Les ombres de ma vie parcourue

4.5.13 Basile Segalen 0 Comments


Il arrive un moment, dans la vie, où l'on prend soudain conscience que cela commence à faire un certain temps. Du jour au lendemain, ou presque, on découvre que telle histoire d'amitié dure depuis bientôt dix ans, par exemple. Dix ans. Jusque là, quand on n'avait qu'une vingtaine d'années d'existence, rien n'était jamais trop pérenne. 

Progressivement, on mesure le temps qui passe. Il y a des personnes que je connaissais à une autre époque de leur vie. J'ai des images - des photos, des vidéos, ainsi que des souvenirs - qui me permettent de me figurer leur vie d'alors.

Depuis des années

Il y a des gens avec qui j'échange depuis quatre ans sur Twitter. Un jour, je dirai peut-être : “il y a des gens avec qui j'échange depuis quarante ans sur Twitter” (combien aurai-je de followers à ce moment là ? - je n'ose y penser).

Cela commence à faire un certain temps que je vis à Paris - même si j'ai passé quelques temps à Lille, au cours de mes études. Je connais ces rues, ces boulevards que j'arpente jour après jour. Je suis passé des centaines, voire des milliers de fois à certains endroits. J'ai été dans ces jardins, je me suis assis à la terrasse de ces cafés, j'ai déjeuné dans ces restaurants, j'ai bu dans ces bars, j'ai ri et pleuré dans ces salles de cinéma.


Je repense souvent à ce clip génial de Kylie Minogue, et je m'imagine ces autres moi, ces Basile âgés de 6, 12, 15, 18 et 24 ans, marchant à mes côtés. 

Alter ego

Fantômes de moi-même, images jamais archivées de ma propre personne, passée par ici, repassée par là. Ce sont les ombres de ma vie parcourue.


Sur le Pont Neuf j'ai rencontré
L'ancienne image de moi-même
Qui n'avait d'yeux que pour pleurer
De bouche que pour le blasphème”. 

Avec Instagram, je peux aujourd'hui figer certaines images entr'aperçues. Cela change un peu la donne. Avec ce blog, je peux relire certaines impressions passées. Revivre certaines histoires. Mais aucun outil technologique ne remplacera jamais le simple souvenir qui revient, au détour d'un boulevard, un soir de printemps, sans prévenir.

Et heureusement.


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