Accéder au contenu principal

Si je me compare à mon iPhone…

On mesure mal, je trouve, tout ce qu'on demande à nos appareils, quotidiennement. Un soir récent - j'étais fatigué alors - j'ai pensé à ça, et j'ai commencé à imaginer mon corps comme une machine similaire, perdue au milieu de l'offre numérique, sur un étalage de la Fnac (j'étais probablement très fatigué, ce soir-là). 

Caractéristiques techniques et dimensions

Je suis disponible en blanc, uniquement, cheveux châtains, yeux marron clair. Je mesure 1m80. Je suis tactile, je réagis à différents stimuli. J'ai une capacité de stockage d'informations relativement colossale, mais qui tend à faiblir à partir d'un certain âge. J'ai une autonomie de quinze heures, environ : ensuite, il est nécessaire de me mettre en veille pendant 6 à 7 heures, minimum. Autrement, je tourne au ralenti et je lag à mort. 

Je suis relativement fragile, même si mon enveloppe corporelle se régénère d'elle-même en cas de rayures superficielles, ce qu'aucun appareil électronique n'est encore capable de faire. C'est bien mieux qu'un simple revêtement oléophobe qui résiste aux traces de doigts.

Bon, mais je dois reconnaître que je n'ai aucun écran, aucun appareil photo intégré. Pas de filtre infrarouge hybride. Ni aucune caméra. Je ne vois pas la nuit et je ne suis pas capable de générer de moi-même une lumière soudaine, pour éclairer mon environnement. Je n'ai pas d'accès Internet par défaut. Aucun réseau cellulaire intégré. Je suis également incapable de calculer 23938,3348 x 288374,462 / 343726 x 3289,6 en moins de trois jours. Alors que mon iPhone m'indique le résultat sans rechigner. 

Toutefois, en dehors des calculs mathématiques compliqués, je réponds (au moins approximativement) aux questions qu'on me pose, comme Siri. Je peux analyser un propos, en comprendre le sens, et porter un raisonnement cohérent. Je peux aussi reconnaître certains morceaux de musique en quelques notes à peine. Mais à partir d'une liste limitée, que l'on peut mettre à jour heureusement, régulièrement.

Capteurs

Je suis doté d'un grand nombre de capteurs. Cela me permet d'entendre, de voir, de toucher, de sentir, de percevoir. J'ai l'équivalent d'un accéléromètre, d'un gyromètre, d'un détecteur de proximité, ainsi que d'un capteur de luminosité ambiante. J'ai un bon sens de l'orientation, mais sans doute moins  efficace que Google Maps, je l'admets. Je peux comprendre également qu'un danger imminent me menace. Je peux - sous certaines conditions - m'en prémunir. Et ça, c'est quand même pas mal.

Je suis waterproof, mais si vous me laissez plus de 5 minutes complètement immergé, je risque d'être définitivement inutilisable. 

Mon gros avantage (en toute humilité), c'est que je suis parfaitement sans fil. Aucun connecteur d'aucune sorte. Le seul câble dont j'étais doté a été coupé quelques secondes après ma naissance. Et je m'en porte très bien, d'ailleurs. Je n'ai même pas besoin de chargeur, il suffit de me poser dans un endroit confortable le temps nécessaire, et je recharge mes batteries de façon autonome. Mais, contrairement à un smartphone ordinaire, il est nécessaire de me nourrir plusieurs fois par jour, ce qui est potentiellement assez contraignant.

Vous pouvez me comparer, si le cœur vous en dit. Même si je ne suis pas sûr que vous me choisirez, en définitive. D'autant que je suis encore plus hors de prix qu'une machine fabriquée par Apple en Californie. C'est vous dire…

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Ni pour, ni contre, bien au contraire

C ela fait un moment qu'aucun mot n'a été écrit sur ce blog. Les années passent. Je perds cette - bonne - habitude. Plus globalement, je partage moins mes pensées, mes envies, mes doutes sur les médias sociaux. J'ai un peu du mal à me positionner dans les débats quotidiens, un peu du mal à entrer dans l'arène des polémiques diverses, des controverses incessantes. Je n'ai plus envie ni d'être pour, ni d'être contre. Je ne réclame ni la démission d'untel, ni ne m'emballe pour le respect de la présomption d'innocence.  Je rêve de nuance, de précision, d'intelligence, de juste mesure. Je rêve de discussions, de conversations, où l'on prend autant de l'autre qu'on ne contribue soi-même à faire avancer une juste cause. Les duels exacerbés, systématiques, m'usent peu à peu. J'imagine que je ne suis pas le seul dans cette situation, à contempler sans mot dire les violentes échauffourées des plateformes sociales. Le temps de la jou

Il Est Toujours Temps D'Apprendre

I l y a quelques semaines, j'ai vu une conférence dans laquelle l'intervenant, Oussama Ammar, demandait s'il y avait dans l'assistance des personnes qui faisaient du sport régulièrement. De nombreuses mains se sont levées. De fait, de plus en plus de monde pratique une activité sportive, il suffit de croiser tous les runners  dans les parcs ou le long des avenues pour s'en rendre compte. L'intervenant soulignait que ce phénomène était finalement assez récent. Pendant longtemps, faire du sport régulièrement était une pratique qui se limitait à deux catégories de la population : les enfants, et les professionnels. Désormais, le sport se généralise. Il poursuivait en annonçant que le même phénomène allait se produire pour la Formation. Aujourd'hui encore, se former, apprendre, étudier, se limite généralement aux deux mêmes catégories de population : les enfants, à l'école, et les professionnels. Pourtant, rien n'est plus simple. Pour la premi

Parler vrai

Q uelques semaines après avoir commencé la vie active, lorsque j'avais vingt-quatre ou vingt-cinq ans, une grande campagne de communication a été lancée dans la banque où je travaillais comme Social Media manager.  Des affiches, des spots TV, des publicités online, des dispositifs innovants… l'artillerie lourde avait été sortie pour mettre en avant une formule qui devait marquer les esprits et convaincre, dans un contexte de défiance vis-à-vis des institutions financières.  Cela se résumait à deux mots : Parlons Vrai . Cette formule m'est revenue à l'esprit récemment.  Bien sûr, beaucoup de choses ont changé depuis. La crise de 2008 est loin derrière nous, la communication n'est plus le cœur de mon activité professionnelle, j'ai quitté la banque en question et, plus généralement, de l'eau a coulé sous les ponts. J'ai pourtant repensé à ces deux mots, mis l'un à côté de l'autre : "Parler vrai". Il arrive, si souvent