Plus je suis tourmenté, plus je me sens heureux


Plus je suis tourmenté, plus je me sens heureux
Plus je suis assailli, et plus je me renforce,
Plus j'ai de poursuivants, plus s'augmente ma force,
Plus je suis au combat, plus je suis courageux.

Et plus je suis vaincu, plus suis-je audacieux :
Un coup d'estoc reçu ne me sert que d'amorce,
Et pour un coup de lance, une chute, une estorce,
Un coup de coutelas, je n'en suis que de mieux.

Car le seul souvenir de celle que j'honore
Me guérit de ce mal, et d'un plus grand encore,
Et fussé-je au danger de la mort encourir ;

Mais si je suis atteint d'une seule étincelle
Qui sorte des beaux yeux ou d'un ris de la Belle,
Alors perdant le cœur je suis prêt de mourir.

Jacques Grévin

Commentaires

  1. La rosée du matin commande d’être heureux ;
    Le soleil qui n’a point repris toute sa force
    Anime la terrasse en caressant l’écorce
    Des marronniers au tronc antique et vigoureux.

    Aucun souci au coeur, aucun nuage aux cieux :
    Il est tôt, ce n’est point le temps où l’on s’efforce,
    Tout juste on parlera du travail qui s’amorce
    Et qui, bien entendu, sera fait pour le mieux.

    Puis la journée défile et le jardin se dore ;
    Le vin coule, bien frais, d’une petite amphore
    Et tout va, doucement : rien ne sert de courir.

    Au soir, le barde entend les cris des hirondelles
    Qui semblent affirmer que la journée fut belle,
    Quand, au ponant du ciel, le soleil va mourir.

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