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Ni pour, ni contre, bien au contraire


Cela fait un moment qu'aucun mot n'a été écrit sur ce blog. Les années passent. Je perds cette - bonne - habitude. Plus globalement, je partage moins mes pensées, mes envies, mes doutes sur les médias sociaux. J'ai un peu du mal à me positionner dans les débats quotidiens, un peu du mal à entrer dans l'arène des polémiques diverses, des controverses incessantes. Je n'ai plus envie ni d'être pour, ni d'être contre. Je ne réclame ni la démission d'untel, ni ne m'emballe pour le respect de la présomption d'innocence. 

Je rêve de nuance, de précision, d'intelligence, de juste mesure. Je rêve de discussions, de conversations, où l'on prend autant de l'autre qu'on ne contribue soi-même à faire avancer une juste cause. Les duels exacerbés, systématiques, m'usent peu à peu. J'imagine que je ne suis pas le seul dans cette situation, à contempler sans mot dire les violentes échauffourées des plateformes sociales.

Le temps de la joute systématique

Twitter, c'était des gazouillis, à l'origine. Pas des combats de coqs, jusqu'à la mort. Pas des ergots enfoncés à chaque désaccord. 


Avoir parfois une position claire, nette, voire radicale - en un mot, des convictions -, je ne vais pas dire que ce n'est pas bien. J'ai même ici écrit le contraire plusieurs fois, comme dans ce billet par exemple. Il est nécessaire de savoir aller au fond d'une idée, d'un combat. Essentiel de tenir bon, d'être constant et convaincant. Je déplore simplement la joute systématique. J'aime l'erreur, le doute, la recherche de la vérité. 

Il n'y a pas de mal à se tromper, quelquefois. À reconnaître qu'on ne sait pas. À remettre en question ses positions dogmatiques. À écouter au sens fort son adversaire politique. Peut-être que ça reviendra, peu à peu. Pouvoir se dire ni pour, ni contre. 

Pour conclure, j'ai envie de citer Pierre Desproges, qui résume tout en une formule que je trouve assez géniale : "Que l'on soit de droite ou de gauche, on est hémiplégique, disait Raymond Aron"… avant d'ajouter en souriant : "Raymond Aron… qui était de droite".

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