Accéder au contenu principal

Into the wild, ou presque

Ce week-end, je me mets au vert ; quoique la nature n'est plus très verte, en cette fin de mois de novembre. Disons plutôt que je vais à la campagne, dans le sud-ouest, loin de Paris. Respirer l'air froid, marcher sur des chemins de terre, traverser les plaines automnales. Craquent les feuillent mortes, brûlent les feux de bois. Faire un pas de côté. Profiter d'un vrai week-end. Repos soldat. J'en ai besoin.

Enfin, je dis ça, mais j'aurais sans doute un œil sur mon téléphone portable, malgré tout. On ne sait jamais. Je veux dire par là que mon exil volontaire de la sphère parisienne est loin d'être semblable à celui décrit dans l'un des romans que je lis en ce moment : Dans les forêts de Sibérie, où l'auteur (Sylvain Tesson) se retranche en solitaire dans une cabane perdue au milieu de nulle part, près d'un lac gelé, pendant plusieurs mois.

Mais dans le fond, ce n'est qu'une question de degré. Au sens propre du terme d'ailleurs. Je pars bien moins longtemps, je me déconnecte moins, je m'isole moins, et je greloterai incontestablement moins. Il n'y aura pas d'ours, mais les oies des fermes voisines. 
C'est déjà ça.

Les pigeons parisiens finissaient par me lasser.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Putain, dix ans

© illustration   Heart Machine C ela fera dix ans cette année. Dix ans que j'ai créé ce blog. Le premier post de L'avenir est à réinventer  a été publié en octobre 2009. Des centaines ont suivi. J'ai parlé de philosophie, de littérature , de poésie . J'ai parlé de l'évolution des technologies, des médias sociaux, et de politique. J'ai parlé de ma vie, plus ou moins explicitement, de mes amours, de mes amis, de mes emmerdes. De mon spleen, parfois ; de mes espoirs, souvent.  De nombreuses personnes ont laissé des commentaires, ont réagi, ont répondu, m'en ont parlé quand je les rencontrais. Certains de mes billets trouvaient un écho particulier. J'ai reçu des messages auxquels je ne m'attendais pas. Ça m'a encouragé à poursuivre. J'ai fait des rencontres, grâce à ces mots que je postais en ligne. Des gens qui me connaissaient peu ont pu découvrir des points communs, des intérêts partagés.  Je vais continuer. Continuer d'éc

Message reçu, message lu : le cauchemar moderne

D ésormais, sur la quasi-totalité des réseaux sociaux et des moyens de communication modernes, vous avez la possibilité de savoir quand votre interlocuteur a reçu (et lu) votre message . Dans un temps fort lointain, les lettres prenaient plusieurs mois avant d'être découvertes, et parcourues. Certaines tombaient de la diligence, en chemin. Il était impossible de savoir si votre interlocuteur l'avait bien réceptionnée, jusqu'au jour où sa réponse apparaissait enfin dans votre boite aux lettres. Et le bonheur était alors considérable. L'autre a lu mon message Aujourd'hui, non seulement un message peut être lu immédiatement, mais vous êtes informé de cette lecture tout aussi immédiatement. Sur Facebook, sur WhatsApp, sur iMessages, des indications grisées viennent vous apporter ces éléments d'information.  Vous savez aussi si la personne est - ou non - derrière son mobile, à l'instant T. Ou depuis combien de temps elle n'est plus connectée,

Ne pas cesser d'écrire

N e pas se poser trop de questions. Ne pas chercher en vain qu'un sujet vienne miraculeusement se proposer, neuf, beau, inspirant, original. Pour quiconque a déjà tenu un blog, il arrive qu'on se retrouve coi, interdit. L'équivalent du syndrome de la page blanche, pour l'écrivain. Si cela se produit après deux semaines de blogging, il faut se faire une raison, et passer à autre chose. Mais lorsque cela survient après cinq ans de posts réguliers, c'est légèrement différent.  J'aime - et j'ai toujours aimé - écrire. Des lettres, des mots, des feuilles qu'on fait passer discrètement dans la salle de classe, lorsque le professeur a le dos tourné ; mais aussi des nouvelles, des mails, des DM, des correspondances facebookiennes. C'est un plaisir de sentir mes doigts qui pianotent sur le clavier, de voir ces mots qui se forment sous mes yeux, sortis de nulle part - sortis de moi. Pendant quelques jours, on se trouve des raisons, pour expliq