Accéder au contenu principal

Un nouveau message

Vous avez… - un -… nouveau message. Formule connue de tous, désormais. Je connais mieux la voix de cette femme que celle de beaucoup de personnes que je fréquente pourtant beaucoup plus. Elle m'annonce souvent une bonne nouvelle, d'ailleurs. Elle me révèle quelque chose, en tout cas. Un nouveau message constitue toujours une forme d'événement ; pas toujours colossal, bien sûr, mais tout de même.

Le mot “message” est très souvent accompagné de l'adjectif “nouveau”. Pour une messagerie vocale, ça se comprend encore. Mais dans de nombreux cas, cet adjectif est totalement inutile. Sur Facebook, par exemple, “send a new message est une formule encore proposée par défaut. Peut-être que certains utilisateurs s'amusent à envoyer d'anciens messages, de temps à autres ; sur 700 millions de membres, ce n'est pas impossible.


J'aime bien, en tout cas, moi, recevoir un nouveau message. Une enveloppe, même virtuelle, me fait toujours un petit effet. Le message est bien plus qu'une simple notification, ou mention - cela va sans dire. Ils se sont multipliés ces dernières décennies. Sans rappeler de vaines statistiques, des millions de messages électroniques sont envoyés chaque seconde dans le monde. Bien entendu, une grande partie de ce flux incessant comprend le spam, mais il n'empêche. Les hommes s'envoient aujourd'hui beaucoup, beaucoup, beaucoup de messages.

Quand on y pense, écrire un blog, c'est adresser à plusieurs destinataires un seul et même message. Mais celui-ci n'est pas transmis à proprement parler. Il faut venir le chercher, le déchiffrer, et, le cas échéant, le partager.

C'est un peu comme si, en rejoignant cette page, vous entendiez cette fameuse voix féminine : vous avez… - un -… nouveau message.

Avec un avantage certain pour moi : vous ne pouvez en aucun cas le supprimer.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Ni pour, ni contre, bien au contraire

C ela fait un moment qu'aucun mot n'a été écrit sur ce blog. Les années passent. Je perds cette - bonne - habitude. Plus globalement, je partage moins mes pensées, mes envies, mes doutes sur les médias sociaux. J'ai un peu du mal à me positionner dans les débats quotidiens, un peu du mal à entrer dans l'arène des polémiques diverses, des controverses incessantes. Je n'ai plus envie ni d'être pour, ni d'être contre. Je ne réclame ni la démission d'untel, ni ne m'emballe pour le respect de la présomption d'innocence.  Je rêve de nuance, de précision, d'intelligence, de juste mesure. Je rêve de discussions, de conversations, où l'on prend autant de l'autre qu'on ne contribue soi-même à faire avancer une juste cause. Les duels exacerbés, systématiques, m'usent peu à peu. J'imagine que je ne suis pas le seul dans cette situation, à contempler sans mot dire les violentes échauffourées des plateformes sociales. Le temps de la jou

Puisqu'il faut vivre avec

J e ne sais même pas par où il faudrait commencer. Ce n'est finalement pas simple d'écrire face à une situation inédite, imprévisible, surprenante, historique. J'ai plutôt l'habitude de décrire ici de petits aspects du quotidien, de partager des réflexions personnelles, sans grande prétention. Soudain, le monde s'écroule. Tenir un blog en pleine crise sanitaire mondiale apparaît quelque peu illusoire.  J'écrivais pourtant, sur ce même blog, il y a plusieurs années maintenant, ce sentiment de vivre depuis ma naissance le temps des crises perpétuelles . J'entendais parler depuis toujours - du moins était-ce mon sentiment - de crise. Crise de l'éducation nationale, crise du travail, crise identitaire, crise de l'hôpital, crise écologique bien sûr, crise migratoire, crise économique, j'en passe et des meilleurs. La crise était devenue la norme. Et c'est de nouveau le cas, il me semble. Nous vivons l'époque d'une crise continue.

Derrière les mots et les images des médias sociaux

J amais il n'y avait eu de si longues périodes de silence sur mon blog. Aucun post depuis février. Je crois que j'avais besoin de prendre un peu de recul. De m'interroger aussi sur ma présence en ligne. Allez savoir si c'est l'âge - le mien, d'ailleurs, ou celui d'Internet - ou autre chose encore : mais on finit par se poser des questions sur ces mots qu'on donne à lire. C'est sans doute à force de consulter les plateformes sociales. Toutes ces images, ces vidéos, ces sourires affichés, qu'on voit quotidiennement. En sachant aussi ce qu'ils cachent. C'est notre époque : nous possédons des outils de plus en plus performants pour communiquer, mais ce que nous communiquons est souvent loin de ce qui nous anime véritablement. Souvent loin de ce que nous sommes. En résulte sans doute parfois un certain mal-être, qui est compensé par ces mêmes outils numériques nous offrant des solutions de méditation ou des cures de sommeil. C'est la montr