Je m'y remets. Ce blog lancé en 2009 est toujours là. Il ne tient qu'à moi de reprendre cette habitude.
Je crois qu'à force de lire des articles écrits par l'intelligence artificielle, sur Linkedin ou ailleurs, l'envie de m'exprimer moi-même, directement, d'humain à humain, se ravive.
Écriture artisanale
J'en ai marre de lire des banalités, bien ordonnées. Des synthèses de pensées numériques. Des pseudo-analyses algorithmiques. Alors je balaye devant ma porte, et je reprends la plume. Sans doute est-ce un combat inutile, face à la profusion de messages générés chaque seconde par tous ces nouveaux outils qui pullulent - qu'importe, "c'est bien plus beau lorsque c'est inutile" et "on ne se bat pas dans l'espoir d'un succès".
J'écris, avec tous les défauts d'une écriture humaine. Avec le risque d'une erreur, d'une coquille. J'écris avec la prétention de croire que cela peut intéresser quelqu'un. J'écris avec l'idée de laisser ici-bas, ici-même, un message pour des yeux inconnus, tombés dessus par le hasard des circonstances. J'écris, pour partager un peu de personnel dans ce flux incessant d'actualités étourdissantes et de soupes froides artificielles.
Accélération
Que dire, donc, de personnel ?
Je vis ma dernière année de trentenaire, avec le sentiment que le temps s'accélère. On regardait hier un épisode de Friends où chacun des protagonistes semblait terrifié à l'idée d'avoir 30 ans. Et ça me faisait un drôle d'effet. Mes 30 ans me semblent loin. Cette décennie est passée en un instant.
Le pire, c'est qu'autrefois, seules les personnes que je considérais "âgées" disaient ce genre de choses.
Je mesure désormais à quel point nous n'avons pas de prise sur le temps. Ça ne me crée pas d'angoisse. C'est davantage un constat, implacable. Comme ce jour où, d'un seul coup, dans la rame de métro, j'ai pris conscience qu'il y avait désormais probablement davantage de personnes plus jeunes que moi dans ce wagon, à cet instant. Jusque là, je faisais toujours partie des plus jeunes.
C'est comme ça.
J'étais prévenu depuis des années. À l'époque où je lisais souvent Aragon :
J'étais prévenu depuis des années. À l'époque où je lisais souvent Aragon :
"Comme il a vite entre les doigts passé
Le sable de jeunesse
Je suis comme un qui n’a fait que danser
Surpris que le jour naisse".
Une courte pause
Écrire est aussi une façon de marquer une pause. De s'asseoir sur le bord du chemin pour souffler un peu, et regarder sa vie passée. De repenser au chemin parcouru.
Lorsque je relis certains de mes anciens billets, j'arrive à me souvenir de mon état d'esprit de l'époque. Ce sont mes propres yeux qui viennent parcourir mes propres mots ; les mots de celui que j'étais avant.
Dans une interview récente de Pierre Niney, il partageait un conseil, donné par sa femme. L'importance de sanctuariser certains moments. S'autoriser en somme à être heureux, pleinement, même s'il reste des choses à accomplir, même si on a dans la tête les prochains projets, les prochains impératifs, qui s'imposeront bientôt à nous. Car il y aura toujours des choses à venir - on n'atteint jamais un nirvana véritable, sans plus aucune contrainte future.
Il faut savoir sans doute profiter d'une pause, dans son destin. Juste un instant. Un simple point de suspension.


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