Accéder au contenu principal

A good man

Une chaleur étouffante. Ma fenêtre est grande ouverte sur la nuit. J'écoute Raphaël Saadiq, qui chante I'm a good man. Je repense à ma journée, je cherche à me figurer celle qui viendra demain. Je prends un peu de recul par rapport à ces semaines qui passent si vite : déjà l'été, le printemps m'a filé entre les doigts.
Je me mets à écrire comme ça, sans réfléchir outre mesure, sans construire un billet de blog avec minutie, autour d'un sujet précis, par exemple, mais au contraire en me laissant aller, en inscrivant les pensées qui me viennent, pour figer, au moins virtuellement, l'instant. Comme à chaque fois, j'hésite un peu en me relisant. Car comme certains me l'ont dit, ce n'est pas nécessairement une “bonne idée” d'écrire de façon “trop personnelle”. 

Personnel ou indéfini

Sans doute ont-ils raison. D'autant que d'un point de vue très pragmatique, évoquer une forme d'intimité n'est pas le meilleur des choix. Je remarque en effet que les posts les plus impersonnels sont souvent ceux qui sont les plus relayés, partagés, diffusés. Le meilleur moyen d'avoir des “likes” est encore d'écrire un énième article sur Facebook, en trouvant un angle quelque peu original, ce qui n'est pas si difficile en fin de compte. 
Qu'importe, j'écris avant tout pour moi, et pour me souvenir, dans quelques années, de mes états d'esprit passés. Ce soir, je vais bien. Il fait chaud, certes, mais je me sens plutôt heureux. J'écoute de la musique, en tapant sur le clavier de mon ordinateur. En écoutant, en écrivant, pour paraphraser Julien Gracq. 
Il est 23h30. 
Julie rentre bientôt. 
J'aime l'endroit où je vis. J'aime Paris. Surtout au début de l'été, quand la nature semble reprendre ses droits. 
J'ai commencé à prendre des cours de conduite depuis quelques semaines, et j'y prends plaisir. C'est comme si je rattrapais un retard perdu, même si je sais bien que de nombreux Parisiens de mon âge n'ont pas même passé le code. J'ai hâte de me dire : “voici une bonne chose de faite” !

Chronique

Aujourd'hui, journée médiatiquement intéressante : deux otages français libérés, Lagarde au FMI, remaniement ministériel, le premier tour des primaires écologistes place Eva Joly en tête, Tsonga bat Federer en 1/4 de finale à Wimbledon, et le Pape se met à Twitter ! 
Parmi les livres qui sont autour de moi, il doit y avoir Le journal d'un bourgeois de Paris - avec le récit  réel d'une époque, qui est celle des guerres de religion. Je me dis que ma gazette est bien moins terrible, et que les Européens ont fait des progrès, décidément, au fil des siècles. Cesser de s'entretuer est incontestablement le plus grand des progrès.
Je vais aller bouquiner, un peu. En repensant à tout ça. Sur un édifice célèbre, à quelques rues de là, est inscrits en lettres majuscules : Aux grands hommes, la patrie reconnaissante. Si les grands hommes sont ceux qui me permettent aujourd'hui de vivre en paix, alors oui, je tiens à leur manifester ici une éternelle reconnaissance.
Ce sont de vrais good men, pour le coup. 


Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Putain, dix ans

© illustration   Heart Machine C ela fera dix ans cette année. Dix ans que j'ai créé ce blog. Le premier post de L'avenir est à réinventer  a été publié en octobre 2009. Des centaines ont suivi. J'ai parlé de philosophie, de littérature , de poésie . J'ai parlé de l'évolution des technologies, des médias sociaux, et de politique. J'ai parlé de ma vie, plus ou moins explicitement, de mes amours, de mes amis, de mes emmerdes. De mon spleen, parfois ; de mes espoirs, souvent.  De nombreuses personnes ont laissé des commentaires, ont réagi, ont répondu, m'en ont parlé quand je les rencontrais. Certains de mes billets trouvaient un écho particulier. J'ai reçu des messages auxquels je ne m'attendais pas. Ça m'a encouragé à poursuivre. J'ai fait des rencontres, grâce à ces mots que je postais en ligne. Des gens qui me connaissaient peu ont pu découvrir des points communs, des intérêts partagés.  Je vais continuer. Continuer d'éc

Message reçu, message lu : le cauchemar moderne

D ésormais, sur la quasi-totalité des réseaux sociaux et des moyens de communication modernes, vous avez la possibilité de savoir quand votre interlocuteur a reçu (et lu) votre message . Dans un temps fort lointain, les lettres prenaient plusieurs mois avant d'être découvertes, et parcourues. Certaines tombaient de la diligence, en chemin. Il était impossible de savoir si votre interlocuteur l'avait bien réceptionnée, jusqu'au jour où sa réponse apparaissait enfin dans votre boite aux lettres. Et le bonheur était alors considérable. L'autre a lu mon message Aujourd'hui, non seulement un message peut être lu immédiatement, mais vous êtes informé de cette lecture tout aussi immédiatement. Sur Facebook, sur WhatsApp, sur iMessages, des indications grisées viennent vous apporter ces éléments d'information.  Vous savez aussi si la personne est - ou non - derrière son mobile, à l'instant T. Ou depuis combien de temps elle n'est plus connectée,

Ne pas cesser d'écrire

N e pas se poser trop de questions. Ne pas chercher en vain qu'un sujet vienne miraculeusement se proposer, neuf, beau, inspirant, original. Pour quiconque a déjà tenu un blog, il arrive qu'on se retrouve coi, interdit. L'équivalent du syndrome de la page blanche, pour l'écrivain. Si cela se produit après deux semaines de blogging, il faut se faire une raison, et passer à autre chose. Mais lorsque cela survient après cinq ans de posts réguliers, c'est légèrement différent.  J'aime - et j'ai toujours aimé - écrire. Des lettres, des mots, des feuilles qu'on fait passer discrètement dans la salle de classe, lorsque le professeur a le dos tourné ; mais aussi des nouvelles, des mails, des DM, des correspondances facebookiennes. C'est un plaisir de sentir mes doigts qui pianotent sur le clavier, de voir ces mots qui se forment sous mes yeux, sortis de nulle part - sortis de moi. Pendant quelques jours, on se trouve des raisons, pour expliq