Vienne la nuit, sonne l'heure…

J'évoquais, il y a quelques jours, un certain nombre de ponts. Ponts auxquels étaient associés la solitude, la mélancolie, la poésie et la nostalgie. Et tout à coup, je me suis rendu compte que je n'avais pas su profiter de l'occasion pour citer le poème qui contient tous ces thèmes, et tous ces sentiments. Je répare donc ce soir ce préjudice :

Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu'il m'en souvienne
La joie venait toujours après la peine

         Vienne la nuit sonne l'heure
         Les jours s'en vont je demeure

Les mains dans les mains restons face à face
Tandis que sous
Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l'onde si lasse

         Vienne la nuit sonne l'heure
         Les jours s'en vont je demeure

L'amour s'en va comme cette eau courante
L'amour s'en va
Comme la vie est lente
Et comme l'Espérance est violente

         Vienne la nuit sonne l'heure
         Les jours s'en vont je demeure

Passent les jours et passent les semaines
Ni temps passé
Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine

         Vienne la nuit sonne l'heure
         Les jours s'en vont je demeure

Guillaume Apollinaire, “Le Pont Mirabeau” (Alcools 1912)

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Message reçu, message lu : le cauchemar moderne

La foule familière de passants inconnus

Les vagues