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Juste en bas de chez moi

Cette photographie de Richard Vantielcke fait partie d'une série d'images - appelée Urban Oasis - toutes  prises de nuit, et qui rendent hommage aux petits commerçants ouverts quand les autres enseignes sont fermées. 

Comme par hasard

En l'occurrence, le hasard fait qu'il s'agit aussi d'une photographie de l'épicerie qui était en bas de chez moi, rue Gay-Lussac. Et puisque le hasard fait, paraît-il, bien les choses, je me disais qu'il était naturel d'en faire un billet de blog.

Cette petite épicerie, lieu-phare de mon enfance - et pour cause -, me renvoie à ces soirs où j'allais chercher une bouteille de lait, ou je-ne-sais-quoi d'autre, juste en bas. Je me souviens aussi, bien sûr, du boulanger d'en face. J'avais six ou sept ans, je prenais “le porte-monnaie de la famille” (formule consacrée), petit porte-monnaie en cuir qui contenait dix ou vingt francs. Je descendais quatre-à-quatre les escaliers de l'immeuble, traversais la rue, et revenais avec mes quelques courses. Mes premières courses.

Les hommes se distinguent par ce qu'ils montrent et se ressemblent par ce qu'ils cachent, écrivait Paul Valéry. Chacun a ses petits souvenirs, a priori insignifiants. Ces souvenirs qui sont tout sauf des traumatismes. 

Souvenirs de rien du tout

Ces souvenirs de rien du tout, ces souvenirs du quotidien, qui sont peut-être les plus importants, avec le temps. Ça me ramène à cette chanson de Jeanne Moreau : 


Je me souviens que j'écoutais ce disque, ce 33 tours, lorsque j'avais 14 ou 15 ans. L'image de la pochette, où elle souriait, une cigarette à la main, représentait alors pour moi la femme idéale, en quelque sorte. Elle respirait la jeunesse et la joie de vivre, et savait parler des choses qui comptent

Là encore, il s'agit d'un petit souvenir, mais je ne l'oublie pas.
Les petits souvenirs ne s'oublient jamais.

Je n'habite plus au 42, rue Gay-Lussac, depuis longtemps maintenant. Mais cette épicerie restera toujours, d'une certaine façon, en bas de chez moi.



Commentaires

Riri a dit…
Content de l'effet de ma photographie "madeleine de Proust" :)
Beau billet.
Basile a dit…
C'est ce qu'il y a de bien, avec Internet, sans doute. Belle photographie ! :)

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