Accéder au contenu principal

Il y a 26 ans

Je suis né le 23 juillet 1986.
Il y a 26 ans.

Je vous parle donc, à mon tour, d'un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître.

À l'époque, il n'y avait pas d'Internet, pas de mobile, pas d'ordinateur portable, pas de mail. Le minitel devenait un bien de consommation courante. Les numéros de téléphone comprenaient 8 chiffres et non 10. De nombreux tubes n'existaient pas encore. (Voyage, voyage, Joe le Taxi, Est-ce que tu viens pour les Vacances ?, ou encore Saga Africa n'avaient pas été créés !).

Mark Zuckerberg venait d'avoir 2 ans. Jack Dorsey (le créateur de Twitter) n'avait pas encore dix ans. 

Les technologies étaient loin d'être aussi performantes qu'aujourd'hui.


Ces disparus

Gainsbourg, Barbara, Léo Ferré, étaient encore vivants. 
Balavoine, quant à lui, venait de mourir, d'un accident d'hélicoptère. 
Coluche, d'un accident de moto. Ainsi que Simone de Beauvoir et Jean Genet.

Ma mère, enceinte, devait lire tout ça dans les journaux.

Quelques mois avant ma naissance, dans la nuit du 26 avril 1986 très exactement, le réacteur numéro 4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl explosait. Ça aussi, ce devait être dans le journal. 

Je n'avais pas encore découvert le monde. Je ne savais rien de tout ce qui m'entoure aujourd'hui. Je n'existais pas. Je ne connaissais pas la lumière, les odeurs, le goût, la beauté des choses, le vent, les rayons de soleil, la rosée du matin. 

Et si je n'existais pas
Je ne connaissais pas l'amour, l'amitié, les éclats de rire, le bonheur. J'ignorais tout de la mélancolie, de la nostalgie, du souvenir, des regrets, des espoirs, de la musique. Je n'avais jamais lu de poésie, de roman, de fable, jamais vu de pièce de théâtre, de film, de séries, jamais envoyé de messages. Jamais reçu de lettres. Je n'avais jamais rien expérimenté
Le monde m'était inconnu. 
Tout m'était inconnu.


Et voilà, 26 ans plus tard, sur un clavier d'ordinateur connecté à Internet, un smartphone dans la poche, j'écris un billet de blog pour le partager sur Facebook et Twitter.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Putain, dix ans

© illustration   Heart Machine C ela fera dix ans cette année. Dix ans que j'ai créé ce blog. Le premier post de L'avenir est à réinventer  a été publié en octobre 2009. Des centaines ont suivi. J'ai parlé de philosophie, de littérature , de poésie . J'ai parlé de l'évolution des technologies, des médias sociaux, et de politique. J'ai parlé de ma vie, plus ou moins explicitement, de mes amours, de mes amis, de mes emmerdes. De mon spleen, parfois ; de mes espoirs, souvent.  De nombreuses personnes ont laissé des commentaires, ont réagi, ont répondu, m'en ont parlé quand je les rencontrais. Certains de mes billets trouvaient un écho particulier. J'ai reçu des messages auxquels je ne m'attendais pas. Ça m'a encouragé à poursuivre. J'ai fait des rencontres, grâce à ces mots que je postais en ligne. Des gens qui me connaissaient peu ont pu découvrir des points communs, des intérêts partagés.  Je vais continuer. Continuer d'éc

Ni pour, ni contre, bien au contraire

C ela fait un moment qu'aucun mot n'a été écrit sur ce blog. Les années passent. Je perds cette - bonne - habitude. Plus globalement, je partage moins mes pensées, mes envies, mes doutes sur les médias sociaux. J'ai un peu du mal à me positionner dans les débats quotidiens, un peu du mal à entrer dans l'arène des polémiques diverses, des controverses incessantes. Je n'ai plus envie ni d'être pour, ni d'être contre. Je ne réclame ni la démission d'untel, ni ne m'emballe pour le respect de la présomption d'innocence.  Je rêve de nuance, de précision, d'intelligence, de juste mesure. Je rêve de discussions, de conversations, où l'on prend autant de l'autre qu'on ne contribue soi-même à faire avancer une juste cause. Les duels exacerbés, systématiques, m'usent peu à peu. J'imagine que je ne suis pas le seul dans cette situation, à contempler sans mot dire les violentes échauffourées des plateformes sociales. Le temps de la jou

Il Est Toujours Temps D'Apprendre

I l y a quelques semaines, j'ai vu une conférence dans laquelle l'intervenant, Oussama Ammar, demandait s'il y avait dans l'assistance des personnes qui faisaient du sport régulièrement. De nombreuses mains se sont levées. De fait, de plus en plus de monde pratique une activité sportive, il suffit de croiser tous les runners  dans les parcs ou le long des avenues pour s'en rendre compte. L'intervenant soulignait que ce phénomène était finalement assez récent. Pendant longtemps, faire du sport régulièrement était une pratique qui se limitait à deux catégories de la population : les enfants, et les professionnels. Désormais, le sport se généralise. Il poursuivait en annonçant que le même phénomène allait se produire pour la Formation. Aujourd'hui encore, se former, apprendre, étudier, se limite généralement aux deux mêmes catégories de population : les enfants, à l'école, et les professionnels. Pourtant, rien n'est plus simple. Pour la premi