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Intelligence humaine artificielle

Bien souvent, lorsque l'on songe à un avenir fait de robots, sans se poser davantage de questions, et en se fondant sur les images que l'on a en tête à l'évocation de ce terme, on commence par imaginer des machines humanisées. De la même façon que l'on pense à un "petit bonhomme vert" quand on imagine instinctivement un extra-terrestre. Un robot, pour le sens commun, c'est ça :
Humains, trop humains

Pourtant, les machines les plus innovantes, et qui ont suscité le plus d'usages ces dernières années, sont des outils qui ne prennent en aucune façon la forme humaine. Ni les robots ménagers, ni les smartphones, ni les ordinateurs, n'ont l'apparence des hommes.
En 1984, Steve Jobs avait laissé le Macintosh se présenter lui-même, certes.


Mais d'un point de vue général, les robots, tels qu'ils existent aujourd'hui ne sont pas humanoïdes. Dans leur écrasante majorité, ils n'ont même rien d'humain.

Alors que nous vivons une époque où les nouvelles technologies accordent une place réelle à la robotique, et où il est tout à fait possible de construire des machines semblables à celles que nos ancêtres imaginaient quand ils pensaient à l'an 2000, aucun robot-humain ne semble véritablement faire son apparition.
On reste à cet égard dans le domaine de la fiction.

La robotisation de l'espèce humaine

Rien n'indique un changement majeur. Il y a bien sûr des exceptions qui confirment la règle : le robot danseur de l'Agence spatiale européenne, ou celui de l'Inria, baptisé Acroban, que l'on tient par la main comme un enfant, en attendant que sa “curiosité artificielle” ne se développe.
Au Japon, les projets scientifiques de création de robots humanoïdes ne manquent pas.

Mais si c'était l'inverse ? Si c'était l'homme qui se robotisait peu à peu ? L'hypothèse n'est pas totalement saugrenue. Si l'on y réfléchit bien, certaines compétences humaines pourraient être optimisées. La mémoire par exemple. Si nous trouvons un jour le moyen de nous rajouter une barre de mémoire, dans quelle mesure cela serait-il néfaste ? Nous en sommes loin, mais le jour où nous comprendrons vraiment la manière dont fonctionne le cerveau, et où nous serons capables de l'améliorer en ajoutant des composants artificiels, faudra-t-il s'y opposer ? Pour quelle raison ?


Une exposition valait le coup d'œil, la semaine dernière, à la Gaité Lyrique (espace dédié à la rencontre des technologies et de l'art numérique, à Paris). Il s'agissait de I could never be a dancer. Elle permettait de trouver des éléments de réponse à la question posée. Des figurants jouaient le rôle de robots-humains, ou d'hommes à l'intelligence artificielle. Demeurant en veille pendant de longues minutes, immobiles, sans réaction. Puis prenant à l'écart un visiteur de l'exposition, pour lui poser des questions, et enregistrer ses réponses. Aucun dialogue, car la situation créée artificiellement n'était pas celle d'un échange d'égal à égal.
Un sentiment de malaise se développait peu à peu.
Qu'est-ce qu'un homme à l'intelligence artificielle ? Un homme à l'intelligence réduite, qui peine à comprendre certaines nuances, à intégrer le caractère émotionnel de tel ou tel sujet. Mais un homme qui dispose en même temps d'une grande capacité d'analyse, de mémorisation.
Un jour, peut-être, il sera possible de greffer - non pas un organe - mais une composante d'organe, pour doper les compétences humaines. Mais cette idée est assez effrayante.

L'erreur est humaine

Car ce que l'on aime, avec l'homme, c'est aussi et surtout ses défauts, ses imprécisions, ses maladresses. Ce qui fait rire, depuis l'antiquité, c'est le quiproquo. Ce qui fait le plus avancer l'humanité, c'est l'erreur. Dans la recherche scientifique, dans la constitution de recettes culinaires, dans la création artistique, il faut savoir se tromper. La bévue, la méprise, l'imprécision sont en somme indispensables.
Nous sommes imparfaits. Mais c'est de là que nous tirons toute notre force.

Bonus : défiez à Pierre/Feuille/Ciseaux une intelligence artificielle.

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