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Se défaire de l'insatisfaction perpétuelle

Un être qui s'habitue à tout : voilà, je crois, la meilleure définition que l'on puisse donner de l'homme”. Cette phrase, sublime, est signée Dostoïevski. Je la garde en mémoire, année après année, et j'y repense souvent.

À chaque fois qu'elle me revient, c'est pour mieux se confirmer ; de fait, l'homme s'habitue à tout : au pire comme au meilleur, au difficile comme au simple, au chagrin comme au bien-être.
L'habitude est une somnolence, ou tout au moins un affaiblissement de la conscience du temps” Thomas Mann.
Je sais ce que nous pouvons supporter de tristesse, d'épreuve, de fatigue ; mais je sais aussi à quel point on se satisfait vite d'une situation agréable, auparavant désirée, déjà monotone. C'est l'une des grandes questions humaines au fil des siècles : comment atteindre le bonheur, puisque celui-ci est intimement lié au désir, lui-même périssable ? 


Dans le domaine de la psychologie humaine, les chercheurs ont noté depuis longtemps ce trait essentiel, qui est de s'adapter aux événements de la vie, qu'ils soient heureux ou tragiques”, écrit Daniel Cohen dans son dernier ouvrage. “Quelle que soit l'épreuve traversée par une personne, les indicateurs de satisfaction reviennent très vite à leur niveau initial”, précise-t-il.

Face à cette réalité, il faudrait savoir reconnaître ce qui peut justifier un premier contentement dans une situation présente. Ne pas se satisfaire trop vite, ne pas se lasser, admettre que certains éléments d'aujourd'hui sont à prendre positivement en considération.

Pour mieux réinventer l'avenir, ensuite. Cela va de soi.




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