La balançoire

Ce que j’aime dans la balançoire, c’est qu’elle offre à la fois une activité solitaire - on se balance tranquillement, en pensant à sa vie, les deux mains accrochées aux cordes, les fesses calées sur la planche de bois, les cheveux dans le vent - et un passe-temps solidaire, où une personne de confiance se tient là, derrière vous, pour vous pousser jusqu’à ce que le mouvement soit suffisamment conséquent.

Confiance et liberté

Les parents poussent leurs enfants, les aînés leurs petits frères, les amoureux leur compagne, les amis leur camarade. En faisant cela, ils les encouragent. Mais ce qui est mieux : s’ils donnent l’impulsion nécessaire, ils savent aussi se retirer ensuite, quitte à relancer à un moment la dynamique, un peu plus tard. Je veux dire par là qu’il n’y a pas de dépendance qui s’instaure, à proprement parler : il n’y a qu’un soutien préliminaire, une aide initiale, pour une plus grande liberté ensuite, une plus grande autonomie.


Il y a autre chose avec la balançoire. Un esprit trop étroit pourrait considérer que ce mouvement d’avant en arrière est assez vain, assez stérile. Ce serait omettre un point essentiel : on ne se contente pas d’aller d’avant en arrière sur une balançoire, on va surtout de plus en plus haut, de plus en plus loin, de plus en plus vite. Jusqu’à se prendre des gifles d’air.

Plaisir précieux

Cette progression est néanmoins limitée ; contrairement à la plupart des activités sportives, on peut difficilement envisager des compétitions de balançoire. Ce serait absurde. Qu’importe, ce plaisir n’en est que plus précieux. Ce que l’on cherche avant tout, c’est un moment de distraction, bercement de l’enfance, un plaisir tranquille. En ce sens, la balançoire est une belle représentation de l’oisiveté - à distinguer du hamac, par exemple, qui est plus proche de la paresse.

On a tous une balançoire en mémoire, je pense. Pour ma part, je me souviens de celle qui se trouvait au fond du jardin, dans la maison où je passais mes vacances d’été, à Ornézan, dans le Gers. 

C’était un grand jardin, et cette balançoire était par conséquent à l’écart, souvent délaissée. Mais c’était bien de s’y asseoir malgré tout, de temps en temps, après les parties de Gamelle avec les cousins.

À Paris, c’est plus difficile d’en trouver. 
Et pourtant…

Sur cette grandiose conclusion, je vous invite à découvrir le board que j'ai créé sur mon Pinterest.
Et à partager cet article, si l'envie vous en dit, et si vous aimez comme moi les balançoires.

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