Le futur de l'identité numérique

Pendant longtemps, il suffisait de faire une requête Google. Taper son prénom, puis son nom, dans le moteur de recherche. On obtenait plusieurs sites, qui constituaient notre "identité numérique". Je pense que vous l'avez tous fait, un jour ou l'autre. Si tel n'est pas le cas, il est plus que temps.

Soigner son e-réputation

Pour faire disparaître les sujets embarrassants, on pouvait se créer une Page Linkedin, par exemple, qui remontait ensuite, comme par magie, dans les premiers résultats. On pouvait aussi se créer un blog personnel, à condition d'avoir le temps et l'envie de l'alimenter régulièrement. Les plateformes d'images comme Instagram ou Pinterest étaient également de bonnes options, pour les plus créatifs d'entre nous.

Cela permettait de reléguer les photos de soirée trop arrosée en page 2 ou 3. On était donc tranquille. Selon le principe bien connu qu'il n'y a pas de meilleure cachette au monde.
Mais l'identité numérique, en tant que telle, prend une toute autre importance, désormais. Ce n'est plus seulement de notre e-réputation qu'il s'agit. La question ne se limite plus au simple masque que l'on porte en société, et que l'on doit peinturlurer également lorsque l'on navigue online.

Quand les objets nous reconnaîtront

Demain, l'identité numérique sera une réalité. Vous n'aurez plus de mot de passe, car votre machine vous reconnaîtra. C'est déjà le cas avec l'iPhone qui se contente de votre empreinte digitale. C'est aussi en partie le cas lorsque Facebook - pour s'assurer que c'est bien vous, qui vous connectez à ce compte, lorsque vous êtes en déplacement à l'étranger, par exemple - vous demande de reconnaître tel ou tel ami pris au hasard, en fonction de leur photo de profil. 


Mais pensez à l'effet que cela vous fera, quand votre machine à café vous appellera par votre prénom, et vous préparera votre cappucinno du dimanche matin, comme toujours.

La "digital identity" est un sujet au cœur de toutes les questions relatives aux objets connectés. Les journalistes spécialisés ne s'y trompent pas : "un jour prochain, votre voiture sera capable de vous reconnaître. Elle saura qui vous êtes, ce que vous aimez, votre style de conduite. Elle saura surtout que c'est bien vous le conducteur, et pas quelqu'un d'autre. Tout comme votre portable, et votre montre connectée à vos réseaux sociaux, vos outils électroniques, vos boites mails, vos services en ligne…". 

Je te dirai qui tu es

Votre appartement pourrait un jour être remplis de capteurs divers : la société "Nest", rachetée par Google à plus de 3 milliards de dollars l'année dernière, propose des capteurs de fumée et des thermostats que l'on peut activer à distance. Mais ces objets seront aussi capables d'en apprendre plus sur vous, vos habitudes, l'heure à laquelle vous vous réveillez, et quand vous prenez votre petit déj'.


Il y a de quoi devenir un peu parano. Ce n'est pas mon propos, ici. Simplement, il faut avoir conscience de tout ce que cela implique. La mode du "quantified self" (ces objets du quotidien qui mesurent votre activité sportive, votre sommeil, etc.) sont aussi des outils qui définiront probablement, bientôt, votre identité numérique. De même, ce que vous écrivez sur Facebook, Twitter, ou Linkedin. Ce que vous envoyez comme messages sur WhatsApp ou Snapchat ; tout cela pourrait servir à définir votre personnalité, un jour ou l'autre.

Cela mérite réflexion
Sommes-nous ce que nous faisons, ou ce que nous consommons, ou ce que nous exprimons ? Nos habitudes suffisent-elles à nous définir ? Surtout : quelle place cette évolution laissera-t-elle aux changements de vie ? Car - et c'est un sujet qui me tient à cœur depuis longtemps -, nous sommes, tous, amenés à changer au cours du temps. Régulièrement.

J'espère que ma machine à café saura me reconnaître, malgré tout.

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