Accéder au contenu principal

À la première personne

Il ne faut pas que j'abandonne sur ce blog le ton que je prenais auparavant. J'ai le sentiment, ces derniers temps, que je m'efface un peu, en optant bien souvent pour des billets généraux qui abordent des sujets assez peu personnels, finalement. Des sujets qui me concernent, bien sûr, puisque je me suis intéressé ces dernières semaines à l'avenir, à l'e-réputation, aux nouvelles technologies, à la condition humaine,  aux médias sociaux, à la communication, à Brassens, aux geeks, à Victor Segalen. 
Mais, par exemple, j'ai récemment pris conscience que je délaissais souvent, et de plus en plus, le “je”.
Je ne sais pas très bien pourquoi. Peut-être suis-je mal à l'aise avec le narcissisme que présuppose le fait même de tenir un blog. Il y a déjà Facebook, Twitter, Viadeo, Linkedin, Foursquare, et j'en passe. Ça fait déjà pas mal d'occasions de mettre en avant ma personne.
Avec Internet aujourd'hui, on la ramène sans cesse.
C'est sans doute une façon de me protéger, aussi. Car ce n'est pas facile d'écrire à la première personne. On se pose beaucoup plus de questions. Que pensent les autres de moi ? Quel jugement vont-ils porter sur cette phrase en particulier ? Cette idée saura-t-elle ou non plaire à ceux qui me liront ? Comment la comprendront-ils ? Surtout : comment la recevront-ils ? 
Bien entendu, sur le moment, les choses se passent plus simplement. Je ne suis pas totalement angoissé quand je pianote sur ce clavier. Mais de façon plus ou moins consciente, j'exerce une forme de censure, j'évalue la qualité des opinions que je partage, au fur et à mesure.
Néanmoins, je tiens à laisser une trace de ce que je ressens. C'est aussi à ça que doit servir un blog. Une sorte de journal intime, un peu particulier.
J'ai aussi envie de raconter ce que je découvre, de dire quelques mots de cette “vie-aventure”. Je ne veux pas d'un blog aseptisé. Je veux que les gens qui me connaissent me reconnaissent dans ce que j'écris. Je veux inscrire quelques lignes de ma jeunesse ici, pour les relire dans un an, voire dix ans. “Moi, j'ai tout donné que vous sachiez mieux la route qu'il faut prendre”, écrivait Aragon. C'est exactement ça

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Ni pour, ni contre, bien au contraire

C ela fait un moment qu'aucun mot n'a été écrit sur ce blog. Les années passent. Je perds cette - bonne - habitude. Plus globalement, je partage moins mes pensées, mes envies, mes doutes sur les médias sociaux. J'ai un peu du mal à me positionner dans les débats quotidiens, un peu du mal à entrer dans l'arène des polémiques diverses, des controverses incessantes. Je n'ai plus envie ni d'être pour, ni d'être contre. Je ne réclame ni la démission d'untel, ni ne m'emballe pour le respect de la présomption d'innocence.  Je rêve de nuance, de précision, d'intelligence, de juste mesure. Je rêve de discussions, de conversations, où l'on prend autant de l'autre qu'on ne contribue soi-même à faire avancer une juste cause. Les duels exacerbés, systématiques, m'usent peu à peu. J'imagine que je ne suis pas le seul dans cette situation, à contempler sans mot dire les violentes échauffourées des plateformes sociales. Le temps de la jou

Il Est Toujours Temps D'Apprendre

I l y a quelques semaines, j'ai vu une conférence dans laquelle l'intervenant, Oussama Ammar, demandait s'il y avait dans l'assistance des personnes qui faisaient du sport régulièrement. De nombreuses mains se sont levées. De fait, de plus en plus de monde pratique une activité sportive, il suffit de croiser tous les runners  dans les parcs ou le long des avenues pour s'en rendre compte. L'intervenant soulignait que ce phénomène était finalement assez récent. Pendant longtemps, faire du sport régulièrement était une pratique qui se limitait à deux catégories de la population : les enfants, et les professionnels. Désormais, le sport se généralise. Il poursuivait en annonçant que le même phénomène allait se produire pour la Formation. Aujourd'hui encore, se former, apprendre, étudier, se limite généralement aux deux mêmes catégories de population : les enfants, à l'école, et les professionnels. Pourtant, rien n'est plus simple. Pour la premi

Putain, dix ans

© illustration   Heart Machine C ela fera dix ans cette année. Dix ans que j'ai créé ce blog. Le premier post de L'avenir est à réinventer  a été publié en octobre 2009. Des centaines ont suivi. J'ai parlé de philosophie, de littérature , de poésie . J'ai parlé de l'évolution des technologies, des médias sociaux, et de politique. J'ai parlé de ma vie, plus ou moins explicitement, de mes amours, de mes amis, de mes emmerdes. De mon spleen, parfois ; de mes espoirs, souvent.  De nombreuses personnes ont laissé des commentaires, ont réagi, ont répondu, m'en ont parlé quand je les rencontrais. Certains de mes billets trouvaient un écho particulier. J'ai reçu des messages auxquels je ne m'attendais pas. Ça m'a encouragé à poursuivre. J'ai fait des rencontres, grâce à ces mots que je postais en ligne. Des gens qui me connaissaient peu ont pu découvrir des points communs, des intérêts partagés.  Je vais continuer. Continuer d'éc