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Vienne la nuit

La nuit, déjà. Je suis resté un long moment à ma fenêtre, à la regarder tomber. J'entendais les cloches dans le lointain, et je contemplais la cour, les voisins. Puis le ciel confusément chargé de nuages, que le soir colorait enfin. Mon regard s'attardait sur les choses, comme quand j'étais enfant, et que j'attendais mes parents, sur le balcon. Il y a toujours quelque chose à regarder. Toujours quelque chose à voir, pour quelqu'un qui attend.

C'est ce qui fait la force d'Internet, d'ailleurs ; on peut y rester un temps fou, sans y trouver rien de fondamentalement intéressant. Mais sans que cela ne nous pose de véritable problème, non plus. Je viens par exemple d'apprendre que Mark Zuckerberg a expliqué qu'il ne changeait jamais de t-shirt pour ne pas avoir à se poser de question inutile ou futile quand il se réveille le matin. De la même façon, il prend toujours le même petit-déjeuner, avec les mêmes aliments, afin de pouvoir se concentrer sur ce qui importe à ses yeux, je cite : "servir la communauté".

Alors je suis allé sur mon Facebook, plein de gratitude envers cet homme à peine plus âgé que moi,  déjà multi-millionnaire, qui sacrifie son style vestimentaire et son alimentation matinale afin de me proposer le meilleur service possible. Après une vingtaine de minutes d'ennui, à scroller inutilement mon news feed, j'en suis arrivé à la conclusion qu'il ferait mieux de renouveler sa garde-robe.

Je ne savais pas quoi raconter sur ce blog, aujourd'hui. J'ai ouvert deux ou trois bouquins, sans qu'aucune formule suffisamment puissante ne m'inspire un billet. J'ai soupiré, de dépit. Puis j'ai farfouillé dans mon propre blog. Dans mes premiers articles, qui ne datent pas d'hier. C'est assez étrange, comme sensation : car je savais bien, lorsque j'écrivais en 2009, que je me relirai probablement un jour, quelques années plus tard. Et ça fait déjà cinq ans. Et j'entends de fait l'écho de ma voix. Et j'ai envie de lui répondre, à ce jeune "moi" qui s'interroge sur la vie, du haut de ses vingt-trois ans. Même si je ne sais pas bien ce que j'aurais envie de lui dire. De me dire. Cinq ans plus tard.

Ce que je constate, en tout cas, c'est qu'il m'arrivait déjà de m'ennuyer ferme, certains dimanches.

Commentaires

Anonyme a dit…
La force d'internet positive ou non.... bref .... j'aime vos articles, vos regards sur la vie, merci .
Basile a dit…
Merci à vous pour ce commentaire, qui fait chaud au cœur. ;)

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