Accéder au contenu principal

Chacun a sa façon de regarder la nuit

J'ai eu de nombreuses occasions de discuter, au cours de ma vie, de divers sujets, avec de nombreuses et diverses personnes. Très souvent, il m'est arrivé de me trouver face à des interlocuteurs qui soulevaient, avec force et conviction, certains problèmes majeurs. Que cela concerne la société, la famille, l'individu, - que-sais-je encore ? - un diagnostic précis et sensé m'était proposé.
Ces problèmes étaient sans doute incontestables, et je reconnaissais volontiers leur existence ; mais ils avaient en commun d'être livrés tels quels, de façon brute, sans qu'à aucun moment une issue éventuelle ne soit envisagée. 

Se résoudre ou persévérer 

Bien sûr, pour tout problème, il n'y a pas nécessairement de solution. Du moins je ne le crois pas. Les mystères sont nombreux, et heureusement. Mais de la même manière que j'essaye de préserver jour après jour l'optimisme hérité de mon enfance, je m'efforce de défendre autant que possible l'idée de persévérance
À partir du moment où l'on soulève une défaillance, un dysfonctionnement, il faut chercher à résoudre ce manque, à combler cette déficience. Se contenter d'émettre un diagnostic, c'est se résoudre à l'impuissance.
“Celui qui voit un problème et qui ne fait rien fait partie du problème”. Gandhi
Encore une fois, il n'est pas toujours facile d'agir. Dans certains cas, l'irrémédiable semble s'imposer. Mais j'aime sans doute encore plus les Don Quichotte qui s'évertuent à combattre des moulins, pour se retrouver “dans la boue (…) - ou bien, dans les étoiles” (pour reprendre la formule de Cyrano de Bergerac, dans la pièce d'Edmond Rostand. 
Cyrano qui va encore plus loin, en affirmant par la suite : “Que dites-vous ?… C'est inutile ?… Je le sais ! Mais on ne se bat pas dans l'espoir du succès ! Non ! non, c'est bien plus beau lorsque c'est inutile !”). 
Even if we can't
Sans chercher à atteindre la lune pour autant, sans me fixer de nouvelles frontières, incessamment, sans défendre un progressisme absolu, je tiens à adopter un état d'esprit qui soit compatible avec cette idée de persévérance. Ce qui me décourage le plus sans doute, c'est l'idée qu'il n'y a rien à faire, que la situation est désespérée. Et pour citer une nouvelle fois Victor Hugo sur ce blog : 

“Vous, vous contemplez l'ombre, et l'ombre, et l'ombre encor, 
Soit. C'est bien. Vous voyez, pris sous de triples voiles,

Les ténèbres, et nous, nous voyons les étoiles. 

Nous cherchons ce qui sert. Vous cherchez ce qui nuit. 
Chacun a sa façon de regarder la nuit”. 

Commentaires

  1. j'ai aimé votre façon de voir la nuit et ...sa vie. Je suis donc allée butiner sur votre blog. Et je fus bien surprise de constater que vous travaillez "chez" BNP. Je n'imaginais pas qu'une banque puisse être aussi accueillante. Manque de poésie sûrement

    RépondreSupprimer
  2. "à" BNP Paribas, je ne sais pas si c'est très correct non plus.
    Et certaines banques sont très accueillantes, détrompez-vous chère commentatrice anonyme.

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Ni pour, ni contre, bien au contraire

C ela fait un moment qu'aucun mot n'a été écrit sur ce blog. Les années passent. Je perds cette - bonne - habitude. Plus globalement, je partage moins mes pensées, mes envies, mes doutes sur les médias sociaux. J'ai un peu du mal à me positionner dans les débats quotidiens, un peu du mal à entrer dans l'arène des polémiques diverses, des controverses incessantes. Je n'ai plus envie ni d'être pour, ni d'être contre. Je ne réclame ni la démission d'untel, ni ne m'emballe pour le respect de la présomption d'innocence.  Je rêve de nuance, de précision, d'intelligence, de juste mesure. Je rêve de discussions, de conversations, où l'on prend autant de l'autre qu'on ne contribue soi-même à faire avancer une juste cause. Les duels exacerbés, systématiques, m'usent peu à peu. J'imagine que je ne suis pas le seul dans cette situation, à contempler sans mot dire les violentes échauffourées des plateformes sociales. Le temps de la jou

Puisqu'il faut vivre avec

J e ne sais même pas par où il faudrait commencer. Ce n'est finalement pas simple d'écrire face à une situation inédite, imprévisible, surprenante, historique. J'ai plutôt l'habitude de décrire ici de petits aspects du quotidien, de partager des réflexions personnelles, sans grande prétention. Soudain, le monde s'écroule. Tenir un blog en pleine crise sanitaire mondiale apparaît quelque peu illusoire.  J'écrivais pourtant, sur ce même blog, il y a plusieurs années maintenant, ce sentiment de vivre depuis ma naissance le temps des crises perpétuelles . J'entendais parler depuis toujours - du moins était-ce mon sentiment - de crise. Crise de l'éducation nationale, crise du travail, crise identitaire, crise de l'hôpital, crise écologique bien sûr, crise migratoire, crise économique, j'en passe et des meilleurs. La crise était devenue la norme. Et c'est de nouveau le cas, il me semble. Nous vivons l'époque d'une crise continue.

Parler vrai

Q uelques semaines après avoir commencé la vie active, lorsque j'avais vingt-quatre ou vingt-cinq ans, une grande campagne de communication a été lancée dans la banque où je travaillais comme Social Media manager.  Des affiches, des spots TV, des publicités online, des dispositifs innovants… l'artillerie lourde avait été sortie pour mettre en avant une formule qui devait marquer les esprits et convaincre, dans un contexte de défiance vis-à-vis des institutions financières.  Cela se résumait à deux mots : Parlons Vrai . Cette formule m'est revenue à l'esprit récemment.  Bien sûr, beaucoup de choses ont changé depuis. La crise de 2008 est loin derrière nous, la communication n'est plus le cœur de mon activité professionnelle, j'ai quitté la banque en question et, plus généralement, de l'eau a coulé sous les ponts. J'ai pourtant repensé à ces deux mots, mis l'un à côté de l'autre : "Parler vrai". Il arrive, si souvent