Accéder au contenu principal

Envoyé spécial

J'ai l'air de me prendre un peu trop au sérieux ? Oui, d'accord. Mais lorsque je poste une telle photo, assez humiliante en un sens (puisque je suis seul dans un hôtel à me photographier dans la glace de la salle de bain), c'est du second degré, forcément. 
N'empêche, pendant deux jours, j'ai été “envoyé spécial". Ce n'est pas rien ça, “envoyé spécial”. 
Ces mots sonnent étrangement, je trouve. “Envoyé spécial”. Si l'on n'y réfléchit pas, c'est la classe, évidemment. Mais si l'on s'y arrête, ne serait-ce qu'une seconde, et qu'on les observe attentivement, ils sonnent un peu faux. Envoyé de quoi, envoyé où, pourquoi ? Envoyé ? Autrement dit, posté ? Comme un colis, comme une enveloppe ? Envoyé en voyage. Propulsé à quelques kilomètres pour couvrir un événement. Spécial ? Oui, c'est logique. Envoyé spécialement pour couvrir cet événement. Envoyé occasionnel, ça signifie la même chose, mais ce n'est probablement pas assez valorisant.

Mais de quel événement ai-je donc été l'envoyé spécial ? Venons en un peu au fait, et cessons de tourner autour du pot. 
Envoyé spécial au Salon Imagina, à Monaco.
J'étais envoyé par l'Atelier pour dénicher quelques innovations au salon Imagina. 
Il s'agit d'un Salon dédié à la 3D. Je sais, j'ai détesté Avatar, et pourtant, c'est moi que l'Atelier a choisi pour couvrir l'événement. Mais justement, au-delà d'Avatar, la 3D continue d'inspirer les professionnels. En errant un peu au travers du salon, j'ai découvert des cartographies en trois dimensions très détaillées, qui s'inondent le cas échéant, si l'on choisit de simuler une faille dans le barrage avoisinant. J'ai assisté à des démonstrations de réalité augmentée. J'ai parcouru des stands de conception virtuelle, de design, de modélisation. J'ai compris comment fonctionnait un scanner 3D. J'ai appris qu'une souris avait spécialement été créée pour  s'adapter aux technologies en trois dimensions. J'ai noté que Second Life se faisait une seconde peau avec la possibilité de créer son propre univers professionnel. Et tant de choses encore…
Un salon, en fin de compte. Avec de nombreux stands, et quelques vraies innovations. Au final, je suis content de ces quelques jours passés à Monaco. Bon, Monaco, en soi, ce n'est pas incroyable. Il y a quelques belles citadelles et la mer, mais il y a surtout des immeubles, des voitures de luxe, des personnes ostensiblement riches, qui ne partagent probablement pas mes convictions politiques, des formules déjeuners à 35 euros dans les restaurants, un parc japonais dédié à la princesse Grace, deux ou trois bars, et beaucoup d'hôtels et de casinos. A part ça, pas grand chose. Disons que je n'y passerai certainement pas ma vie, ni même ma retraite. Mais deux jours, comme ça, en tant qu'envoyé spécial, ça valait carrément le coup. 

Commentaires

  1. Duuuuude arrête de faire genre tu aimes pas les casinos! :)

    (signé: the secret poker winner)

    RépondreSupprimer
  2. (c'est pour mon travail. Ils ne doivent pas savoir que mes 450 euros de notes de frais correspondent à un bad beat à la river…)

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Ni pour, ni contre, bien au contraire

C ela fait un moment qu'aucun mot n'a été écrit sur ce blog. Les années passent. Je perds cette - bonne - habitude. Plus globalement, je partage moins mes pensées, mes envies, mes doutes sur les médias sociaux. J'ai un peu du mal à me positionner dans les débats quotidiens, un peu du mal à entrer dans l'arène des polémiques diverses, des controverses incessantes. Je n'ai plus envie ni d'être pour, ni d'être contre. Je ne réclame ni la démission d'untel, ni ne m'emballe pour le respect de la présomption d'innocence.  Je rêve de nuance, de précision, d'intelligence, de juste mesure. Je rêve de discussions, de conversations, où l'on prend autant de l'autre qu'on ne contribue soi-même à faire avancer une juste cause. Les duels exacerbés, systématiques, m'usent peu à peu. J'imagine que je ne suis pas le seul dans cette situation, à contempler sans mot dire les violentes échauffourées des plateformes sociales. Le temps de la jou

Puisqu'il faut vivre avec

J e ne sais même pas par où il faudrait commencer. Ce n'est finalement pas simple d'écrire face à une situation inédite, imprévisible, surprenante, historique. J'ai plutôt l'habitude de décrire ici de petits aspects du quotidien, de partager des réflexions personnelles, sans grande prétention. Soudain, le monde s'écroule. Tenir un blog en pleine crise sanitaire mondiale apparaît quelque peu illusoire.  J'écrivais pourtant, sur ce même blog, il y a plusieurs années maintenant, ce sentiment de vivre depuis ma naissance le temps des crises perpétuelles . J'entendais parler depuis toujours - du moins était-ce mon sentiment - de crise. Crise de l'éducation nationale, crise du travail, crise identitaire, crise de l'hôpital, crise écologique bien sûr, crise migratoire, crise économique, j'en passe et des meilleurs. La crise était devenue la norme. Et c'est de nouveau le cas, il me semble. Nous vivons l'époque d'une crise continue.

Derrière les mots et les images des médias sociaux

J amais il n'y avait eu de si longues périodes de silence sur mon blog. Aucun post depuis février. Je crois que j'avais besoin de prendre un peu de recul. De m'interroger aussi sur ma présence en ligne. Allez savoir si c'est l'âge - le mien, d'ailleurs, ou celui d'Internet - ou autre chose encore : mais on finit par se poser des questions sur ces mots qu'on donne à lire. C'est sans doute à force de consulter les plateformes sociales. Toutes ces images, ces vidéos, ces sourires affichés, qu'on voit quotidiennement. En sachant aussi ce qu'ils cachent. C'est notre époque : nous possédons des outils de plus en plus performants pour communiquer, mais ce que nous communiquons est souvent loin de ce qui nous anime véritablement. Souvent loin de ce que nous sommes. En résulte sans doute parfois un certain mal-être, qui est compensé par ces mêmes outils numériques nous offrant des solutions de méditation ou des cures de sommeil. C'est la montr