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Affichage des articles du décembre, 2015

2015

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Il est cinq heures du mat'. Il est cinq heures du mat' et je ne dors pas. Cela faisait longtemps que ça ne m'était pas arrivé. J'ai créé ce blog il y a six ans, parce que je voulais sortir de la morosité ambiante, partager ce qui était essentiel pour moi : de la poésie, des idées, un optimisme profond. Je voulais affirmer une conviction forte : que nous étions responsables, collectivement, de l'avenir. Cet avenir qu'on pouvait imaginer, concevoir, façonner. Qui ne nous était en rien imposé. Le passé, seul, s'impose ; l'avenir se dessine. 
L'année 2015 s'achève, et je n'ai pas le cœur à dormir. J'ai vu trop de fleurs, dans les rues en bas de chez moi. Il y a eu trop de morts, trop de tristesse, trop d'incompréhension. Qu'il était bleu, le ciel, et grand l'espoir ! L'espoir a fui, vaincu, vers le ciel noir. Tout ça ne rime à rien, ne correspond à rien. Et ça s'impose, pourtant. Car ça s'est passé. Ici. À Paris.

Je n…

Les vagues

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J'ai les mains dans les poches, et je regarde les vagues. Elles viennent frapper la côte sauvage avec force. Elles viennent de loin, se forment, progressivement, et s'écrasent avec fracas sur les rochers usés. Une pluie fine tombe sur l'herbe courte, de là où je suis, en haut de la falaise. Mes pommettes sont humides. Je contemple la furie de ces événements, la colère de l'océan.
Je peux fermer les yeux, où que je sois, et me souvenir de cet instant sur la côte bretonne. Que je sois dans un open space, dans un avion, ou dans un métro bondé de personnes, il me suffit de fermer souverainement les yeux, et je me téléporte devant l'horizon marin infini. C'est pratique, l'imagination. Et utile, les souvenirs.
La musique, souvent, me prend comme une mer. Vers ma pâle étoile.  Sous un plafond de brume ou dans un vaste éther,  Je mets à la voile.
Je te comprends mieux, Baudelaire. Mieux que quand j'avais sept ans, et que j'apprenais par cœur tes poèmes. Ils son…