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Heureusement que j'ai accès à vos données personnelles

Souvent, quand on évoque les "données personnelles" ou le concept de "vie privée", on a l'impression de savoir précisément de quoi l'on parle. On veut préserver son intimité, son for intérieur, ses convictions profondes, voire son anonymat. On ne veut surtout pas qu'une entreprise, ou que l'État, possède ces infos précieuses qui nous caractérisent

Mais pour être tout à fait honnête, je trouve que ce n'est pas si évident de savoir ce qui constitue précisément une "donnée personnelle". Ce n'est pas la définition de wikipedia qui va beaucoup m'aider, en l'occurrence : “les données personnelles sont les informations qui permettent d'identifier directement ou indirectement une personne physique”. 

Données secrètes

Selon cette définition, il est certain que de nombreuses entreprises - et l'État, je n'en parle même pas - possèdent depuis longtemps mes données personnelles. Ça doit être plus complexe que ça, forcément. Plus intime. Plus secret. Puisque tout le monde en parle, et puisque que Facebook ou Google font tout ce qui est en leur pouvoir pour les récupérer. 

Une donnée personnelle, si on prolonge cette définition, c'est ce qui me distingue. C'est ce qui me différencie. Ce qui fait mon individualité. 


Mais ce n'est pas forcément confidentiel. Il y a de nombreuses données tout à fait personnelles que je partage à longueur de temps sur les médias sociaux et dont aucune entreprise ne pourra jamais rien faire. Et c'est pareil pour tout le monde, hein.

Si vous ne voyez pas de quoi je parle, en voici 62 exemples :


Une donnée personnelle n'est pas nécessairement secrète. On a le droit de la partager. Ça ne pose même aucun problème en soi. 

Il faut juste faire attention aux données qui peuvent être utilisées contre nous. Dire sur Foursquare qu'on se trouve à l'autre bout du monde jusqu'à mardi prochain, puis donner son adresse sur Twitter, après avoir indiqué sur Instagram qu'on avait un écran plasma chez soi, c'est s'exposer à un cambriolage, par exemple.

Privés de vie privée

Il y a quelques règles de bon sens, si on souhaite préserver son identité, ou ses secrets. Mais on oublie trop souvent de quoi on parle précisément, quand on aborde la question de "la vie privée". N'oubliez pas le fameux concept de l'extimité, qui permet de se livrer en partie, sans trahir son for intérieur. 

Sachons être vigilants, sur les questions des données personnelles, et sur notre droit à la vie privée : “Nul ne sera l'objet d'immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d'atteintes à son honneur et à sa réputation. Toute personne a droit à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de telles atteintes”. Autrement, nous serons privés de vie privée ; mais gardons néanmoins à l'esprit que les données personnelles sont - pour certaines - tout à fait partageables

Un monde où personne ne partagerait jamais de données personnelles avec les autres serait un monde aseptisé, un monde où plus rien ne serait jamais "personnel", justement. Sans distinction. Sans différence. Sans originalité. Un monde ennuyeux. Souvenons-nous, en effet, de la phrase de Nietzsche : “seul ce qui est personnel est éternellement irréfutable”. 


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