Accéder au contenu principal

Tout recommence aujourd'hui

Il est parfois agréable de se dire en soi-même : “aujourd'hui, tout recommence”. On feint d'y croire, bien sûr, car aucune renaissance ne se décide aussi simplement, aucun nouveau départ ne se déclenche aussi artificiellement. Qu'importe ! Le plaisir qui découle de ce sentiment, de cette impression que notre volonté peut engendrer un nouvel élan, un changement radical, est immense. Il faut en profiter.

Aujourd'hui est un autre jour

D'autant que, de temps en temps, ça marche. En y réfléchissant bien, c'est sur un coup de tête que j'ai arrêté de fumer, que j'ai passé le permis, que j'ai fait mes plus beaux cadeaux, que j'ai passé les meilleurs moments de mon existence. Se laisser aller, décider avec des amis d'un voyage ensemble, qui prendrait la forme d'une aventure, s'inventer un projet commun. 


Le faire, surtout, quand tout va pour le mieux. Ne pas attendre un accident, un malheur, une déception, mais repartir de plus belle, gratuitement - librement. Gainsbourg écrivait, paraît-il, ses chansons les plus tristes lorsqu'il était pleinement heureux, serein. De la même façon, il faudrait savoir se surprendre soi-même du jour au lendemain, sans qu'un hasard de la vie ne vous y contraigne.
“Il n'y a que deux sortes de changements : ceux que l'on subit, et ceux que l'on initie”. Jean Monnet
J'ai 26 ans la semaine prochaine. Peut-être que cela m'amène à écrire ces quelques lignes aujourd'hui. Cela n'est pas impossible, mais il y a d'autres motifs. Ce blog vient d'être mis à jour. Le ciel est enfin bleu, et la mer est calme à Cherbourg. Je viens d'écouter un morceau de Chopin, puis Mirel Wagner.


Je lis L'encre serait de l'ombre de Philippe Jaccottet depuis deux jours. Lecture inspirante : “Je ne voudrais plus qu'éloigner ce qui nous sépare du clair, laisser seulement la place à la bonté dédaignée. J'écoute des hommes vieux qui se sont accordés aux jours, j'apprends à leurs pieds la patience : ils n'ont pas de pire écolier”. 

S'accorder aux jours

J'aime cette expression. Comme un violoniste qui, à chaque fois qu'il prend son instrument, commence par l'accorder, il faudrait, chaque matin, s'accorder à la nouvelle journée qui s'annonce. Jouer quelques notes, en mesurer l'harmonie. Faire un tour qui compte pour du beurre (du beurre demi-sel - je suis half-Breton, ne l'oublions pas) avant de commencer la partie. 

À chaque jour suffit sa peine”, dit le proverbe. Disons, nous, pour être plus optimistes et joyeux, que chaque jour doit avoir sa propre mélodie, ses propres notes. Bien sûr, c'est à nous de les trouver. 
Mais tout va bien, puisque tout recommence aujourd'hui.


Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

L'image parle d'elle-même

35 % des Français interrogés par TNS Sofres  (en juin 2012) affirment avoir déjà posté plus de 100 photos en ligne. Un chiffre parmi d'autres, bien sûr, mais qui illustre assez bien notre époque : celle de la prééminence de l'image . La photographie avait déjà une place de choix dans les années 1980 ou 1990, c'est certain, mais elle est devenue une pièce maîtresse de la conversation .  L'image, élément de langage Comme le souligne très justement André Gunthert dans cet article  (que je vous recommande) : “ pour la première fois de son histoire, la photographie traditionnelle est devenue une pratique de niche au sein d'un univers plus vaste, structuré par les mobiles et les réseaux sociaux : l'image communicante ”. Et de rappeler qu'en France, en 2011, il se vendait 4,6 millions d'appareils photographiques (deux fois plus qu'à la fin des années 1990) contre 12 millions de smartphones. Le mobile et les réseaux sociaux sont de fait les

Remplacer “Week-End” par un mot français

T ous les lundis, on trouve des gens pour se plaindre . Et tous les vendredis, des gens pour se réjouir. C'est devenu habituel, commun, systématique. Des sites ont même été créés dans cet esprit.  http://estcequecestbientotleweekend.fr par exemple. Bien entendu, il y a des exceptions . Il y a des gens qui ne travaillent pas, ou des gens qui travaillent à temps partiel, voire des gens qui travaillent uniquement le week-end. Cela étant, on retrouve quand même ce rythme, éternel.  Ce qui est assez fou, quand on y pense, c'est que depuis le temps, personne n'a été capable en France de trouver un nom pour désigner le week-end . On utilise ce terme 150 fois par an, dans nos conversations, sans chercher à le remplacer par une expression made in France .  Bientôt le SamDim “Fin de semaine”, la traduction littérale de “week-end” désigne finalement le jeudi et le vendredi, dans le langage courant. Il faut donc trouver autre chose :  Je propose Samdim

Réinventer : un impératif publicitaire

Pour exister aujourd'hui, une marque doit savoir se démarquer. Au-délà du jeu de mots, excellent par ailleurs, il y a une réalité pratique à laquelle il n'est plus possible d'échapper. Dans la foule de produits et de marques qui préexistent sur un marché, il faut savoir se distinguer pour pouvoir émerger et s'imposer durablement. Les agences de communication ont mesuré l'importance de ce postulat, et ont créé en conséquence leur propre modèle de distinction. Je vous propose de faire le point sur ces différents modèles, afin d'y voir un peu plus clair. Le modèle de disruption Commençons par la disruption . Ce mot peut faire peur de prime abord. Il irait très bien dans la chanson des Inconnus Vice et Versa . Mais ce modèle est très simple en vérité. Il a été inventé par Jean-Marie Dru et ses équipes de l'agence BDDP en 1991. La disruption consiste à sortir des sentiers battus, à créer un nouveau paradigme en inventant une nouvelle vision. Autrement dit, il