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Sauf Raison Impérative


J'ai enlevé mes chaussures. Mes pieds glissent dans le sable chaud. Le vent soulève des nuages de poussière fine et dorée qui retombent sur les dunes. À l'horizon, nulle vie humaine. Du sable, du soleil, et ce scarabée qui poursuit son chemin.
Quand la nuit sera tombée, le ciel sera - comme hier - plus étoilé que jamais. 

Je suis dans le désert mauritanien. Si je regarde le site France Diplomatie, je me trouve dans une zone "déconseillée sauf raison impérative". Il y aurait AQMI plus loin, dans ce même désert. Ici, pourtant, le danger ne se fait aucunement ressentir. Les personnes que l'on croise sont accueillantes, et n'ont pas l'air d'être inquiètes une seconde pour nous.

"Sauf raison impérative". Cette formule résonne dans mon esprit. Ai-je une raison impérative de me trouver ici, dans l'Adrar, les cheveux ébouriffés par le sable et le vent, la peau chauffée par le soleil ? Quel devoir impérieux m'amène donc à cette oasis, immense, entre les rochers, véritable havre de paix dans l'environnement aride qui me semblait infini ?


Qu'est-ce qui s'impose donc à moi ? Je dois bien le reconnaître, je n'ai pas de raison impérative d'être ici, maintenant.

Sans raison impérative, j'aime pourtant cette vue. Sans raison impérative, je me laisse aller à la rêverie sous les palmiers qui ombragent ce fin rideau d'eau claire, venu de nulle part, qui file sur la roche lisse, vers un autre nulle part.


J'avais, je pense, un besoin impératif de prendre un peu de recul ; une envie impérative de sentir une nouvelle fois le soleil sur ma peau ; et puis la curiosité impérative de découvrir du nouveau, du différent, de l'ailleurs. Mais je ne sais pas si les services de France Diplomatie peuvent intégrer tout cela dans leurs tablettes.

Probablement pas.

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