Accéder au contenu principal

Baignade autorisée, baisers interdits

Dans les thermes de Carolus, à la frontière entre l'Allemagne et la Belgique, il y a les bains immenses, les vapeurs de l'eau qui s'échappent dans la nuit, les cascades magnifiques, les jets massants, et les saunas réconfortants. À deux heures de Paris, vous pouvez ainsi goûter aux plaisirs thermiques, et revigorer votre corps qui en a bien besoin avant l'hiver qui approche.

Le responsable des bisous

Dans les thermes de Carolus, il y a aussi un homme dont le métier est de veiller scrupuleusement à ce qu'aucun couple, dans les bains et autres jacuzzis, ne s'embrasse trop longuement. Il scrute les baigneurs et baigneuses avec son regard aiguisé, et se met à faire de grands gestes et de grands cris si l'envie vous prend de laisser s'attarder un peu vos lèvres sur celles de votre partenaire.

Un baiser, mais à tout prendre, qu'est-ce ?
Un serment fait d'un peu plus près, une promesse
Plus précise, un aveu qui veut se confirmer,
Un point rose qu'on met sur l'i du verbe aimer ;
C'est un secret qui prend la bouche pour oreille,
Un instant d'infini qui fait un bruit d'abeille,
Une communion ayant un goût de fleur,
Une façon d'un peu se respirer le cœur,
Et d'un peu se goûter, au bord des lèvres, l'âme !”. 

Oui, mais non. Edmond Rostand n'a pas convaincu le responsable des thermes de Carolus. Le risque est trop grand de voir ce désir se propager, partout, dans ces bains où l'on peut aussi, après tout, si l'on est célibataire, décider de patauger en paix. Les règles sont donc précises, et les consignes respectées. 

Ne faire qu'un

Je voyais par conséquent tous ces couples autour de moi, réfrénant leurs ardeurs ou - surtout - cherchant comme moi un endroit secret, à l'abri du regard inquisiteur, pour se rapprocher davantage. Ça m'a amusé, plutôt, et c'est la raison pour laquelle j'ai décidé d'en parler aujourd'hui.

Mais c'est aussi que j'ai pris conscience, récemment, de l'absence de ce thème, sur ce blog. Je parle finalement assez peu d'amour, de relation, de couple, en dehors des poèmes que je publie chaque lundi (#lundipoésie) et qui, pour le coup, sont bien souvent sentimentaux. Les grands poètes ne sont pas avares en la matière, je n'y suis pour rien.

Il faut dire enfin que ce n'est pas facile de parler d'amour : d'en dire quelque chose d'intéressant. Tant de choses ont déjà été écrites par le passé. C'est un sujet que je réserve à mes conversations intimes, avec des amis proches, lorsqu'il est possible de se confier véritablement. Comme je l'écrivais précédemment, ma vie ne sera jamais en ligne. Mes histoires d'amour, non plus.

Je préfère me contenter de cette anecdote récente, donc, et vous laisser sur cette image qui, en un sens, permet d'en dire beaucoup.





Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Putain, dix ans

© illustration   Heart Machine C ela fera dix ans cette année. Dix ans que j'ai créé ce blog. Le premier post de L'avenir est à réinventer  a été publié en octobre 2009. Des centaines ont suivi. J'ai parlé de philosophie, de littérature , de poésie . J'ai parlé de l'évolution des technologies, des médias sociaux, et de politique. J'ai parlé de ma vie, plus ou moins explicitement, de mes amours, de mes amis, de mes emmerdes. De mon spleen, parfois ; de mes espoirs, souvent.  De nombreuses personnes ont laissé des commentaires, ont réagi, ont répondu, m'en ont parlé quand je les rencontrais. Certains de mes billets trouvaient un écho particulier. J'ai reçu des messages auxquels je ne m'attendais pas. Ça m'a encouragé à poursuivre. J'ai fait des rencontres, grâce à ces mots que je postais en ligne. Des gens qui me connaissaient peu ont pu découvrir des points communs, des intérêts partagés.  Je vais continuer. Continuer d'éc

Message reçu, message lu : le cauchemar moderne

D ésormais, sur la quasi-totalité des réseaux sociaux et des moyens de communication modernes, vous avez la possibilité de savoir quand votre interlocuteur a reçu (et lu) votre message . Dans un temps fort lointain, les lettres prenaient plusieurs mois avant d'être découvertes, et parcourues. Certaines tombaient de la diligence, en chemin. Il était impossible de savoir si votre interlocuteur l'avait bien réceptionnée, jusqu'au jour où sa réponse apparaissait enfin dans votre boite aux lettres. Et le bonheur était alors considérable. L'autre a lu mon message Aujourd'hui, non seulement un message peut être lu immédiatement, mais vous êtes informé de cette lecture tout aussi immédiatement. Sur Facebook, sur WhatsApp, sur iMessages, des indications grisées viennent vous apporter ces éléments d'information.  Vous savez aussi si la personne est - ou non - derrière son mobile, à l'instant T. Ou depuis combien de temps elle n'est plus connectée,

Ne pas cesser d'écrire

N e pas se poser trop de questions. Ne pas chercher en vain qu'un sujet vienne miraculeusement se proposer, neuf, beau, inspirant, original. Pour quiconque a déjà tenu un blog, il arrive qu'on se retrouve coi, interdit. L'équivalent du syndrome de la page blanche, pour l'écrivain. Si cela se produit après deux semaines de blogging, il faut se faire une raison, et passer à autre chose. Mais lorsque cela survient après cinq ans de posts réguliers, c'est légèrement différent.  J'aime - et j'ai toujours aimé - écrire. Des lettres, des mots, des feuilles qu'on fait passer discrètement dans la salle de classe, lorsque le professeur a le dos tourné ; mais aussi des nouvelles, des mails, des DM, des correspondances facebookiennes. C'est un plaisir de sentir mes doigts qui pianotent sur le clavier, de voir ces mots qui se forment sous mes yeux, sortis de nulle part - sortis de moi. Pendant quelques jours, on se trouve des raisons, pour expliq