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Je ne sais pas bien qui je veux devenir

Il neige doucement, dehors. Je suis à la campagne, chez mes parents. Le chat dort enroulé sur lui-même, sur un fauteuil, au coin du feu ; je vois son petit corps élastique qui se soulève au rythme de la respiration. Léo Ferré chante Aragon, et le son du 33 tours donne de la vérité à l'instant. “La brume quand point le matin / retire aux vitres son haleine / Il en fut ainsi quand Verlaine / ici, doucement, s'est éteint”. 

La question

Ces derniers jours, je me pose une question - habituelle pour un jeune homme (ou une jeune femme) de 26 ans : Que faire de ma vie ? Pour laisser quelque chose, pour imprimer une trace, pour être réellement fier du chemin parcouru dans vingt ou trente ans, pour donner de la force à mon passage ici-bas, que dois-je faire ?
“Deviens ce que tu es, fais ce que toi seul peut faire !” Nietzsche
C'est une question récurrente, existentielle, sans doute nécessaire, mais un peu usante à force.


Tout le monde n'est pas Cézanne / Nous nous contenterons de peu / L'on pleure et l'on rit comme on peut / Dans cet univers de tisanes”. Là encore, la musique semble me répondre : “Jeune homme, qu'est-ce que tu crains ? Tu vieilliras, vaille que vaille”. 

Vivre simplement ?

C'est vrai, “tout le monde n'est pas Cézanne”, ni Verlaine, ni Rimbaud… mais c'est plus simple à dire quand on s'appelle Aragon. Tout le monde n'est pas Spinoza, ni Einstein, ni Steve Jobs. Mais faut-il se contenter de vivre tranquillement, dans un confort serein, sans se demander ce qu'on laisse, ce qu'on crée, ce qu'on invente ?

Je me pose la question, au coin du feu. Il ne neige déjà plus. Le chat fait sa toilette, se rapproche de moi et s'installe sur mes genoux. Son ronronnement me fait un peu douter : et si le bonheur était avant tout à rechercher dans cette simplicité-là ? Et s'il ne fallait pas chercher à devenir l'un de ces Grands Hommes ornant le Fronton du Panthéon ?




Commentaires

  1. quel texte plein de poésie et d'humanité !
    Je pense que vous occulter un tout petit chouïa ce qu'on appelle ''le curage ordinaire'' ces gens qui vont qui viennent, le labeur, les anxiétés, savoir qu'on a une fin, les gamins la vie quoi, et pourtant l'humain sourit, fait l'amour, lis, pense. C'est du vrai courage, se détourner un peu de sa condition pour essayer de la meubler, de l'entretenir et de nourrir son âme. Je ne sais lus qui disait que la chose la plus rare au monde c'était de ''croiser un homme très intelligent qui soit encore gai''. C'est peut-être ça la vraie subversion, la liberté qui se travaille à vie : un homme ordinaire qui refuse de perdre sa gaité.
    Et puis une petite phrase de cioran : ''celui qui n'a jamais envié le végétal est passé à côté du drame humain''. Oui, c'est pas simple d'être vivant et les hommes ordinaires sont pour moi les plus émouvants. Hoplà, et bonne suite à vous !

    edna

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  2. désolée des fautes, j'ai eu la mauvaise idée de manger en même temps une énooorme tartine de miel, ce qui est une vraie responsabilité accaparante si tant est qu'on veuille garder son clavier intact le plus longtemps possible... !

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  3. Merci edna pour ces commentaires. Dans cet esprit, il y a aussi cette chanson : https://soundcloud.com/vegamusique/les-gens-qui-doutent bonne soirée et d'avance, bon dimanche !

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  4. Je me la pose souvent cette question, mais d'une autre façon : je me demande régulièrement de quoi j'ai envie, vraiment envie, à plus ou moins long terme. Le "qui" m'impressionne et inhibe ma réflexion sur ce sujet, car sous-entend la possibilité de devenir une autre personne, par la seule force de la volonté. A nos âges, je crois - même si parfois je le regrette, que ce n'est plus possible. Les grandes lignes sont tracées ! :)

    Sous cet angle, la réflexion est plus facile pour moi, et m’amène ces derniers temps à penser ce que ce ne sont pas les projections sur le long terme qui nous orientent, mais les choix que l'on est amené à faire à certains moments de sa vie. On deviendra ce que la somme de nos choix nous amènera à devenir, d'où l'importance d'écouter ses envies les plus profondes.

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  5. Tu as raison, l'essentiel est de faire ce que l'on a envie de faire ! ^^

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  6. Bravo! ton texte!J'étais avec un group d'amis dans un café et soudain j'ai eu la mauvaise idée de parler un peut de ma vision de la vie. Je pense, comme le dirait Nietzche, que la vie est une tragédie, dans laquelle nous sommes plongés. Vivre comme les grecques anciens, sans être à la recherche d'une vérité introuvable, sans être à la découverte de choses qui ne peuvent pas être résoulus. Dans ce cas, à mon avis, la tragédie dont Nietzche parlait n'est pas, dans le cas de notre siècle et aussi le sien, le chaos. Ce n'est pas non plus de la guerre, ni la fête, ni les orgies, ni faire n'importe quoi, c'est vivre. Penser pour vivre, non vivre pour penser.
    Soudain un con m'a dit: t'as vu le film chanson d'amour/(question, problème au clavier).
    Ouais, je l'ai répondu.
    Tu te rappelles de la dernière phrase, dit le con. non, je lui dit.
    Aime-moi moins, mais aime-moi longtemps.
    Ce genre de pensée, à mon avis, je pense que vous ne seriez pas d'accord avec moi, est cultivé pour un group d'intellectuel qui font exprès de te montrer que tu es nul auprÈs d'eux, mais, en vérité, il font ça, parce qu'il sont extremement seuls, incapables d'aimer quelqu'un, puisqu'ils se trouvent tellement intelligent que personne n'est à la hauteur de leurs raisonnements.
    Comme Hélène a dit, "ce ne sont pas les projections sur le long terme qui nous orientent, mais les choix que l'on est amené à faire à certains moments". Circule une iddée onirique d'une fausse liberté, concept très beau qui, n'existe pas. La mort en est la preuve pour ce que veulent vivre, évidement. Mais Hélène je ne pense pas du tout qu'on devient ce que la somme de nos choix nous amène. Je ne suis pas d'accord non plus que d'écouter nos envies les plus profonds on arrivera à accomplir un rêve, ou un désir, ou j'sais pas... bref, Je pense qu'il est possible, par contre, de voir notre vie et nos choix en se mettant en-dehors d'une série des choses de la nature qui parfois sont à notre cotê, c'est-à-dire nous amène À l'accomplissement d'un projet; et des fois ce mêmes forces sont contre. Si l'on regarde ce mouvement hors de lui, on verra le moment où il est favorable de faire un choix. C'est le moment où nature, et pas notre liberté, nous donne l'autonomie de se donner la chance ou pas de faire quelque chose.
    Moi aussi, j'ai 26 ans, une vie très compliqué. Mes études, putain, ma profession, il faut pas en parler... bah, j'ai presque oublié. je suis brésilien, j'espère que malgré les fautes de tournure vous puissiez comprendre mon texte... voilà...

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