Accéder au contenu principal

Médias sociaux : nous sommes tous nombrilistes

On reproche aisément aux blogueurs - et à la plupart des internautes, d’ailleurs - d’être narcissiques. Nous sommes tous nombrilistes, d’une certaine façon. C’est le cas, a fortiori, quand nous prenons le temps de soigner notre profil Facebook. 
Que celui qui n’a jamais été un peu inquiet, en recevant une notification sur son téléphone lui indiquant qu’il avait été taggué sur une photo mise en ligne, me jette la première pierre.

C’est devenu un phénomène généralisé : le nombrilisme naturel des Hommes se trouve renforcé ces dernières années par les médias sociaux. Voici que nous montrons tous notre nombril aux yeux du monde. Sur Facebook, Twitter, LinkedIn, Google, sur Pinterest ou sur Instagram, nous exhibons certains aspects de notre image et de notre personnalité. 

Veuillez décliner Nom, Prénom et nombril

Certains sont devenus experts en personal branding : leur nom est devenu une marque. Leur nombril est devenu une marque de fabrique. Leurs amis facebookiens sont autant de contacts, de relais potentiels. Leur blog est une véritable vitrine. Ils se constituent tout un réseau, au fil des ans, qu'ils conservent précieusement dans leur besace.


C’est quelque chose qui m’a très vite marqué, quand j’ai commencé à découvrir le microcosme du Web français. Tous ces échanges, toutes ces rencontres, tout ce travail de mise en relation. Tous ces phénomènes de Cour, qui donnent une nouvelle fois raison aux romanciers des siècles précédents sur certains aspects de la nature humaine.

D'autant que sur les réseaux sociaux, il y a un certain nombre de cas sociaux. Et il ne faut pas attendre très longtemps pour en dénicher un.


Nombrilisme ambiant 

Mais sans être cynique, il faut bien reconnaître que nous sommes tous un peu nombrilistes. Ouvrir un blog, c’est - qu’on le veuille ou non - une façon de donner à voir son nombril. Et le fait de se cacher derrière son petit doigt, en choisissant l’anonymat par exemple, ne change rien à l’affaire. Au bout du compte, cela revient au même : on offre au regard des autres un peu de soi-même.

À ce propos, j'aimerais bien lire le blog de la femme d’un flic, moi.

Offrir au regard des autres un peu de soi-même. C’est  un sujet que j’ai plusieurs fois abordé sur ce blog, mais qu’illustre plutôt bien cette image du nombril : sur Internet, sur Facebook, sur Twitter, on ne se livre pas totalement. On ne raconte pas sa vie. 
Montrer son nombril, ce n’est pas livrer tout son corps.

Le nombril : symbole de l'extimité

L’éternel sujet de la vie privée menacée par Internet est vite remis en cause par la capacité des internautes à choisir - plus ou moins consciemment - ce qu’ils veulent donner à voir, justement.

L’extime, pour reprendre le terme consacré par les sociologues, est précisément cette partie que l’on décide de montrer, mais qui n’enlève en rien la possibilité de préserver une part importante d’intimité.

Sur Internet, l’évolution est semblable à celle des maillots de bain sur les plages. Autrefois, c’était choquant pour une femme de montrer ses jambes, ou son dos. Et je ne vous parle pas de son nombril ! Désormais, c’est tout à fait banal, et certaines se permettent même un petit topless de temps en temps, ce qui était totalement inimaginable autrefois.


Pour les blogueurs, ou les internautes en général, c’est précisément la même chose : certaines pratiques, certains usages, peuvent être troublants de prime abord. Mais les internautes d’aujourd’hui ne manquent pas pour autant de pudeur, et la manière dont ils se présentent sur les plateformes communautaires mérite au moins autant de recul, et de réflexion.

Mystérieuse cicatrice

Ce que j'aime en particulier dans cette image du nombril, c'est sa part de mystère. Le nombril, on l'oublie trop souvent, est une cicatrice. La trace originelle. 

Et personne n'a le même nombril ! Certains ont un nombril emmitouflé, d'autres l'ont plus exubérant.
Le nombril recèle de nombreux secrets, qui sont autant de pierres précieuses.


De la même façon, sur certains blogs, nous voyons parfois apparaître ces pierres précieuses,  invisibles auparavant. L'exhibition autorisée a du bon.
Le nombrilisme généralisé a l'avantage de faire découvrir quelques perles.


À présent, je vous laisse, je vais aller en chercher quelques unes sur la Toile…



Commentaires

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Ni pour, ni contre, bien au contraire

C ela fait un moment qu'aucun mot n'a été écrit sur ce blog. Les années passent. Je perds cette - bonne - habitude. Plus globalement, je partage moins mes pensées, mes envies, mes doutes sur les médias sociaux. J'ai un peu du mal à me positionner dans les débats quotidiens, un peu du mal à entrer dans l'arène des polémiques diverses, des controverses incessantes. Je n'ai plus envie ni d'être pour, ni d'être contre. Je ne réclame ni la démission d'untel, ni ne m'emballe pour le respect de la présomption d'innocence.  Je rêve de nuance, de précision, d'intelligence, de juste mesure. Je rêve de discussions, de conversations, où l'on prend autant de l'autre qu'on ne contribue soi-même à faire avancer une juste cause. Les duels exacerbés, systématiques, m'usent peu à peu. J'imagine que je ne suis pas le seul dans cette situation, à contempler sans mot dire les violentes échauffourées des plateformes sociales. Le temps de la jou

Parler vrai

Q uelques semaines après avoir commencé la vie active, lorsque j'avais vingt-quatre ou vingt-cinq ans, une grande campagne de communication a été lancée dans la banque où je travaillais comme Social Media manager.  Des affiches, des spots TV, des publicités online, des dispositifs innovants… l'artillerie lourde avait été sortie pour mettre en avant une formule qui devait marquer les esprits et convaincre, dans un contexte de défiance vis-à-vis des institutions financières.  Cela se résumait à deux mots : Parlons Vrai . Cette formule m'est revenue à l'esprit récemment.  Bien sûr, beaucoup de choses ont changé depuis. La crise de 2008 est loin derrière nous, la communication n'est plus le cœur de mon activité professionnelle, j'ai quitté la banque en question et, plus généralement, de l'eau a coulé sous les ponts. J'ai pourtant repensé à ces deux mots, mis l'un à côté de l'autre : "Parler vrai". Il arrive, si souvent

Il Est Toujours Temps D'Apprendre

I l y a quelques semaines, j'ai vu une conférence dans laquelle l'intervenant, Oussama Ammar, demandait s'il y avait dans l'assistance des personnes qui faisaient du sport régulièrement. De nombreuses mains se sont levées. De fait, de plus en plus de monde pratique une activité sportive, il suffit de croiser tous les runners  dans les parcs ou le long des avenues pour s'en rendre compte. L'intervenant soulignait que ce phénomène était finalement assez récent. Pendant longtemps, faire du sport régulièrement était une pratique qui se limitait à deux catégories de la population : les enfants, et les professionnels. Désormais, le sport se généralise. Il poursuivait en annonçant que le même phénomène allait se produire pour la Formation. Aujourd'hui encore, se former, apprendre, étudier, se limite généralement aux deux mêmes catégories de population : les enfants, à l'école, et les professionnels. Pourtant, rien n'est plus simple. Pour la premi