Accéder au contenu principal

Vivre en France, en 2015, c'est cool

À force, on ne s'en rend même plus compte. Je suis né dans les années 1980, et j'ai toujours eu le sentiment de vivre dans un monde en crise. En crise perpétuelle. Nous broyons du noir, sans jamais voir le bout du tunnel. Si l'on écoute la musique ambiante, tout - de l'École à l'Hôpital, en passant par le monde du travail, la sécurité sociale, l'université, les caisses de retraite, l'intégration - irait mal. Le marasme généralisé.

Comme j'ai envie de vous redonner le sourire, et du courage pour affronter votre quotidien maussade, voici 7 raisons objectives de se réjouir de vivre ici, en 2015 :

  1. L'espérance de vie en France, en 2015, est de 78 ans pour les hommes, et de 85 ans pour les femmes. Ça a l'air de rien, comme ça, mais juste pour mémoire, en 1715, un enfant sur deux mourait avant l'âge de 10 ans, et l'espérance de vie ne dépassait pas 25 ans. Donc déjà, l'un des avantages de vivre en France en 2015, c'est de pouvoir vivre.
  2. Deuxième avantage, et pas des moindres, quand on est né au XXe ou au XXIe siècle : des centaines de milliers d'auteurs géniaux ont vécu par le passé, et nous ont laissé un héritage culturel complètement dingue. Victor Hugo, Baudelaire, La Fontaine, mais aussi Platon, Aristote, Spinoza ; ou encore Stendhal, Proust ou Edmond Rostand. Des œuvres géniales ont été écrites, qui n'attendent qu'une chose : être lues par nous, puis relues, voire apprises par cœur. Nous avons l'embarras du choix, puisque 130 millions d'ouvrages ont été publiés depuis l'invention de l'imprimerie.
  3. Il en va de même pour la musique. Plus de 20 millions de chansons sont par exemple disponibles sur Spotify. Nous vivons une époque où il est possible de se connecter à une plateforme de streaming musical, pour écouter à peu près ce que l'on veut. On n'est pas contraint de se farcir le barde du village, au moment de nos banquets. On peut réellement trouver la musique que l'on aime, et la partager ensuite, la faire découvrir à d'autres.
  4. Autre avantage (et là encore, on ne le mesure pas assez) : même si vous souhaitiez trouver la plus lointaine destination, je veux dire, vraiment très très loin d'ici, avec suffisamment d'argent, vous avez la possibilité d'aller n'importe où en moins de 25 heures. Auparavant, en 25 heures, vous alliez en Belgique, éventuellement. Par des chemins tortueux et boueux. C'était moins exotique.
  5. Aujourd'hui, vous pouvez manger à peu près ce que vous voulez, sans chasser, sans pêcher, sans traire, sans élever le moindre animal. Vous pouvez même vous faire livrer à domicile. Des produits qui viennent du monde entier, qui ont été péchés et chassés par d'autres hommes ; mais aussi lavés, coupés, dépecés, transportés, acheminés, préparés, emballés, pour vous. Même le plus grand Prince des siècles passés vous envierait.
  6. En 2015, on ne sait pas tout, bien sûr, sur le monde. Les mystères sont encore nombreux. Mais bon, vous en conviendrez, on est un peu moins ignares que nos ancêtres. On sait par exemple que la Terre n'est pas plate. On a classé plusieurs millions d'espèces animales. On y voit un peu plus clair, dans pas mal de domaines. Et ça fait du bien, de savoir tout ça. D'aller au Muséum d'Histoire naturelle pour découvrir de nouvelles choses.
  7. Dernière vraie raison de se réjouir, quand on vit en 2015 : Twitter a été inventé. Youtube aussi. Apple, je n'en parle même pas. Des technologies, des services, des applications, par centaines de milliers, qui viennent jour après jour nous offrir de nouvelles opportunités, dans notre vie quotidienne. Nous permettant à notre tour de créer, d'inventer, d'imaginer… Aucun être humain n'a eu cette chance, à ce point, auparavant
© photo by Philipp Götze

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Putain, dix ans

© illustrationHeart Machine
Cela fera dix ans cette année. Dix ans que j'ai créé ce blog. Le premier post de L'avenir est à réinventer a été publié en octobre 2009. Des centaines ont suivi. J'ai parlé de philosophie, de littérature, de poésie. J'ai parlé de l'évolution des technologies, des médias sociaux, et de politique. J'ai parlé de ma vie, plus ou moins explicitement, de mes amours, de mes amis, de mes emmerdes. De mon spleen, parfois ; de mes espoirs, souvent. 
De nombreuses personnes ont laissé des commentaires, ont réagi, ont répondu, m'en ont parlé quand je les rencontrais. Certains de mes billets trouvaient un écho particulier. J'ai reçu des messages auxquels je ne m'attendais pas. Ça m'a encouragé à poursuivre. J'ai fait des rencontres, grâce à ces mots que je postais en ligne. Des gens qui me connaissaient peu ont pu découvrir des points communs, des intérêts partagés. 
Je vais continuer. Continuer d'écrire, ici, parce que c&…

Message reçu, message lu : le cauchemar moderne

Désormais, sur la quasi-totalité des réseaux sociaux et des moyens de communication modernes, vous avez la possibilité de savoir quand votre interlocuteur a reçu (et lu) votre message. Dans un temps fort lointain, les lettres prenaient plusieurs mois avant d'être découvertes, et parcourues. Certaines tombaient de la diligence, en chemin. Il était impossible de savoir si votre interlocuteur l'avait bien réceptionnée, jusqu'au jour où sa réponse apparaissait enfin dans votre boite aux lettres. Et le bonheur était alors considérable.
L'autre a lu mon message
Aujourd'hui, non seulement un message peut être lu immédiatement, mais vous êtes informé de cette lecture tout aussi immédiatement. Sur Facebook, sur WhatsApp, sur iMessages, des indications grisées viennent vous apporter ces éléments d'information.  Vous savez aussi si la personne est - ou non - derrière son mobile, à l'instant T. Ou depuis combien de temps elle n'est plus connectée, ou plus “active” (…

Je Me Force Un Peu Parfois

Je me force un peu, parfois.  Je me dis que ça fait longtemps, que j'ai reçu de nombreux encouragements depuis que j'ai commencé à écrire, ici, et que cela devrait suffire à m'inciter à poursuivre, régulièrement. Je suis heureux d'avoir plusieurs fois trouvé les mots pour parler de certains sentiments, de certaines impressions, qui avaient de la valeur à mes yeux. Heureux d'avoir réussi à transmettre - des idées, des envies, des émotions peut-être ? - ce qui autrement serait resté au fin fond de ma conscience. 
Se forcer à écrire, pour soi, d'abord, et pour les éventuels lecteurs nocturnes qui souhaitent lire autre chose que des analyses politiques post-conférence de presse / post-grand débat national / post-gilets jaunes. Ou bien des dissertations sur la reconstruction de Notre-Dame, à l'identique ou surtout pas. Cet éternel retour, des pour, des contre, et de tous les autres, qui argumentent ou qui s'indignent.
Je me force un peu, parfois. Parce que ç…