Twitter : retour aux sources

Il m'arrive assez souvent de former des personnes (collègues, amis, famille) à Twitter. À chaque fois, ou presque, la première étape consiste à casser l'image qu'ils se font a priori du site de micro-blogging. Ils ne connaissent cette plate-forme que partiellement, et sous le prisme journalistique. Pour dire les choses simplement : bien souvent, ils n'y comprennent rien

Hier, j'ai mangé une pomme” ≠ un tweet

Ce n'est pas grave, dans l'absolu. Au début, moi non plus, je n'y comprenais rien. Comme tout le monde, je ne voyais pas l'intérêt de raconter ma vie en cent-quarante caractères. Je ne savais pas, alors, que ce n'est pas du tout le sujet. Je m'imaginais des dialogues sans pertinence, comme cette scène de La Cité de la Peur où Odile raconte le moindre détail de sa vie passée (voir à 2:10).

Il faut donc commencer par désapprendre, par se défaire de ses préjugés. C'est un bon exercice d'ailleurs. À lui seul, il vaut la peine de se mettre à Twitter, ou d'essayer, au moins. Car il faut être honnête, ce réseau ne se laisse pas apprivoiser facilement.
Pour comprendre en quelques lignes en quoi consiste Twitter, principalement, il faut se rappeler que :
• Twitter n'a pas grand chose à voir avec Facebook.
• Ce n'est pas un réseau social, avant tout, mais une plate-forme de diffusion d'information.
• Des recherches en temps réel sur le site révèlent des résultats pertinents.
• Twitter est désormais LA principale source d'information, sur Internet.

Se ressourcer à tout moment

Auparavant, pour savoir ce qui se passait dans le monde, les gens suivaient l'actualité en lisant les journaux. Pour les écrire, ces journaux, les journalistes se rendaient sur le terrain, ou suivaient eux-mêmes un fil d'actualité : celui de l'AFP, par exemple.


Eh bien, pour comprendre Twitter, il faut se dire que cette plate-forme permet de revenir à la source, de suivre à la fois le fil de l'AFP (en s'abonnant au compte de l'agence, sur Twitter : @afpfr, et ce, sans avoir besoin d'être journaliste), ainsi que le fil de tout un chacun.
Tout le monde devient une source d'information. C'est en ce sens que ce réseau est génial. Et pour répondre aux personnes qui relèvent je-ne-sais-quel risque de voir apparaître des rumeurs, des fausses informations, il suffit de prendre conscience que Twitter est le lieu - par excellence - où l'on croise ses sources. Oui, oui, exactement comme le faisaient les journalistes (d'ailleurs nombre d'entre eux sont présents sur le site de micro-blogging). 

Vivre d'amour et d'eau fraîche

Twitter est un fleuve dans lequel se jettent de nombreux affluents.

À n'importe quel moment, on peut se connecter à son compte, pour voir apparaître les tweets de toutes les personnes que l'on suit (nota bene : c'est ce qui prend du temps, au début - trouver des sources intéressantes, fiables, liées à ses sujets de prédilection ; ça peut être des médias traditionnels, présents sur Twitter (Le Monde, par exemple) ; puis des blogueurs que l'on aime bien, puis des personnalités politiques, ou encore des auteurs, etc.). 

Les sources sont inépuisables, et - point fondamental - jamais taries. C'est un vivier inouï, un oasis que l'on emporte avec soi en permanence, dans sa poche. Une gourde d'eau fraîche, naturellement gazeuse, que l'on garde par devers soi. Les journalistes dorment, la nuit tombée, alors que certains internautes continuent de tweeter jusqu'au petit matin.

Si chacun devient une source d'information, cela signifie aussi que l'on ne navigue plus de la même façon sur Internet. Avant Twitter, je me connectais toujours aux mêmes dix sites Internet, grosso modo. Je passais par conséquent à côté de l'immense majorité des secrets que recèle la Toile. Avec Twitter, qui est aussi, je l'ai dit, un moteur de recherche qui s'actualise sans cesse, je découvre tous les jours de nouveaux sites, de nouveaux blogs, de nouveaux lieux à explorer en ligne. 

Je suis sorti du petit bain, pour entrer dans l'océan.

Une nouvelle fois, il faut du temps. 
Au début, l'eau est froide, il faut s'acclimater, y aller progressivement. On panique un peu, quand on n'a plus pied. Puis on apprend à nager, à prendre le large, et l'on profite alors pleinement.

On peut vivre plusieurs jours sans manger. Mais pas sans boire.
Sur Internet, c'est la même chose.

Et rien n'est plus essentiel que le retour aux sources.



Commentaires

  1. C'est beau et bien dit... Je bookmarke pour la prochaine personne qui me dira "j'y comprends rien à ton twitter" ;) Merci Basile

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Message reçu, message lu : le cauchemar moderne

La foule familière de passants inconnus

Du nœud au dénouement