J'aime regarder les gens

J'aime regarder les gens, dans la rue, dans le bus, dans le métro . Imaginer leur vie, leur itinéraire, leurs préoccupations immédiates. Évaluer l'état de leur conscience.
Je ne sais rien d'eux, mais je les vois, je les croise, je partage un bout de leur chemin. Le hasard les amène ici, sous mes yeux

Le secret des inconnus

À leur mine, à leur regard, à leur souffle, je perçois des choses, que j'interprète comme je le souhaite. Derrière chaque personne, il y a une histoire. Le jeu consiste donc à les déchiffrer, autant que possible. Ou à les inventer de toutes pièces, le cas échéant.

Quand j'avais sept ou huit ans, les gens lisaient dans les transports en commun. Ou bien ils regardaient par la vitre. Ou encore… ils dormaient. À mes quinze ou seize ans, ils parcouraient des journaux gratuits. Aujourd'hui, la plupart de ceux que je croise écoutent de la musique, ou scrutent l'écran d'un téléphone. Demain, qui sait ce qu'ils feront ?

La règle universelle des transports en commun

Mais on retrouve les mêmes regards, les mêmes visages, malgré ces quelques évolutions. 
Certaines personnes sont clairement en représentation. Elles jouent un rôle, sont attachées au jugement des autres ; leurs gestes ne semblent pas naturels. À l'inverse, d'autres individus donnent le sentiment de ne pas prêter la moindre attention à leur entourage immédiat.


Dans tous les cas, il existe une règle inébranlable, mille fois vérifiée : quand une personne répond dans le bus au téléphone, elle dira toujours, à un moment ou à un autre : “je suis dans le bus”. 
Il n'existe aucun contre-exemple. Un autre jeu consiste par conséquent à écouter la conversation en attendant les mots fatidiques, qui sont inévitablement prononcés.

Regarder les autres, surtout, et pour conclure, c'est accepter l'idée que l'on pourrait être l'un d'entre eux. 

Ils sont à cet égard de vrais alter ego. D'autres moi. 
Or rien n'est plus agréable que de plonger le regard dans l'infini des possibles.

À lire à ce sujet :

Bonus

Cette invitation de Wonderbra (on reste dans le thème, puisqu'il s'agit d'apparence et de beauté intérieure), reçue par une personne influente, qui commentait : “je vous laisse apprécier la conception-rédaction de cette invitation Wonderbra pour sa boutique éphémère”. 


Commentaires

  1. alors surtout pas de mettre une chanson vu de l'extérieure de Gainsbourg en fond sonore ;)

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Message reçu, message lu : le cauchemar moderne

La foule familière de passants inconnus

Les vagues