Cette question vient rompre un silence qui s’installait doucement. Elle me regarde, me sourit, puis me repose la question. Ce n’est pas facile d’y répondre, car il faut renouer avec le fil de mes pensées, qu’elle a précisément interrompu en m’interrogeant.
Pense bête
En soi, d’ailleurs, ce n’est pas évident de savoir à quoi l’on pense. À partir de quand le flux incessant de choses qui nous passent par la tête peut-être considéré comme une “pensée”, à part entière ? La plupart des idées qui naissent dans un cerveau ne se se conçoivent ni ne s’énoncent clairement.
Ce que je pense, pourtant !
Cogito ergo sum
J’ai l’impression que je pense tout le temps, que ça ne s’arrête jamais. Des images, des fantasmes, des projets, des envies, des regrets, des souvenirs, des impressions, des jugements, des doutes, des inquiétudes, des désirs, tout cela m’habite, se bouscule à l’intérieur de ma boite crânienne.
Quand je suis dans le métro, je regarde les gens, j’imagine leur vie, je cherche à déceler leur mystère, à déchiffrer leur propre conscience. Quand je marche dans la rue, mon regard tombe sur une inscription : je ne peux m’empêcher de penser à la personne qui, un jour, a tapé ces lettres sur un clavier d’ordinateur, ou une machine à écrire. C'est plus fort que moi.
Penser en permanence, mais ne rien penser d’incroyable non plus. C'est bien là le problème.
Ah, si seulement on pouvait ne plus penser à rien !
Coucher ses pensées par écrit
Écrire, c’est une façon de mettre un peu de l’ordre, de ranger sa conscience. De construire des pilotis dans ce marécage de sentiments, pour bâtir une pensée digne de ce nom.
Ça fait du bien, d’avoir un blog. On peut stocker certaines pensées dans les nuages. On peut se décharger de certaines réflexions en les inscrivant dans le marbre virtuel.
- …alors, tu me réponds ? À quoi penses-tu ?
- Ah oui, pardon… À rien.”



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