Accéder au contenu principal

Le Kiff

Tout le monde connaît ce sentiment. On se retrouve au printemps, à la terrasse d'un café parisien, au soleil ; le serveur vient d'apporter ce verre, et cette petite coupelle où quelques olives pimentées luisent dans le rayon lumineux ; il y a ces passants heureux, dans la rue, souriants, sur leur 31 printanier. Un ami vous rejoint bientôt. Vous portez le verre à vos lèvres. 

Là, à cet instant précis, alors que votre visage baigne dans le soleil du soir, et qu'une légère brise caresse vos cheveux, vous ressentez monter ce quelque chose en vous : c'est le kiff.

Nirvana du quotidien

Il y a mille façons d'atteindre ce nirvana-là, ce bonheur du quotidien. Pour certains, c'est la montée d'adrénaline, quand ils sautent en parachute. Pour d'autres, c'est la puissance de la musique, quand le doigt augmente le volume. Pour d'autres encore, c'est le baiser inattendu, soudain, presque volé, et le frisson qu'il fait naître le long de la colonne vertébrale. 


Le kiff, c'est un instant savoureux, un détail de vie singulier, un souvenir ineffaçable, une sensation au sens où l'entend Rimbaud [lire le poème]. C'est toute la vie contenue dans un presque rien


Soulagement

C'est une expiration. C'est le soupir positif d'un cœur qui a ce qu'il désire, un soulagement, une décompression heureuse. Le kiff, c'est le sourire d'une personne que l'on aime, c'est la joie d'une tâche effectuée, l'idée d'un voyage à venir.


C'est aussi le sentiment d'une infinie liberté. Un bain de minuit improvisé. Une course folle en forêt. Une sieste amoureuse sur la dune. Une fête qui dure toute la nuit, avec les êtres qui comptent le plus pour vous sur cette terre. 

Le Kiff, c'est le printemps qui commence, l'hiver qui s'achève, la vie qui reprend.

Le Kiff, c'est maintenant. 



Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Ni pour, ni contre, bien au contraire

C ela fait un moment qu'aucun mot n'a été écrit sur ce blog. Les années passent. Je perds cette - bonne - habitude. Plus globalement, je partage moins mes pensées, mes envies, mes doutes sur les médias sociaux. J'ai un peu du mal à me positionner dans les débats quotidiens, un peu du mal à entrer dans l'arène des polémiques diverses, des controverses incessantes. Je n'ai plus envie ni d'être pour, ni d'être contre. Je ne réclame ni la démission d'untel, ni ne m'emballe pour le respect de la présomption d'innocence.  Je rêve de nuance, de précision, d'intelligence, de juste mesure. Je rêve de discussions, de conversations, où l'on prend autant de l'autre qu'on ne contribue soi-même à faire avancer une juste cause. Les duels exacerbés, systématiques, m'usent peu à peu. J'imagine que je ne suis pas le seul dans cette situation, à contempler sans mot dire les violentes échauffourées des plateformes sociales. Le temps de la jou

Parler vrai

Q uelques semaines après avoir commencé la vie active, lorsque j'avais vingt-quatre ou vingt-cinq ans, une grande campagne de communication a été lancée dans la banque où je travaillais comme Social Media manager.  Des affiches, des spots TV, des publicités online, des dispositifs innovants… l'artillerie lourde avait été sortie pour mettre en avant une formule qui devait marquer les esprits et convaincre, dans un contexte de défiance vis-à-vis des institutions financières.  Cela se résumait à deux mots : Parlons Vrai . Cette formule m'est revenue à l'esprit récemment.  Bien sûr, beaucoup de choses ont changé depuis. La crise de 2008 est loin derrière nous, la communication n'est plus le cœur de mon activité professionnelle, j'ai quitté la banque en question et, plus généralement, de l'eau a coulé sous les ponts. J'ai pourtant repensé à ces deux mots, mis l'un à côté de l'autre : "Parler vrai". Il arrive, si souvent

Il Est Toujours Temps D'Apprendre

I l y a quelques semaines, j'ai vu une conférence dans laquelle l'intervenant, Oussama Ammar, demandait s'il y avait dans l'assistance des personnes qui faisaient du sport régulièrement. De nombreuses mains se sont levées. De fait, de plus en plus de monde pratique une activité sportive, il suffit de croiser tous les runners  dans les parcs ou le long des avenues pour s'en rendre compte. L'intervenant soulignait que ce phénomène était finalement assez récent. Pendant longtemps, faire du sport régulièrement était une pratique qui se limitait à deux catégories de la population : les enfants, et les professionnels. Désormais, le sport se généralise. Il poursuivait en annonçant que le même phénomène allait se produire pour la Formation. Aujourd'hui encore, se former, apprendre, étudier, se limite généralement aux deux mêmes catégories de population : les enfants, à l'école, et les professionnels. Pourtant, rien n'est plus simple. Pour la premi