Accéder au contenu principal

Le devoir présent de la jeunesse

« Commencez par croire et par aimer, vous ferez une République qui croira et qui aimera. Sous l'enveloppe  respectable, mais froide de la République officielle, créez la République des cœurs et des esprits, la République vivante. Celle-là suppose comme fondement concret de l'État non pas des formules abstraites, mais des individus forts de la seule force morale. C'est là ce que j'appelais l'avènement d'un quatrième pouvoir, le pouvoir de la conscience.
Il existe déjà, je le sais, une puissance qu'on nomme l'opinion publique : je demande qu'elle se transforme et devienne la conviction publique. L'opinion passe, la conviction reste. L'opinion fait les hommes de parti, la conviction les hommes de devoir.
Un pays qui n'a que des opinions en change au gré des caprices ou de ses intérêts, un pays qui aura des convictions ne se les laissera arracher ni par la peur des sacrifices à faire, ni par le spectacle du long triomphe de l'injustice ».
Ferdinand Buisson, Le Devoir présent de la jeunesse, 1898.

Commentaires

  1. Conviction plus qu'opinion, j'aime bien, mais les "sacrifices à faire"... brrr ! Si c'est renoncer à ma part de dessert, d'accord, mais s'il s'agit de la vie de ces jeunes gens ... Mourir pour des idées, d'accord, mais de mort len-en-te, d'accord, mais de mort len-en-te...cat

    RépondreSupprimer
  2. Rassure-toi ! Cette partie de la phrase me gênait moi aussi, mais il faut savoir que Ferdinand Buisson était un philosophe, fondateur et président de la Ligue des droits de l'homme, ayant reçu le prix Nobel de la Paix en 1927.
    Il fut aussi un grand défenseur de l'enseignement gratuit et laïc à travers la Ligue de l'enseignement. Député, proche de Jules Ferry, il a d'ailleurs créé le substantif de « laïcité ».
    Il fut l'instigateur de la massification de l'enseignement primaire, qui ouvrit de nombreux droits à des populations qui n'en avaient pas (élèves déficients ou handicapés).
    Les « sacrifices » dont il parle ne sont donc pas ceux auxquels on pense de prime abord. Ferdinand Buisson n'était pas franchement belliciste. Et il aurait aimé la chanson de Brassens, j'en suis convaincu.

    RépondreSupprimer
  3. presque 20 ans de militantisme m'ont démontré que la plupart des gens n'ont même pas d'opinion, alors des convictions...

    fabricio

    RépondreSupprimer

Publier un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Putain, dix ans

© illustrationHeart Machine
Cela fera dix ans cette année. Dix ans que j'ai créé ce blog. Le premier post de L'avenir est à réinventer a été publié en octobre 2009. Des centaines ont suivi. J'ai parlé de philosophie, de littérature, de poésie. J'ai parlé de l'évolution des technologies, des médias sociaux, et de politique. J'ai parlé de ma vie, plus ou moins explicitement, de mes amours, de mes amis, de mes emmerdes. De mon spleen, parfois ; de mes espoirs, souvent. 
De nombreuses personnes ont laissé des commentaires, ont réagi, ont répondu, m'en ont parlé quand je les rencontrais. Certains de mes billets trouvaient un écho particulier. J'ai reçu des messages auxquels je ne m'attendais pas. Ça m'a encouragé à poursuivre. J'ai fait des rencontres, grâce à ces mots que je postais en ligne. Des gens qui me connaissaient peu ont pu découvrir des points communs, des intérêts partagés. 
Je vais continuer. Continuer d'écrire, ici, parce que c&…

Message reçu, message lu : le cauchemar moderne

Désormais, sur la quasi-totalité des réseaux sociaux et des moyens de communication modernes, vous avez la possibilité de savoir quand votre interlocuteur a reçu (et lu) votre message. Dans un temps fort lointain, les lettres prenaient plusieurs mois avant d'être découvertes, et parcourues. Certaines tombaient de la diligence, en chemin. Il était impossible de savoir si votre interlocuteur l'avait bien réceptionnée, jusqu'au jour où sa réponse apparaissait enfin dans votre boite aux lettres. Et le bonheur était alors considérable.
L'autre a lu mon message
Aujourd'hui, non seulement un message peut être lu immédiatement, mais vous êtes informé de cette lecture tout aussi immédiatement. Sur Facebook, sur WhatsApp, sur iMessages, des indications grisées viennent vous apporter ces éléments d'information.  Vous savez aussi si la personne est - ou non - derrière son mobile, à l'instant T. Ou depuis combien de temps elle n'est plus connectée, ou plus “active” (…

Je Me Force Un Peu Parfois

Je me force un peu, parfois.  Je me dis que ça fait longtemps, que j'ai reçu de nombreux encouragements depuis que j'ai commencé à écrire, ici, et que cela devrait suffire à m'inciter à poursuivre, régulièrement. Je suis heureux d'avoir plusieurs fois trouvé les mots pour parler de certains sentiments, de certaines impressions, qui avaient de la valeur à mes yeux. Heureux d'avoir réussi à transmettre - des idées, des envies, des émotions peut-être ? - ce qui autrement serait resté au fin fond de ma conscience. 
Se forcer à écrire, pour soi, d'abord, et pour les éventuels lecteurs nocturnes qui souhaitent lire autre chose que des analyses politiques post-conférence de presse / post-grand débat national / post-gilets jaunes. Ou bien des dissertations sur la reconstruction de Notre-Dame, à l'identique ou surtout pas. Cet éternel retour, des pour, des contre, et de tous les autres, qui argumentent ou qui s'indignent.
Je me force un peu, parfois. Parce que ç…