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À la promenade


Le ciel, si pâle et les arbres si grêles
Semblent sourire à nos costumes clairs
Qui vont flottant légers, avec des airs
De nonchalance et des mouvements d'ailes.

Et le vent doux ride l'humble bassin,
Et la lueur du soleil qu'atténue
L'ombre des bas tilleuls de l'avenue
Nous parvient bleue et mourante à dessein.

Trompeurs exquis et coquettes charmantes,
Cœurs tendres, mais affranchis du serment,
Nous devisons délicieusement,
Et les amants lutinent les amantes,

De qui la main imperceptible sait
Parfois donner un soufflet, qu'on échange
Contre un baiser sur l'extrême phalange
Du petit doigt, et comme la chose est

Immensément excessive et farouche,
On est puni par un regard très sec,
Lequel contraste, au demeurant, avec
La moue assez clémente de la bouche.

Verlaine


Commentaires

Paul a dit…
Je ne connaissais pas cette image d'Enki Bilal, elle se prête bien au poème de Verlaine. Tu sais d'où elle vient (BD / illustration de livre)?
Superbe article celui du 17 mai. Je crois que j'ai le même point de vue que toi: avant tout un partage. Et cette intimité qui se crée au-delà de toutes les séparations, à travers les époques, les régions, les "classes sociales"…
Merci pour ces articles et continue comme ça!

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