Accéder au contenu principal

Le futur coûte 3,2 milliards de dollars

C'est l'histoire d'un homme qui, après avoir inventé l'iPod au service d'Apple, comprend que l'avenir des nouvelles technologies repose sur les objets connectés - en particulier les objets domestiques - et se met à travailler sur un thermostat et un détecteur de fumée intelligents.

Cet homme s'appelle Tony Fadell, et son entreprise - baptisée Nest - vient d'être rachetée par Google pour la modique somme de 3,2 milliards de dollars (pour info, c'est la troisième plus grosse acquisition du géant du net). Dans toutes les conférences auxquelles a participé Tony Fadell, la même question revenait, encore et encore : “comment, vous, l'inventeur de l'iPod avec Steve Jobs, pouvez-vous aujourd'hui investir autant d'énergie et d'argent dans le développement de thermostats, aussi intelligents soient-ils ?”.

La maison connectée, by Google

Cette question semblait légitime. Il faut croire que la réponse apportée par cet entrepreneur a su convaincre - au moins - quelques personnes haut placées chez Google. À tel point que la question qui se pose à présent est celle-ci : “comment ne pas voir que l'avenir des nouvelles technologies se situe justement là ?”. 

Si on y réfléchit à deux fois, on peut se dire, en effet, qu'un thermostat intelligent a sa place dans toutes les maisons : c'est un objet discret qui peut, de facto, vous faire économiser de l'argent, en adaptant votre consommation d'énergie en fonction de vos habitudes de vie. Nest permet, en sus, de gérer à distance le chauffage de votre domicile, via une application mobile dédiée.

Pour ce qui concerne le détecteur de fumée, je pense que c'est un peu plus accessoire a priori, mais aussi plus rassurant. Ceux qui existent pour le moment sur le marché sont juste horribles : ils se mettent à produire une alarme assourdissante dès que vous vous faites un steak haché. 


Surtout, j'ai beau me creuser la cervelle depuis hier soir, je ne vois pas tellement d'autres objets qui mériteraient - plus que ceux-ci - d'être connectés à Internet, accessibles à distance et “intelligents”. Un frigo, un micro-ondes, un aspirateur, why not. Mais le thermostat, ça fait vraiment sens, immédiatement, je pense. Et encore une fois, ça vous permet d'économiser de l'argent, à terme.

Big Data Is Watching You

Bien entendu, pour Google, c'est aussi une façon de récupérer des données précieuses sur votre mode de vie, vos habitudes, l'heure à laquelle vous vous couchez, dans quelle pièce vous vous trouvez à tel ou tel moment, etc. Plusieurs internautes l'ont compris, et c'est la raison pour laquelle les responsables de la communication de Nest n'ont pas attendu pour rassurer les consommateurs sur ce point. 

Will Nest customer data be shared with Google?
Our privacy policy clearly limits the use of customer information to providing and improving Nest's products and services. We've always taken privacy seriously and this will not change.

Ainsi, les données récupérées ne seraient utilisées que pour améliorer les systèmes développés par Nest, et non à des fins commerciales, par Google. Je pense que nous avons le droit d'être septiques. Surtout de la part de Google. Surtout pour 3,2 milliards de dollars.



Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

L'image parle d'elle-même

35 % des Français interrogés par TNS Sofres  (en juin 2012) affirment avoir déjà posté plus de 100 photos en ligne. Un chiffre parmi d'autres, bien sûr, mais qui illustre assez bien notre époque : celle de la prééminence de l'image . La photographie avait déjà une place de choix dans les années 1980 ou 1990, c'est certain, mais elle est devenue une pièce maîtresse de la conversation .  L'image, élément de langage Comme le souligne très justement André Gunthert dans cet article  (que je vous recommande) : “ pour la première fois de son histoire, la photographie traditionnelle est devenue une pratique de niche au sein d'un univers plus vaste, structuré par les mobiles et les réseaux sociaux : l'image communicante ”. Et de rappeler qu'en France, en 2011, il se vendait 4,6 millions d'appareils photographiques (deux fois plus qu'à la fin des années 1990) contre 12 millions de smartphones. Le mobile et les réseaux sociaux sont de fait les

Remplacer “Week-End” par un mot français

T ous les lundis, on trouve des gens pour se plaindre . Et tous les vendredis, des gens pour se réjouir. C'est devenu habituel, commun, systématique. Des sites ont même été créés dans cet esprit.  http://estcequecestbientotleweekend.fr par exemple. Bien entendu, il y a des exceptions . Il y a des gens qui ne travaillent pas, ou des gens qui travaillent à temps partiel, voire des gens qui travaillent uniquement le week-end. Cela étant, on retrouve quand même ce rythme, éternel.  Ce qui est assez fou, quand on y pense, c'est que depuis le temps, personne n'a été capable en France de trouver un nom pour désigner le week-end . On utilise ce terme 150 fois par an, dans nos conversations, sans chercher à le remplacer par une expression made in France .  Bientôt le SamDim “Fin de semaine”, la traduction littérale de “week-end” désigne finalement le jeudi et le vendredi, dans le langage courant. Il faut donc trouver autre chose :  Je propose Samdim

Message reçu, message lu : le cauchemar moderne

D ésormais, sur la quasi-totalité des réseaux sociaux et des moyens de communication modernes, vous avez la possibilité de savoir quand votre interlocuteur a reçu (et lu) votre message . Dans un temps fort lointain, les lettres prenaient plusieurs mois avant d'être découvertes, et parcourues. Certaines tombaient de la diligence, en chemin. Il était impossible de savoir si votre interlocuteur l'avait bien réceptionnée, jusqu'au jour où sa réponse apparaissait enfin dans votre boite aux lettres. Et le bonheur était alors considérable. L'autre a lu mon message Aujourd'hui, non seulement un message peut être lu immédiatement, mais vous êtes informé de cette lecture tout aussi immédiatement. Sur Facebook, sur WhatsApp, sur iMessages, des indications grisées viennent vous apporter ces éléments d'information.  Vous savez aussi si la personne est - ou non - derrière son mobile, à l'instant T. Ou depuis combien de temps elle n'est plus connectée,