Accéder au contenu principal

À dire vrai

Il serait sans doute impossible - serait-ce seulement souhaitable ? - de vivre en se consacrant toujours à l'essentiel. Ne rien entreprendre qui ne réponde à un motif profond, fondamental. S'efforcer sans cesse de faire du bien, agir selon des principes réfléchis et honnêtes, abandonner toute vanité et tout désir superflu.

On prend un risque à se montrer sincère. Si je confiais aux gens que j'aime mes sentiments à leur égard, si j'insistais pour leur dire à quel point ils sont importants à mes yeux, à quel point j'aimerais passer plus de temps à leurs côtés, je pense qu'ils s'inquiéteraient ; ils me supposeraient un mal inconnu, fatal. Basile, tu es sûr que ça va ? Il est inhabituel de s'entendre dire que l'on compte aux yeux de quelqu'un.

J'ai parfois l'envie d'écrire vingt messages, sur Facebook, aux vingt personnes qui comptent le plus pour moi. Raconter quelques souvenirs précieux, à jamais inscrits dans ma mémoire, des souvenirs qui m'ont fait, tel que je suis. Des souvenirs qui alimentent encore mes rêves, certaines nuits. Pourtant, je pense que je serais moi-même surpris, et suspicieux, si je recevais dans mon inbox un message soudain, plein de sentiments inavoués.

Il n'est pas simple de dire vrai

Le plaisir du jeu, et de l'écriture, c'est de pouvoir envisager tous les possibles. Tenter, oser, essayer, échouer, retenter, avouer. Vivre au sens fort, en fin de compte. Sans avoir peur d'un game over dévastateur. Sans craindre quoi que ce soit. Ne redouter aucun jugement, aucune conséquence.

"L'essentiel est sans cesse menacé par l'insignifiant", écrivait René Char. 
Ce soir, je suis d'accord avec lui.
© illustration : http://www.demilked.com/matching-backgrounds-tiny-tattoos-austin-tott/

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Putain, dix ans

© illustration   Heart Machine C ela fera dix ans cette année. Dix ans que j'ai créé ce blog. Le premier post de L'avenir est à réinventer  a été publié en octobre 2009. Des centaines ont suivi. J'ai parlé de philosophie, de littérature , de poésie . J'ai parlé de l'évolution des technologies, des médias sociaux, et de politique. J'ai parlé de ma vie, plus ou moins explicitement, de mes amours, de mes amis, de mes emmerdes. De mon spleen, parfois ; de mes espoirs, souvent.  De nombreuses personnes ont laissé des commentaires, ont réagi, ont répondu, m'en ont parlé quand je les rencontrais. Certains de mes billets trouvaient un écho particulier. J'ai reçu des messages auxquels je ne m'attendais pas. Ça m'a encouragé à poursuivre. J'ai fait des rencontres, grâce à ces mots que je postais en ligne. Des gens qui me connaissaient peu ont pu découvrir des points communs, des intérêts partagés.  Je vais continuer. Continuer d'éc

Ni pour, ni contre, bien au contraire

C ela fait un moment qu'aucun mot n'a été écrit sur ce blog. Les années passent. Je perds cette - bonne - habitude. Plus globalement, je partage moins mes pensées, mes envies, mes doutes sur les médias sociaux. J'ai un peu du mal à me positionner dans les débats quotidiens, un peu du mal à entrer dans l'arène des polémiques diverses, des controverses incessantes. Je n'ai plus envie ni d'être pour, ni d'être contre. Je ne réclame ni la démission d'untel, ni ne m'emballe pour le respect de la présomption d'innocence.  Je rêve de nuance, de précision, d'intelligence, de juste mesure. Je rêve de discussions, de conversations, où l'on prend autant de l'autre qu'on ne contribue soi-même à faire avancer une juste cause. Les duels exacerbés, systématiques, m'usent peu à peu. J'imagine que je ne suis pas le seul dans cette situation, à contempler sans mot dire les violentes échauffourées des plateformes sociales. Le temps de la jou

Il Est Toujours Temps D'Apprendre

I l y a quelques semaines, j'ai vu une conférence dans laquelle l'intervenant, Oussama Ammar, demandait s'il y avait dans l'assistance des personnes qui faisaient du sport régulièrement. De nombreuses mains se sont levées. De fait, de plus en plus de monde pratique une activité sportive, il suffit de croiser tous les runners  dans les parcs ou le long des avenues pour s'en rendre compte. L'intervenant soulignait que ce phénomène était finalement assez récent. Pendant longtemps, faire du sport régulièrement était une pratique qui se limitait à deux catégories de la population : les enfants, et les professionnels. Désormais, le sport se généralise. Il poursuivait en annonçant que le même phénomène allait se produire pour la Formation. Aujourd'hui encore, se former, apprendre, étudier, se limite généralement aux deux mêmes catégories de population : les enfants, à l'école, et les professionnels. Pourtant, rien n'est plus simple. Pour la premi