Accéder au contenu principal

Tu n'en reviendras pas

Une publicité de Canal + qui vise à promouvoir la série The Pacific, lancée pour la rentrée, affiche clairement le message suivant : “vous n'en reviendrez pas ! Eux non plus”. Je suis passé plusieurs fois devant, en allant au boulot. J'ai trouvé ça bien trouvé, dans un premier temps.

Et puis, j'ai repensé au poème d'Aragon, chanté par Ferré, et ça m'a fait prendre conscience du risque de la formule en communication. Parfois maladroite, souvent cynique, de temps en temps provocante.

Car certains - beaucoup - n'en sont pas revenus, en effet.
Ils étaient plus ou moins jeunes, plus ou moins patriotes, plus ou moins convaincus par les raisons de se battre. Ils étaient amoureux, pour certains, avaient des enfants, pour d'autres. Ils avaient leurs opinions, leurs rêves, leurs espoirs.

Ils sont morts. Peut-être pour la France. Ou pour rien. 
Enfin je dis ça, mais je ne veux pas non plus casser l'ambiance.

Commentaires

  1. Oui, cette récup. par la pub est choquante. Et c'est beau d'avoir mis en retour cette chanson, avec les images de ces jeunes hommes souriants, cela me fait monter les larmes aux yeux. CH

    RépondreSupprimer
  2. Tu vois donc une opposition entre ceux qui sont amoureux, et les autres, qui ont des enfants ? Je prends note, je prends note ;)
    Plus sérieusement, c'est à la chanson de Brassens que ton billet me fait penser : "Mourrons pour des idées, d'accord, mais de mort lente."

    RépondreSupprimer
  3. Je reconnais que la formulation est imparfaite, mais non, je ne fais aucune opposition. :)

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Ni pour, ni contre, bien au contraire

C ela fait un moment qu'aucun mot n'a été écrit sur ce blog. Les années passent. Je perds cette - bonne - habitude. Plus globalement, je partage moins mes pensées, mes envies, mes doutes sur les médias sociaux. J'ai un peu du mal à me positionner dans les débats quotidiens, un peu du mal à entrer dans l'arène des polémiques diverses, des controverses incessantes. Je n'ai plus envie ni d'être pour, ni d'être contre. Je ne réclame ni la démission d'untel, ni ne m'emballe pour le respect de la présomption d'innocence.  Je rêve de nuance, de précision, d'intelligence, de juste mesure. Je rêve de discussions, de conversations, où l'on prend autant de l'autre qu'on ne contribue soi-même à faire avancer une juste cause. Les duels exacerbés, systématiques, m'usent peu à peu. J'imagine que je ne suis pas le seul dans cette situation, à contempler sans mot dire les violentes échauffourées des plateformes sociales. Le temps de la jou

Il Est Toujours Temps D'Apprendre

I l y a quelques semaines, j'ai vu une conférence dans laquelle l'intervenant, Oussama Ammar, demandait s'il y avait dans l'assistance des personnes qui faisaient du sport régulièrement. De nombreuses mains se sont levées. De fait, de plus en plus de monde pratique une activité sportive, il suffit de croiser tous les runners  dans les parcs ou le long des avenues pour s'en rendre compte. L'intervenant soulignait que ce phénomène était finalement assez récent. Pendant longtemps, faire du sport régulièrement était une pratique qui se limitait à deux catégories de la population : les enfants, et les professionnels. Désormais, le sport se généralise. Il poursuivait en annonçant que le même phénomène allait se produire pour la Formation. Aujourd'hui encore, se former, apprendre, étudier, se limite généralement aux deux mêmes catégories de population : les enfants, à l'école, et les professionnels. Pourtant, rien n'est plus simple. Pour la premi

Putain, dix ans

© illustration   Heart Machine C ela fera dix ans cette année. Dix ans que j'ai créé ce blog. Le premier post de L'avenir est à réinventer  a été publié en octobre 2009. Des centaines ont suivi. J'ai parlé de philosophie, de littérature , de poésie . J'ai parlé de l'évolution des technologies, des médias sociaux, et de politique. J'ai parlé de ma vie, plus ou moins explicitement, de mes amours, de mes amis, de mes emmerdes. De mon spleen, parfois ; de mes espoirs, souvent.  De nombreuses personnes ont laissé des commentaires, ont réagi, ont répondu, m'en ont parlé quand je les rencontrais. Certains de mes billets trouvaient un écho particulier. J'ai reçu des messages auxquels je ne m'attendais pas. Ça m'a encouragé à poursuivre. J'ai fait des rencontres, grâce à ces mots que je postais en ligne. Des gens qui me connaissaient peu ont pu découvrir des points communs, des intérêts partagés.  Je vais continuer. Continuer d'éc