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L'exercice difficile de la Profile Picture

Twitter vient de mettre à jour sa plateforme et propose désormais aux internautes de personnaliser leur profil, en ajoutant notamment une “cover”, assez semblable à celle de Facebook. On ne se refait pas, donc.

Pour le moment, j'hésite un peu. Je ne suis pas encore convaincu. Comme toujours néanmoins, le réseau finira par m'imposer ses nouvelles règles. On n'est jamais très longtemps libre, sur Internet. Je commence donc à me faire à l'idée, doucement. Je connais déjà la bonne taille pour la photo du header (le nom de cette “cover twitterienne”), qui est de 1252 x 626 pixels - si ça vous intéresse.

Une façon de dire : “me voilà !”

Mais ça m'amène à réfléchir, tout ça. J'ai déjà le sentiment de changer de Profile Picture tous les 4 matins. Sachant que je suis présent sur Facebook, LinkedIn, Blogger, Youtube, Twitter, Vimeo, Dailymotion, Pinterest, Instagram, et j'en passe, ça finit par faire beaucoup de photos de profil à modifier.
Et puis ce n'est pas évident de prendre une photo originale.


Les chiffres son étonnants. Selon une étude, aux États-Unis, les femmes changent leur photo de profil toutes les 2 semaines en moyenne sur Facebook, les hommes toutes les 3 semaines.

Or, changer sa photo de présentation n'est pas un acte anodin ; on doit présenter une image de soi, tout en sachant pertinemment qu'elle sera jugée par les autres. Surtout : cette image, nous la choisissons. Cela signifie qu'on affirme en l'uploadant qu'elle nous plaît nécessairement.

Ça n'a rien à voir avec une photographie où l'on est taggué à notre insu. Dans le cas de la Profile Pic, on est responsable. Les conséquences peuvent être considérables.


C'est une façon de dire à tous “me voilà !”. Cette personne, là, cet avatar, c'est moi. C'est ainsi que je me vois, ou c'est comme ça que je veux que vous me voyez. Un réel autoportrait, en somme. Et l'on sait la difficulté de l'exercice.

Exhibitionnisme forcé

En outre, Facebook est littéralement un trombinoscope ; et, sur un trombinoscope, la photo compte forcément quelque peu. S'inscrire sur un réseau social, c'est donc accepter l'idée que l'image tient une place centrale, et qu'il faudra en trouver une pour vous incarner.

D'autant que la photo en elle-même est une porte d'entrée vers le profil. Comme le souligne Brandon Van Der Heide, professeur à l'Ohio State University dans une autre étude : “si votre photo de profil correspond à ce que [les gens qui visitent votre page] attendent, il y a peu de chance qu'ils s'attardent sur votre profil, car ils ont déjà décidé ce qu'ils pensent de vous”.


Pour inciter les gens à lire ce que vous écrivez, ou à voir ce que vous postez quotidiennement, il faudrait avoir une photo étonnante, à connotation négative par exemple. C'est assez surprenant, mais bon. Autre constat de l'étude (citée par Clubic) : “les gens avec des photos les montrant avec des amis ont été jugés comme étant extravertis, même si le reste du profil suggérait le contraire” ; et à l'inverse : “des gens ont été considérés comme introvertis en raison de leur photo les montrant seuls sur un banc”.

Je parlais dans un précédent billet du personal branding, et de l'e-réputation qui mérite réflexion. À partir de là, cet exercice difficile du choix de la Profile Pic méritait également quelques mots.

Sur ce, je vais chercher la prochaine photo pour mon compte Twitter.


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