire les violentes échauffourées des plateformes sociales. Le temps de la jou

Puisqu'il faut vivre avec

J e ne sais même pas par où il faudrait commencer. Ce n'est finalement pas simple d'écrire face à une situation inédite, imprévisible, surprenante, historique. J'ai plutôt l'habitude de décrire ici de petits aspects du quotidien, de partager des réflexions personnelles, sans grande prétention. Soudain, le monde s'écroule. Tenir un blog en pleine crise sanitaire mondiale apparaît quelque peu illusoire.  J'écrivais pourtant, sur ce même blog, il y a plusieurs années maintenant, ce sentiment de vivre depuis ma naissance le temps des crises perpétuelles . J'entendais parler depuis toujours - du moins était-ce mon sentiment - de crise. Crise de l'éducation nationale, crise du travail, crise identitaire, crise de l'hôpital, crise écologique bien sûr, crise migratoire, crise économique, j'en passe et des meilleurs. La crise était devenue la norme. Et c'est de nouveau le cas, il me semble. Nous vivons l'époque d'une crise continue.

Derrière les mots et les images des médias sociaux

J amais il n'y avait eu de si longues périodes de silence sur mon blog. Aucun post depuis février. Je crois que j'avais besoin de prendre un peu de recul. De m'interroger aussi sur ma présence en ligne. Allez savoir si c'est l'âge - le mien, d'ailleurs, ou celui d'Internet - ou autre chose encore : mais on finit par se poser des questions sur ces mots qu'on donne à lire. C'est sans doute à force de consulter les plateformes sociales. Toutes ces images, ces vidéos, ces sourires affichés, qu'on voit quotidiennement. En sachant aussi ce qu'ils cachent. C'est notre époque : nous possédons des outils de plus en plus performants pour communiquer, mais ce que nous communiquons est souvent loin de ce qui nous anime véritablement. Souvent loin de ce que nous sommes. En résulte sans doute parfois un certain mal-être, qui est compensé par ces mêmes outils numériques nous offrant des solutions de méditation ou des cures de sommeil. C'est la montr