Accéder au contenu principal

Facebook : l'impérissable empire

Un récent blog, hébergé par L'Express.fr, affirmait la fin prochaine de Facebook.  Ce post a attiré beaucoup de monde hier, si l'on en croit le nombre de tweets et retweets. Et la plupart des commentaires étaient, à ma grande surprise, plutôt positifs. 

À ma grande surprise, car à mon sens, considérer Facebook comme tout à fait périssable, c'est se tromper lourdement. La phrase, extraite du billet susdit : “Facebook est condamné à subir ce qu'il a infligé aux Skyblogs ou à MySpace : une ringardisation accélérée”, est pour moi assez sidérante. D'autres phrases m'ont totalement ahuri d'ailleurs. Comme par exemple : “Facebook redeviendra (…) tranquillement ce qu'il est : une version moderne des pages blanches”.

Cela correspond à des conceptions vieillies. C'est ce que l'on pouvait penser, et affirmer, au tout début de Facebook, à condition de n'avoir aucune intuition. Mais plus aujourd'hui.

Facebook n'est pas ou plus un simple site communautaire. L'effet de mode, ou de foule, ne suffit pas à expliquer son succès. Cela fait longtemps que nous sommes au-delà d'un simple phénomène. Facebook, comme chacun sait, comptera bientôt 600 millions de membres. 600 000 000.

Facebook ou la pérennité du frigidaire

Facebook est connu dans le monde entier. Il s'imposera peut-être bientôt en Chine. Des centaines de milliers de personnes s'y connectent quotidiennement, et y passent un temps fou. Le site intègre désormais la géolocalisation. Bientôt la recherche sociale. Il développe son propre système de paiement. Sans parler des algorithmes de recommandation. Il s'infiltre partout, sur le Web. Ce n'est plus un site Internet à proprement parler. C'est bien plus que cela. 
Avant Facebook, le réseau social n'existait pas vraiment. L'identité numérique ne correspondait à rien. Les entreprises n'avaient que des sites-vitrines sur Internet.


Et si Facebook ne disparaissait jamais ? Et s'il s'agissait justement du premier empire impérissable ? Comme le frigidaire, marque aujourd'hui entrée dans les usages et le vocabulaire, Facebook s'impose actuellement pour une certaine éternité.
C'est toute la différence avec de très nombreux sites.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Ni pour, ni contre, bien au contraire

C ela fait un moment qu'aucun mot n'a été écrit sur ce blog. Les années passent. Je perds cette - bonne - habitude. Plus globalement, je partage moins mes pensées, mes envies, mes doutes sur les médias sociaux. J'ai un peu du mal à me positionner dans les débats quotidiens, un peu du mal à entrer dans l'arène des polémiques diverses, des controverses incessantes. Je n'ai plus envie ni d'être pour, ni d'être contre. Je ne réclame ni la démission d'untel, ni ne m'emballe pour le respect de la présomption d'innocence.  Je rêve de nuance, de précision, d'intelligence, de juste mesure. Je rêve de discussions, de conversations, où l'on prend autant de l'autre qu'on ne contribue soi-même à faire avancer une juste cause. Les duels exacerbés, systématiques, m'usent peu à peu. J'imagine que je ne suis pas le seul dans cette situation, à contempler sans mot dire les violentes échauffourées des plateformes sociales. Le temps de la jou

Puisqu'il faut vivre avec

J e ne sais même pas par où il faudrait commencer. Ce n'est finalement pas simple d'écrire face à une situation inédite, imprévisible, surprenante, historique. J'ai plutôt l'habitude de décrire ici de petits aspects du quotidien, de partager des réflexions personnelles, sans grande prétention. Soudain, le monde s'écroule. Tenir un blog en pleine crise sanitaire mondiale apparaît quelque peu illusoire.  J'écrivais pourtant, sur ce même blog, il y a plusieurs années maintenant, ce sentiment de vivre depuis ma naissance le temps des crises perpétuelles . J'entendais parler depuis toujours - du moins était-ce mon sentiment - de crise. Crise de l'éducation nationale, crise du travail, crise identitaire, crise de l'hôpital, crise écologique bien sûr, crise migratoire, crise économique, j'en passe et des meilleurs. La crise était devenue la norme. Et c'est de nouveau le cas, il me semble. Nous vivons l'époque d'une crise continue.

Parler vrai

Q uelques semaines après avoir commencé la vie active, lorsque j'avais vingt-quatre ou vingt-cinq ans, une grande campagne de communication a été lancée dans la banque où je travaillais comme Social Media manager.  Des affiches, des spots TV, des publicités online, des dispositifs innovants… l'artillerie lourde avait été sortie pour mettre en avant une formule qui devait marquer les esprits et convaincre, dans un contexte de défiance vis-à-vis des institutions financières.  Cela se résumait à deux mots : Parlons Vrai . Cette formule m'est revenue à l'esprit récemment.  Bien sûr, beaucoup de choses ont changé depuis. La crise de 2008 est loin derrière nous, la communication n'est plus le cœur de mon activité professionnelle, j'ai quitté la banque en question et, plus généralement, de l'eau a coulé sous les ponts. J'ai pourtant repensé à ces deux mots, mis l'un à côté de l'autre : "Parler vrai". Il arrive, si souvent