Accéder au contenu principal

Se sentir juste bien

Il est des moments de la vie où l'on aspire à de belles et grandes expériences, à des passions brutales, à des événements sans précédent ; des moments où l'on peste contre la monotonie, contre le quotidien, contre la morosité de l'existence.

Des moments où l'on a besoin d'air, voire de feu. Des moments où l'on rêve d'une aventure soudaine (quoique confortable), qui viendrait vous sortir de cet état-là, faisant de vous le héros, ou l'héroïne, d'un roman qui commence tout juste - il était temps ! - à s'écrire.

Il arrive en effet qu'on se sente embourbé dans l'époque, confronté à l'ennui grandissant, piégé par l'incuriosité. Il ne se passe rien. Ah ! Si seulement il se passait quelque chose. N'importe quoi. Juste un instant. Un instant seulement. Pour sortir de là.                                      


Il y a d'autres moments où l'on est bien. C'est mon état présent. Rien ne me contrarie, rien ne m'agace, rien ne me chiffonne. Il n'y a aucune phrase qui résume mieux mes pensées que celle que composent ces trois mots : Je suis bien. Pas excessivement bien non plus ; point d'orgasme, ni d'allégresse extrême. Pas d'euphorie, ni d'apothéose. Je suis juste bien.

Arthur Rimbaud a très bien décrit cela, dans ses Illuminations :

"C'est le repos éclairé, ni fièvre ni langueur, sur le lit ou sur le pré.
C'est l'ami ni ardent ni faible. L'ami.
C'est l'aimée ni tourmentante ni tourmentée. L'aimée.
L'air et le monde point cherchés. La vie.
- Était-ce donc ceci ?
- Et le rêve fraîchit".




On vit suffisamment d'émotions au cours de son existence (voir l'image ci-dessus) pour savoir apprécier les instants de plénitude simple. Ces instants où l'on fout un peu la paix à notre cœur, ou l'on cesse de lui infliger stress ou passion.

C'est sans doute très sain de savoir apprécier ces instants-là. Les instants de rien, qui, là encore, sont tout.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Putain, dix ans

© illustration   Heart Machine C ela fera dix ans cette année. Dix ans que j'ai créé ce blog. Le premier post de L'avenir est à réinventer  a été publié en octobre 2009. Des centaines ont suivi. J'ai parlé de philosophie, de littérature , de poésie . J'ai parlé de l'évolution des technologies, des médias sociaux, et de politique. J'ai parlé de ma vie, plus ou moins explicitement, de mes amours, de mes amis, de mes emmerdes. De mon spleen, parfois ; de mes espoirs, souvent.  De nombreuses personnes ont laissé des commentaires, ont réagi, ont répondu, m'en ont parlé quand je les rencontrais. Certains de mes billets trouvaient un écho particulier. J'ai reçu des messages auxquels je ne m'attendais pas. Ça m'a encouragé à poursuivre. J'ai fait des rencontres, grâce à ces mots que je postais en ligne. Des gens qui me connaissaient peu ont pu découvrir des points communs, des intérêts partagés.  Je vais continuer. Continuer d'éc

Ni pour, ni contre, bien au contraire

C ela fait un moment qu'aucun mot n'a été écrit sur ce blog. Les années passent. Je perds cette - bonne - habitude. Plus globalement, je partage moins mes pensées, mes envies, mes doutes sur les médias sociaux. J'ai un peu du mal à me positionner dans les débats quotidiens, un peu du mal à entrer dans l'arène des polémiques diverses, des controverses incessantes. Je n'ai plus envie ni d'être pour, ni d'être contre. Je ne réclame ni la démission d'untel, ni ne m'emballe pour le respect de la présomption d'innocence.  Je rêve de nuance, de précision, d'intelligence, de juste mesure. Je rêve de discussions, de conversations, où l'on prend autant de l'autre qu'on ne contribue soi-même à faire avancer une juste cause. Les duels exacerbés, systématiques, m'usent peu à peu. J'imagine que je ne suis pas le seul dans cette situation, à contempler sans mot dire les violentes échauffourées des plateformes sociales. Le temps de la jou

Il Est Toujours Temps D'Apprendre

I l y a quelques semaines, j'ai vu une conférence dans laquelle l'intervenant, Oussama Ammar, demandait s'il y avait dans l'assistance des personnes qui faisaient du sport régulièrement. De nombreuses mains se sont levées. De fait, de plus en plus de monde pratique une activité sportive, il suffit de croiser tous les runners  dans les parcs ou le long des avenues pour s'en rendre compte. L'intervenant soulignait que ce phénomène était finalement assez récent. Pendant longtemps, faire du sport régulièrement était une pratique qui se limitait à deux catégories de la population : les enfants, et les professionnels. Désormais, le sport se généralise. Il poursuivait en annonçant que le même phénomène allait se produire pour la Formation. Aujourd'hui encore, se former, apprendre, étudier, se limite généralement aux deux mêmes catégories de population : les enfants, à l'école, et les professionnels. Pourtant, rien n'est plus simple. Pour la premi