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La face cachée de la géolocalisation

Ce n'est pas la première fois que j'aborde le sujet, mais j'y reviens : à mon sens, la prochaine grande étape dans l'évolution des nouvelles technologies, des médias sociaux et des usages qu'ils engendrent, c'est le passage du virtuel au réel.
Ce que nous voyons aujourd'hui d'Internet n'est que la face non dissimulée d'un iceberg gigantesque. Pour mieux cerner ses contours, nous avons tout intérêt à explorer les profondeurs, tout en continuant bien sûr à nous familiariser avec la surface émergée de cet immense bloc de glace.

The Next Big Thing

Ça viendra… Je ne sais pas très bien par où, ni quand, ni comment, mais je suis convaincu que le nouveau grand chapitre de la révolution numérique, que certaines start-up commencent à écrire, concerne le passage des réseaux sociaux à la vie réelle. Le Web social in real life.
Il existe aujourd'hui un nombre déjà important d'applications géolocalisées, de Foursquare à Dismoioù, en passant par Plyce, par exemple. Celles-ci permettent d'obtenir des bons plans, via les check-in effectués par les utilisateurs. Elles offrent aussi des usages nouveaux, fondés sur des modules ludiques. Signaler sa présence en un lieu pour se l'approprier virtuellement ; devenir “maire” d'un espace qui ne m'appartient en rien, a priori.


C'est la première pierre, indispensable sans doute.
Si le succès de Foursquare est incontestable, il reste du chemin à parcourir. Le site (qui est surtout une application mobile) rassemble désormais 10 millions d'utilisateurs. C'est beaucoup, mais ça reste loin des 700 millions de Facebookiens ou des 200 millions de twittos.

Foursquare c'est bien. Ce qui arrive demain, c'est mieux.

Le gros problème de Foursquare, à mon avis, c'est que l'application est encore trop individualiste. Elle n'invite pas vraiment à entrer en contact avec des personnes aux alentours. Il s'agit simplement de se checker à tel ou tel endroit, pour engranger des points et acquérir des badges. Mais ça ne suffit pas.
Ça ne peut suffire. Je me souviens d'un poisson d'avril, il y a un an et demi - alors que je découvrais Foursquare -, qui affirmait une soi-disante nouveauté de l'application : on pouvait se rassembler à plusieurs pour constituer un gang et destituer le maire d'un lieu. En ce temps là, cette évolution m'avait paru tout à fait naturelle, et je trouvais l'idée d'autant plus bonne que je cherchais un moyen de destituer Renaud de la mairie foursquarienne de L'Atelier. En m'associant à Mathilde et Lila, cela devenait un jeu d'enfants.

La géolocalisation de la foule

C'était un leurre, une blague de geeks, mais en tombant dans le panneau, je prenais conscience de la richesse que recouvrait une telle extension : ce jour-là, je commençais à pressentir la force de la socialisation mi-virtuelle, mi-réelle.

On y est aujourd'hui, plus ou moins. Alors que Foursquare change quelque peu de stratégie, en misant avant tout sur le partage de son API pour s'étendre sur le web et devenir une référence en matière de géolocalisation, des applications voient le jour, qui intègrent ces éléments.
Pas plus tard qu'hier, j'ai découvert “World of Fourcraft”. L'idée est simple : cela se passe à New-York, divisée en plusieurs quartiers bien distincts (“Brooklyn, Manhattan, Bronx, Queens, Staten Island, The Wast Land…”). Plusieurs équipes s'affrontent, en effectuant des check-ins dans tel ou tel district, pour acquérir des territoires collectivement, étendre leur quartier d'origine. C'est un peu comme si l'on jouait à Risk, mais dans la vie réelle, et avec son mobile.
Ça change tout.

Dès lors, on peut imaginer beaucoup de choses. Des applications mobiles qui permettraient de réelles interactions, des jeux de rôle en temps réel, des rencontres incongrues, une redéfinition des frontières traditionnelles… Et les intérêts pour les marketeurs pourraient être grands : suivre des mouvements de foules, identifier des personnes en fonction de certaines similitudes, analyser des comportements collectifs, rassembler une communauté de marque dans la vie réelle, pour mieux la mobiliser, etc.
Encore une fois, l'iceberg reste à découvrir. L'avenir reste à réinventer.

Commentaires

  1. C'est vrai que l'avenir de la géolocalisation comme tu le présentes est plutôt séduisant ! Si un World of Fourcraft in Paris voit le jour je risque d'entrer dans la danse (vu que je suis déjà sur Foursquare et Mayor de certains lieux).

    Un autre Basile

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  2. Ça fait très commentaire schizophrénique du coup. :)

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  3. Merci pour cet article, je suis également convaincu de cette évolution. Le coté "social", des applications que tu cites, est encore assez faible finalement.

    Je pense également que ce sont des applications de réalité augmentée qui vont faire ce lien virtuel/réel dans l'année qui vient. Je pense par exemple à sekaicamera de Tonchidot, qui permet de jouer ensemble dans le monde réel en fonction d'éléments virtuels.

    Grégory

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  4. Je trouve la "valeur ajoutée" de Foursquare ridicule.

    Mais effectivement si cela évolue vers World of Fourcraft ce serait super. Je trouve qu'on reste systématiquement dans le domaine du jeu et du divertissement (ce qui n'est pas forcément une mauvaise chose).

    Par contre, le web n'est pas virtuel. Il est juste "immatériel". Nos interactions sont bien réelles.

    Il faut construire les ponts avec le monde palpable et ce n'est pas en disant "Je suis ici" que l'on relie immatériel et matériel.

    Il y a beaucoup de freins à l'adoption "globale" de la géolocalisation : Avoir un smartphone, la bonne application, avoir l'usage, livrer ses données...

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  5. Merci pour ce commentaire, et je partage globalement ton avis.

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